19 novembre 2008

j'aime les roses...fanées


Ce trait sarcastique chanté autrefois par Jacques Dutronc, évoque aujourd'hui irrésistiblement les mésaventures tragico-comiques du Parti Socialiste. Je sais bien que ce n'est pas très gentil de tirer sur les ambulances mais il faut reconnaître que ces gens ont bien cherché ce qui leur arrive aujourd'hui.

En premier lieu, force est de constater que les personnalités en lice ne brillent guère par leur charisme et que leur aspiration au renouveau n'est pas vraiment convaincante. Sur les 4 prétendants du 6 Novembre au poste de premier secrétaire, trois paraissaient pour le moins amortis. Comme le fait remarquer Benoît Hamon, leur cadet, ils appartiennent à la génération Mitterrand et leur discours autant que leur image sont usés. Ségolène, qui a l'âge auquel la plupart des femmes aspirent à partir en retraite, voudrait faire oublier qu'elle gravite dans les sphères ministérielles depuis plus de 25 ans. En dépit de son look pimpant, façonné par son nouveau mentor Dominique Besnehard, elle appartient à la génération de ceux qu'elle qualifie sans les nommer de « sages », et à qui elle demande de prendre du recul... Au surplus elle incarne l'archétype du politicien de carrière, moulé par l'ENA et ancré dans les sphères feutrées et peu pragmatiques de la haute fonction publique.

Le plus navrant toutefois est le caractère sclérosé de son discours. Depuis des décennies, il reste envers et contre tout inscrit dans une dialectique néo-marxiste. Ce matin encore par exemple, sur l'antenne de France Inter, elle affirmait être la mieux placée pour prendre la défense « des victimes du libéralisme féroce et du capitalisme acharné ». Ces invectives, dignes de vieux militants bornés, sont tellement caricaturales qu'elles prêtent à sourire. Comment peut-on encore avoir une vision aussi simpliste et négative du monde ? Et surtout que peut-on espérer d'un programme de gouvernement fondé sur des a priori aussi grotesques ?

Ici réside le vrai problème du PS. Il s'est enferré dans une impasse idéologique dont personne ne semble pouvoir le sortir avant un bail. On vit certes Ségolène revendiquer timidement l'héritage de Tocqueville ou même certaines actions de Tony Blair, mais ce fut de manière confuse et sans lendemain. Il y eut bien également une tentative de la part de Bertrand Delanoé de revendiquer pendant quelque temps une certaine forme de libéralisme, mais elle ne convainquit personne tellement elle était alambiquée et sujette aux oxymores. De toute manière il a fini par se rallier à Martine Aubry qui incarne une conception particulièrement radicale de la Gauche.

Globalement les Socialistes restent plus que jamais accrochés aux vieilles lunes de la bureaucratie étatique, aux mirages de la justice sociale administrée, et au leurre de la redistribution autoritaire des richesses. Les plus jeunes ne laissent hélas guère d'espoir. Tous revendiquent une politique encore plus à gauche. En définitive, le paysage politique est si morne à ce jour en France, et le débat si pauvre en idées novatrices, qu'il ne reste à ceux qui veulent échapper à cette désespérante ornière, qu'à passer en désespoir de "cause", avec armes et bagages chez Sarkozy... les plus obtus allant planter leur tente à côté de celle de Besancenot !

Si le libéralisme (dont la France n'a jamais connu l'application) est très loin d'être parfait et sujet à des crises, il reste infiniment supérieur au socialisme qui a démontré son échec quasi universel. Les seuls modèles qui n'ont pas trop mal réussi sont le fait d'hommes ayant vraiment rénové leur parti et abandonné les tabous doctrinaires. Ceux qui ont accepté en quelque sorte le jeu de la "concurrence non faussée", du "libre échange" et de "l'économie de marché". Hélas, les Socialistes français qui a un moment ou un autre ont pourtant reconnu que c'était la seule manière de produire vraiment des richesses, proposent aujourd'hui à la faveur de la Crise, le modèle le plus ringard qui soit. Celui qui assura notamment la faillite du système éducatif français.

Les personnes qui ont regardé le dernier numéro de Capital sur M6 ont été témoins d'un constat accablant, et pourtant non partisan. L'Education Nationale, fleuron du modèle social à la française, premier poste de dépenses de l'Etat, fait de notre pays l'une des nations les plus dépensières en matière d'éducation de l'OCDE. Pourtant, nous sommes placés en 17è position en terme de résultats objectifs ! Non seulement le système aujourd'hui est inefficace, mais il est scandaleusement inégalitaire. Le fameux ascenseur social n'a jamais aussi mal marché dans ce pays. Parallèlement les enseignants sont démotivés par une logique qui fait fi de leurs vraies compétences et se révèle incapable de récompenser leurs efforts de manière pragmatique. C'est ce désastre que les Socialistes toutes tendances confondues, veulent pérenniser et encore aggraver en renforçant encore le rôle de l'Etat, et en réclamant toujours plus de moyens... à fonds perdus !

2 commentaires:

Felipe Z. Narita a dit…

"Si le libéralisme (dont la France n'a jamais connu l'application) est très loin d'être parfait et sujet à des crises, il reste infiniment supérieur au socialisme qui a démontré son échec quasi universel".

Certainement.
L'experience socialiste a montré les effets tragiques de l'économie planifiée.

L'enthousiasme des idées libérales a produit l'oeuvre polémique de F. Fukuyama. Mais il faut reconnaître les limitations structurelles du libéralisme - autant du "liberalisme économique" que du "liberalisme politique" (malgré ce que les libéraux disent qu'il n'y a qu'un seul libéralisme).

namaki a dit…

Quand tu parles du sabotage de l'éducation nationale par les socialistes je suis vraiment d'accord étant dans la partie. Le collège unique jusqu'à 16 ans prétendant que TOUS les enfants peuvent tenir le coup en suivant le même cursus jusqu'en 3ème est une utopie et un énorme mépris des professions "manuelles". Les enseignants bien formatés au dogmes ne pas fabriquer d'esclaves des patrons faisaient tout pour "récupérer" les gamins au détriment de leurs talents. L'orientation vers le "technique" a longtemps été considéré comme un échec ! Heureusement la tendance est en train de changer mais une génération aura été sacrifiée !