09 décembre 2006

Ségolades et Douste-blablas


La légèreté, l'inconstance, et la pusillanimité dont font preuve la plupart des politiciens français dans leurs analyses concernant le Proche-Orient a de quoi faire frémir.
Il y a quelque jours madame Ségolène Royal, qui aspire aux plus hautes fonctions de l'Etat, était en voyage dans cette partie plutôt agitée du globe.
Rencontrant les dignitaires du Hezbollah, dont elle ne peut ignorer la nature terroriste anti-occidentale, elle révéla qu'elle partageait une bonne partie de leurs opinions (« Il y a beaucoup de choses que je partage dans ce que vous avez dit, notamment votre analyse sur les États-Unis. » cité par Rioufol). Elle a condamné par la même occasion le survol du Liban par l'aviation israélienne.
Deux jours plus tard en Israël, dont elle sait qu'il est le principal allié des Américains dans la région, avec Olmert elle revendiquait le droit à la sécurité du peuple hébreu, et disait finalement comprendre le même survol du Liban. Plus fort, elle alla même jusqu'à refuser à l'Iran le droit de disposer d'installations nucléaires civiles !
Et, comme pour donner une dimension messianique à son périple elle se crut obligée en l'achevant, de se délester d'une lapalissade aussi pompeuse que superfétatoire : « Je forme le voeu (...) que se lève une paix durable et de nouvelles forces de vie. Le progrès du monde a besoin d'un Proche-Orient réconcilié avec lui-même" (Le Monde).

Parmi les réactions moqueuses ou critiques qui ponctuèrent ce joli coup d'épée dans l'eau médiatique, celle de monsieur Douste-Blazy, sémillant ministre des Affaires Étrangères, figure comme un morceau d'anthologie. Il s'insurgea en effet contre la prise de position de la candidate, au motif qu'elle traduit une méconnaissance profonde du sujet : "Remettre en cause le droit de l'Iran à obtenir l'énergie nucléaire civile, je dis bien civile, comme vient de le proposer Madame Royal c'est en réalité remettre en cause le Traité de non prolifération qui a été signé par la quasi-totalité de tous les pays du monde" (L'Express).
Or le même Douste-Blazy, comme je l'avais déjà relaté, affirmait pourtant début 2006 : «Aujourd'hui c'est très simple : aucun programme nucléaire civil ne peut expliquer le programme nucléaire iranien, donc, c'est un programme nucléaire militaire clandestin».
Mais Le cher Douste n'est guère moins volage que Ségolène. Quelques mois après il n'hésitait pas à reconnaître
au même Iran un « rôle de stabilisation dans la région »!
Pauvre France...

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