31 mai 2017

Baby Doll Art

Les frasques clinquantes de ce qu'il est convenu d'appeler l'art contemporain envahissent notre univers quotidien, qu'on le veuille ou non.
Ainsi les New-Yorkais ont pu contempler durant un mois la "ballerine assise" de Jeff Koons.
Cette gigantesque boursouflure en matière plastique de quinze mètres de haut a en effet pris possession du Rockfeller Center, affichant avec un indicible mauvais goût l'incroyable prétention de ceux qui font pleuvoir les dollars sur le marché florissant de l'art.
Il est vrai que cette sculpture éphémère est moins obscène que d'autres qui défrayèrent la chronique ("Tree", en forme de plug anal, de Paul McCarthy, érigé place Vendôme en 2014, ou bien le fameux "Dirty Corner" d'Anish Kapoor, élégamment rebaptisé "vagin de la reine", qui défigura les jardins du palais ee Versailles).
Elle ne revèle pas moins l'impasse dans laquelle s'est enferrée la création artistique.

Pour acquerir ces trésor factices, les gogos argentés se pressent, et n'hésitent pas à débourser les fortunes qu'une spéculation insensée fait monter vers des sommets vertigineux. Il y a 4 ans à peine, le "chef-d'oeuvre" débile de Jeff Koons intitulé Balloon Dog fut adjugé pour 58 millions de dollars.
Il y a quelques jours ce fut un horrible griffonnage du peintre Jean-Michel Basquiat représentant un "masque grimaçant sur fond bleu" qui dépassa les 110 millions de dollars.


Au début du mois de mai, c'était Damien Hirst qui faisait son show en ouverture de la Biennale de Venise, avec la complicité du mécène François Pinault. Sur plus de 5000m2, il expose un fatras de sculptures hétéroclites, qui lui coûtèrent paraît-il près de 60 millions d'euros à fabriquer et dont il espère un joli profit à la vente...
Combien de temps durera cette folie boursière sur des valeurs fondées sur le néant, la copie ou la répétition ?
Pourquoi  un tel déferlement de vanité, de naïveté, de cupidité qui fait injure à l'Art et qui pourrait faire penser à une véritable déchéance du sens artistique et de la culture ?
"Deux choses sont infinies", disait Einstein, "l'univers et la bêtise humaine. Mais pour le premier, je n'ai pas de certitude..."

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