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26 avril 2026

Absurdité Sécuritaire

Faute d'être capable de stimuler l’innovation technique dans le champ de l'Internet, nos dirigeants, et élus français et plus largement européens, ont manifestement fait le choix de tenter d’en réguler les avancées, dans le but prétendu de protéger les citoyens. Hélas, ces dispositions se bornent à les freiner à coups de lois, normes et autres contraintes réglementaires.

On ne compte plus les initiatives bureaucratiques mises en place pour encadrer l’Internet, et plus généralement les outils de communication télématique.
En France, les organismes, réputés indépendants mais en réalité sous tutelle étatique, supposés contrôler les choses pullulent à tel point qu’on ne saurait les dénombrer précisément et encore moins définir leurs prérogatives.
L’ARCOM est sans doute l’institution dont on parle le plus ces derniers temps. Cette Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique a remplacé l’ancien Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Selon ses responsables, elle veille à “la protection des œuvres audiovisuelles, en luttant contre les offres illicites et encourageant le développement d'offres légales” et supervise “les moyens mis en œuvre par les grandes plateformes en ligne pour lutter contre la désinformation et la haine en ligne.”
Elle ne saurait faire oublier la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) créée en 1978 pour “protéger des données personnelles contenues dans les fichiers et traitements informatiques ou papiers, aussi bien publics que privés”.
Elle agit, si tant est que le mot soit juste, en parallèle avec la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI) et avec l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI).
Dans le domaine particulièrement sensible de la santé , l’Etat a cru bon d’ajouter l’ASIP Agence nationale des systèmes d'information partagés de santé, rebaptisée récemment Agence du Numérique en Santé, chargée notamment de l’élaboration des référentiels de sécurité (PGSSI-S) et d’interopérabilité (CI-SIS)...
Pour terminer cette liste, sans doute pas exhaustive, il faut enfin évoquer l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) dont l’ambition est d’assurer la régulation des infrastructures numériques (télécoms, services de partage des données), du secteur postal et de la distribution de la presse.

Cette armada a vu son pouvoir renforcé par de nombreux textes législatifs.
Outre les lois régentant de manière de plus en plus coercitive la liberté d'expression et d'opinion, il y a le tristement fameux Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) qui entre autres nous vaut les insupportables alertes et demandes d'acceptation concernant la gestion des cookies avant d’accéder au moindre site web.
Comme il en faut toujours plus, la bureaucratie a été enrichie du Règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) “visant à lutter contre la propagation de contenu illicite en ligne, adopté le 19 octobre 2022”. Ce règlement s'applique aux « très grandes plateformes » du numérique dès le 25 août 2023 puis à tous les acteurs du numérique à partir du 17 février 2024. Promu avec force par l'ancien commissaire européen Thierry Breton, il lui a valu l’interdiction d’entrée sur le sol des Etats-Unis, qui considèrent ce texte comme une attaque à la liberté d’expression, particulièrement dirigée contre les géants américains de l’Internet.

Face à toutes ces initiatives et toutes ces mesures de régulation, on est en droit de s’interroger sur leur efficacité pratique et sur les résultats obtenus.
Passons sur les incessants appels indésirables qui pourrissent les réseaux téléphoniques. Passons sur les innombrables mails, spams et autres SMS frauduleux encombrant les messageries et piégeant les utilisateurs distraits ou trop crédules.
Le plus grave est sans conteste l’avalanche des cyberattaques dont les médias se font régulièrement l’écho.
Les fournisseurs d'accès internet figurent parmi les cibles privilégiées des hackers.
En octobre 2024 la base de données de l’opérateur Free, qui comprend plus de 19 millions de comptes clients, a été dérobée, conduisant à la mise en vente sur un marché noir, de 5 millions d’adresses IBAN.
En septembre 2024 les abonnés SFR étaient avertis de la divulgation de leur nom, prénom, coordonnées renseignées au moment de la commande (numéro de téléphone, adresse électronique et postale, adresse de livraison le cas échéant) », et les « données contractuelles (offre souscrite, contenu de la commande) » mais aussi IBAN, numéro id des téléphones et cartes SIM.
En Décembre 2025, rebelote chez RED, les clients recevaient un mail les informant du vol de “votre nom, prénom, adresse électronique, adresse postale, référence client ainsi que votre numéro de téléphone de contact.”
Les autres fournisseurs d’accès sont logés à la même enseigne. Orange n’a pas été épargné, et pas davantage Bouygues (accès non autorisé à certaines données personnelles de 6,4 millions de comptes clients. )

Beaucoup de sites commerciaux font également l’objet de cyberattaques (Mano Mano, Son vidéo…) avec parfois des conséquences pratiques sérieuses, menant à des malversations ou des cambriolages.
Si les banques semblent pour l’heure un peu mieux protégées, les plateformes d’échanges de crypto-monnaies ont été plusieurs fois ciblées par des actions de piratage informatique.

La vulnérabilité des organismes publics pose également problème.
On a découvert à l’occasion du cambriolage du Musée du Louvre la fragilité de ses dispositifs de sécurité.
Avant cela, on avait appris avec stupéfaction que plusieurs hôpitaux avaient été victimes d’attaques de leur système d’information avec blocage des dossiers médicaux et demande de rançon !
Le site de la Poste avait pareillement été paralysé, entraînant un déni de service distribué (DDoS).
Début 2024 c’était au tour de la Sécurité Sociale de se voir délesté de données confidentielles de 33 millions de personnes !
Plusieurs ministères ont fait l’objet de cyberattaques : ministère des sports, ministère de l’intérieur, et fin 2025 l’intrusion dans le site du ministère de l’éducation avait conduit au vol de données personnelles d’élèves.
Enfin, tout récemment les médias révélaient le piratage de l’Agence Nationale des Titres et Sécurisés (ANTS). Cet organisme qui ne mérite en l’occurrence pas l’appellation “sécurisée” s’est fait dérober pas moins de 19 millions de dossiers de citoyens français. Le pire est qu’il ne s’agit pas de la première agression ! En septembre 2025 déjà, des pirates avaient mis en vente sur le darkweb un fichier de 12.7 millions de données provenant de cette même agence.

