26 juillet 2010

Le Blues est dans la rue


Samedi, la ville est en fête, c'est jour de braderie. La rue piétonne est encombrée d'éventaires, d'étals, de barnums en tous genres, auxquels sont accrochés fripes, colifichets, et babioles diverses, cherchant à accrocher l'oeil du chaland. Ça sent vaguement le graillon, curieux mélange d'odeur grasse de chair à saucisse grillée, et d'effluves sucrés de brioches. La foule rendue compacte par l'exiguïté occasionnelle de la voie se presse le long de ces stands racoleurs, chargés des invendus de l'année. Les hauts-parleurs accrochés un peu partout déversent une musique d'ambiance à la fois criarde et insipide.
Mais couvrant ce tumulte confus, on peut percevoir au loin une rythmique régulière, qui détone sur le bruit de fond. A mesure qu'on progresse, se dessine une mélodie portée par le chant aigu d'un harmonica. On dirait du blues...
Sur une petite placette est installé un trio de musiciens. L'harmoniciste se déhanche sous l'effet du beat imperturbable et carré du batteur. Le chanteur, assis, aussi chauve que la cantatrice de Ionesco, égrène de solides riffs à la guitare, tandis que de sa voix à la fois claire et rauque, il évacue énergiquement les paroles d'un standard de Slim Harpo : Shake your hips.
Incroyable ! Pour un peu, on se croirait dans  un Juke Joint du Sud des States. Ils ont une pêche, un mordant, une authenticité, à se mordre la joue !
Face à cette rencontre inattendue, je regrette de n'avoir pas pris comme d'habitude mon appareil photo, mais j'ai mes yeux et mes oreilles et je profite de ce petit instant de bonheur. Il n'y a pas à dire, le blues, quand c'est bon, ça tourne avec la gentille et rassurante régularité d'un moulin parfaitement réglé. Ça donne un sentiment indicible de plénitude joyeuse.
A la fin du petit show, je m'approche voyant quelques disques dans des valises au pied de la grosse caisse. L'harmoniciste s'amène lui aussi. Après l'avoir chaudement félicité pour sa prestation endiablée, je discute un moment avec lui. Il est originaire de Quimper ! La formation qu'il anime avec son frère à la guitare (Elmore et Jimmy Jazz !) s'appelle The Honeymen. Ils sillonnent le pays et seront à Cognac le 1er Août.
Résultat je repars avec deux cd aux pochettes ornées d'illustrations délicieusement kitsch, qui sur la platine où je m'empresse de les introduire sitôt revenu chez moi, vont confirmer la qualité du jus qui sort de la musique de ces gars là.
Si vous les voyez sur votre chemin, surtout, arrêtez vous et écoutez. Vous ne le regretterez pas !

2 commentaires:

helenablue a dit…

Wouahou! Belle découverte.
j'adore le blues...
je découvre votre blog via Jalel El Gharbi...
Je reviendrais.

Pierre-Henri Thoreux a dit…

merci de votre passage et de votre amical commentaire. Vous êtes évidemment bienvenue.