14 janvier 2009

Blue Angel


Dans la morosité d'une époque blasée, épuisée de confort matériel et jamais contente, il y a encore des petits gars qui se démènent et qui croient qu'on peut atteindre l'extase à force d'effort et de foi. John Mayer est de ceux là.
Quand sa bouche tordue par un rictus pathétique mâche le blues (my stupid mouth...), et que ses doigts extirpent de la guitare avec une intense gravité (gravity...) des bends déchirants, le public se sent manifestement parcouru de bonnes vibrations. Et lorsque son regard d'ange languissant s'envole vers les hautes sphères, c'est comme si la foule était sous le charme d'une indicible incantation (belief).

Ce jeune homme, à peine trentenaire a déjà une respectable carrière derrière lui. Trois magnifiques albums en studio et une belle palette de sonorités. Se réclamant par sa musique, d'augustes défunts tels Stevie Ray Vaughan et Jimi Hendrix, mais fils spirituel du bien vivant Eric Clapton, il tient assurément des trois.

Très à l'aise en solo avec une simple guitare acoustique, il s'épanouit avec la même apparente et indécente facilité en trio, ou bien encore au sein de jams plus étoffées. Compositeur original il est l'auteur de quelques chansons empreintes d'une touche personnelle très émouvante. Il paraît totalement sincère et d'un naturel confondant, bien en phase avec l'idéal rustique et illuminé du Blues. Si simple et candide est-il sans doute, qu'il a cru bon de se faire tatouer pour se donner une allure, de grosses inscriptions poissardes sur les bras...

Mais la musique est son milieu naturel. Il s'y pâme avec délectation. Il sait merveilleusement jouer de sa voix suave, un rien éraillée, pour faire naître l'émotion, et son toucher de corde est quasi divin. Chaque note, attaquée avec une tranquille certitude, laisse dans l'oreille de subtiles rémanences qui s'évanouissent lentement à la manière d'un délicieux goût de reviens-y...

John Mayer en CD : Room for squares (2001), Heavier Things (2003), Continuum (2008) et un superbe DVD/BluRay enregistré fin 2007 à Los Angeles : Where The Light is.

Aucun commentaire: