12 mai 2020

COVID-19 : l'apocalypse

Sur la gestion de la crise du COVID-19, on retiendra bien sûr avant tout les tergiversations concernant la protection par les masques, celles portant sur le diagnostic biologique de la maladie, et enfin celles liées aux éventuels traitements médicamenteux.
Sur aucun des 3 sujets la situation n’est claire à ce jour, c’est à dire plus de 4 mois après le début de l’épidémie, et la position des dirigeants paraît toujours aussi ambiguë lors du fameux "déconfinement" qu’au moment des premiers “clusters”.
La polémique sur les masques qui donna lieu à tant de contradictions et de revirements est loin d’être close. A tout moment le gouvernement s’est trouvé débordé. Face à ses diktats ubuesques et ses affirmations contradictoires, le système D s’est néanmoins mis en branle pour proposer toutes sortes de protections, des plus sophistiquées, les FFP2 qu’on trouvait facilement avant le confinement dans les magasins de bricolage, aux masques artisanaux faits à la maison, plus ou moins efficaces. Le moins qu’on puisse dire est que la tâche n’a pas été encouragée ni même facilitée par les Pouvoirs Publics. On reste songeur quand on pense aux destructions massives de stocks opérées par le Gouvernement avant l'épidémie. Et on ne put que s'insurger lorsque pour tenter d’atténuer les effets de son incurie, on le vit réquisitionner toutes les commandes faites par les entreprises privées, les collectivités locales, et même les petits stocks détenus par les particuliers à qui on avait affirmé qu’ils ne servaient à rien, ainsi que ceux des professionnels, tels les dentistes, sommés de remettre en haut lieu leur précieuses ressources. Les bougres n’en avaient certes plus besoin, vu qu’ils avaient perdu le droit d’exercer, mais avait-on songé qu’un jour il faudrait bien reprendre le travail ?

Pendant ce temps, le ministre de la santé essayait de rassurer le peuple en égrenant tranquillement les chiffres astronomiques de ses commandes... qui n’arrivaient jamais ! 500 millions, puis 1 milliard, puis 2 milliards… Aucune limite, “quoiqu’il en coûte” disait le Président de la République !
S’agissant des tests, la problématique fut comparable. Après avoir mis en cause leur utilité, contrairement à de nombreux pays qui en multipliaient avec succès leur usage, on promit des commandes massives, tout en mettant des bâtons réglementaires absurdes dans les roues de ceux qui étaient en mesure de répondre à la demande, notamment les laboratoires vétérinaires.

A ce jour, le gouvernement annonce la possibilité de réaliser 700.000 tests par semaine dès la levée du confinement, mais il fait tout pour empêcher les entreprises de les mettre en œuvre, s'ils ne peuvent attester du volontariat des salariés et s'ils n'ont pas obtenu le blanc-seing de syndicats plus obtus que jamais. Même la simple prise de température des employés fait l’objet d’un encadrement administratif rédhibitoire ! Les syndicats dont le mauvais esprit est à nouveau à l’œuvre, ont d’ailleurs obtenu d’une justice partisane, le blocage complet du fonctionnement du géant Amazon, lequel a même été privé du recours au dispositif de chômage partiel pour ses salariés. Et ils sont également parvenus, grâce à un simple vice de forme, à empêcher Renault de rouvrir ses usines le 11 mai !
On ne sait donc pas trop à quoi servira la profusion de tests annoncée, pour peu qu’ils soient disponibles là où on en aura besoin. Pareillement, on ne sait toujours pas s’il existe un traitement un tant soit peu efficace pour combattre la maladie ou au moins la prévenir. Il y a autant d’études pour affirmer que l’hydroxychloroquine plus ou moins associée à l'azithromycine est efficace que l’inverse ! Pour les experts, attachés au “respect du protocole” comme à un dogme religieux, elles sont toutes biaisées, donc non contributives. En dépit des statistiques édifiantes du professeur Raoult, qui est en passe localement d’avoir éradiqué le fléau en multipliant les tests et en traitant empiriquement ses patients, la réticence si ce n’est le mépris des Pouvoirs Publics subsiste à son égard. On se demandera longtemps pourquoi le Président Macron en personne a cru bon de lui faire une visite très médiatisée, et pourquoi il s’est répandu en éloges à son propos, puisque son gouvernement s’est échiné à faire l’inverse de ce qu’il proposait depuis le début de l’épidémie…
D'une manière générale on aura rarement vu autant d'annonces mirobolantes, sans lendemain: lopinavir, remdesivir, ivermectine, chlorpromazine, nicotine, arénicole… Quant au fameux essai multicentrique européen Discovery, dont M. Véran attendait tant, il semble se terminer en fiasco faute d’un nombre suffisant de patients inclus, et faute d’une lourdeur de mise en œuvre qui a découragé d'autres pays que le nôtre d'y participer (hormis 1 patient du Luxembourg ) ! On vit pareille déconfiture avec l’essai promu par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris vantant un peu prématurément les mérites du tocilizumab…

Rarement la machine administrative n'a déployé autant d’ardeur à pondre ses réglementations, ses autorisations, ses interdits, et toute sorte de mesures coercitives. La première fut cette inénarrable auto-attestation permettant de sortir brièvement de chez soi. Elle illustre parfaitement l’infantilisation des esprits causée par L’Etat-Providence, vis à vis de laquelle Tocqueville nous avait alerté en son temps, en vain hélas…
Parallèlement, on vit une multitude de dispositions plus ou moins farfelues si ce n’est contradictoires entre elles, que l’Etat se crut autorisé à prendre en vertu de sa certitude de détenir la sagesse et la vérité: encadrement des prix des gels hydro-alcooliques, puis des masques, ce qui ne fit qu'accentuer la pénurie ressentie. Barrage hypocrite au traitement associant en ville l’hydroxychloroquine et l’azithromycine (les médecins pouvaient prescrire mais les pharmacies avaient interdiction de délivrer les produits aux patients, à l’instar des masques lorsqu’ils en disposaient !). On a beaucoup parlé de l’application pour smartphone baptisée Stop-Covid, plus ou moins calquée sur le modèle coréen, qui devait permettre d’identifier les personnes-contacts de malades. Elle fut jugée contraire aux libertés fondamentales, avec lesquelles on ne plaisante pas dans une des démocraties pourtant les plus liberticides qui soient… Peu importe, on voit mal comment elle aurait pu fonctionner sur le mode du volontariat, si tant est qu’elle eût pu fonctionner tout court… Les mêmes doutes s’appliquent aux “brigades” que le gouvernement entend lâcher un peu partout pour traquer le virus.

En matière de rumeurs, de fausses nouvelles, ce fut un vrai festival. Le gouvernement lui-même qui avait cru bon de publier une page web destinée à lutter contre les canulars et autres fake news subtilement baptisée désinfox coronavirus a dû la remiser tant elle s’est avérée inefficace. Il faut préciser que le professeur Raoult eut l’honneur lui-même d’y figurer, à son grand amusement. Le ministère quant à lui ne s’est pas privé de diffuser des informations non vérifiées. Il y eut bien sûr les mensonges éhontés sur les masques, il y eut aussi l’alerte lancée par M. Véran au sujet de l’ibuprofène et des anti-inflammatoires non stéroïdiens qu’il ne fallait absolument pas prendre sous peine de finir en réanimation. Affirmation jamais prouvée par la suite et même démentie par l’Agence Européenne du Médicament !
Parallèlement, les Pouvoirs Publics toujours prompts à mettre en avant leur mérite, ont fait grand bruit autour d’une étude assurant que le confinement généralisé avait permis de sauver au moins 60.000 personnes. S’il on peut penser que l’enfermement des citoyens limita par la force des choses en partie le désastre, il est difficile d’occulter que la France déplore malgré tout un nombre de morts par million d’habitants, parmi les plus élevés au monde (près de 400). S’il fallait y ajouter les 60.000 miraculés, nous serions vraiment les peu enviables champions toutes catégories. A contrario, nombreux sont les pays qui ont obtenu de bien meilleurs résultats que nous sans avoir été contraints de recourir à des mesures de confinement aussi strictes.
Il y a d’ailleurs lieu de s’interroger sur la qualité de nos indicateurs, tels qu’on les voit publiés sur les grands sites internationaux. Notamment sur le ratio nombre de morts / nombre de cas déclarés. Avec près de 15% de mortalité affichée, la France fait une bien piètre performance (rappelons que cet indicateur est pour l’Allemagne de 4,1, et pour la Corée du Sud de 2,3. Même aux États-Unis dont on dit qu’ils ont géré la crise de manière catastrophique, il n’est que de 5,7 soit près de 3 fois inférieur au nôtre). Quant à la cohorte suivie par le Pr Raoult, elle affiche tranquillement 0,4… On objectera qu’un tel indicateur, comme tous les autres, est sujet aux biais. Sans doute, mais s’il mesure imparfaitement la réalité, il donne tout de même un reflet peu flatteur de notre recueil de données épidémiologiques. En effet, un chiffre si haut témoigne soit d’une qualité des soins défaillante, soit d’une sous évaluation du nombre de cas, soit des deux… S’il n’y a pas de raisons objectives de penser que nos soins soient franchement moins bons qu’ailleurs, la seconde hypothèse en revanche est beaucoup plus plausible… (à suivre)

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