Epilogue
Force est de conclure que les murailles réglementaires ne sont guère plus efficaces que la calamiteuse ligne Maginot pour empêcher les pirates d’agir. Les citoyens, confrontés à ce désastre devenu quasi quotidien, ne peuvent espérer ni recours ni réparation, et pas la moindre garantie de non récidive. Lorsqu’ils sont informés du délit dont ils sont victimes, ils ont droit, au titre de lot de consolation, à une tirade dans le plus pur style administratif : “Conformément à l’article 33 du règlement relatif à la protection des données personnelles (RGPD), l’incident a été notifié à la commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Le ministère de l’Intérieur a, par ailleurs, transmis un signalement à la Procureure de la République de Paris en application de l’article 40 du code de procédure pénale en vue de l’ouverture d’une enquête…” La boucle de l’absurdité est bouclée.

18 avril 2026

Absurdité énergétique

La politique énergétique en France et plus généralement en Europe obéit à une étrange stratégie qu'on pourrait qualifier d'à la va-comme-je-te-pousse. Largement soumise aux lobbies écologiques et inféodée à la chimère de la régulation climatique, entretenue par une myriade d'institutions chargées d'alimenter le mythe, elle louvoie en fonction des opinions dominantes, pour ne pas dire qu'elle merdoie.
On a vu le ballet incohérent des Pouvoirs Publics au sujet de l'énergie nucléaire. Un jour on démantèle, un autre on reconstruit...
On a vu les stupidités engendrées par le diagnostic de performance énergétique (DPE) qui s'impose à l'habitat et réduit le parc locatif déjà mal en point sous les coups des lois coercitives et de taxes punitives pesant sur les propriétaires.
On voit les coups terribles portés à l'industrie automobile par la politique folle des malus et les contraintes effarantes de circulation et de stationnement en ville.
On voit enfin le débat faisant rage entre défenseurs et adversaires des Zones à faible émission de CO2 (ZFE).

Aujourd'hui, la guerre en Iran met une nouvelle fois au grand jour le monstre fiscal grevant le prix des carburants. C'est bien simple, c'est en France qu'il sont les plus chers au monde en raison de la cupidité sans limite du Trésor Public.

Le carburant destiné aux véhicules automobiles est victime de pas moins de trois régimes de taxation empilés les uns sur les autres, allant jusqu'à taxer les taxes !
Lorsque le carburant est livré aux stations services par les raffineurs et/ou distributeurs, il est tout d'abord taxé au titre de la TVA. La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) vient ensuite alourdir sévèrement la note. Rebaptisée accise, elle est fixe et s'applique à la même hauteur quelque soit le prix du baril de brent. Et pour faire bonne mesure, elle est assujettie à la TVA !
Que le cours du pétrole s'accroisse ou qu'il baisse, l'État est donc gagnant à tous les coups.
Comme si cela ne suffisait pas, à cette juteuse pompe à phynance s'ajoutent les certificats d'économie d'énergie (CEE) qui sont des prélèvements occultes mais bien réels opérés par la machine étatique sur les distributeurs au nom de l'écologie.
Ce vertigineux échafaudage financier est illustré par le graphique montrant la décomposition du prix de l'essence sans plomb 95 à la pompe. Lorsqu’il était de 1,708€ en février dernier, le poids des différents prélèvements représentait la coquette somme de 1,107€ soit 184 % du prix à la sortie des raffineurs/distributeurs. Autrement dit, l'Etat multiplie, à peu de chose près, par 3 le coût du produit fini et livré !

Face à ce véritable racket, et confronté aux difficultés de nombre d'automobilistes par nécessité, il s'obstine à refuser tout allégement de charges et s'oppose même à la suspension des CEE. Il se borne, en dehors de belles promesses sur le tout électrique, à saupoudrer par ci par là quelques aides évidemment insuffisantes et mal ciblées, et à encadrer par décret des marges des distributeurs...

Cerise sur cet indigeste gâteau fiscal, il faut évoquer les raisons de l’augmentation continue du gazole : autrefois plus économique que l’essence, il est devenu nettement plus onéreux en grande partie à cause des politiques publiques qui ont conduit au démantèlement de raffineries spécialisées, aux sanctions sur la Russie, et à l’augmentation des taxes visant “à harmoniser les prix”.

Une chose est sûre, Ubu France est un label d'avenir !

Illustration : empruntée au site Finances Publiques Economie FIPECO

15 avril 2026

Absurdité sociale

Vu qu'il ne se passe plus grand chose de nouveau dans les sphères législatives ou gouvernementales françaises, l'actualité se borne de facto à de minuscules événements.
L'ébauche d'embryon de texte de loi supposé libérer un peu le travail lors du 1ᵉʳ Mai a donc fini en avortement.

L'initiative venait de Gabriel Attal. Il fallait oser, en tant qu'homme de gauche, proposer cette entorse au sacro-saint “seul jour chômé” qui, par un amusant paradoxe, célèbre le travail par le repos forcé !
La levée de boucliers fut unanime et immédiate du côté des partenaires sociaux et des socialos, bolchos, cocos, écolos et compagnie. A croire que l'ancien autant qu’éphémère premier ministre avait volontairement jeté ce tout petit pavé dans le marécage social ! Comment a- t-il pu imaginer qu'il fut accueilli autrement vu l'état des mentalités ?

Cet épisode, quoique symbolique, est évidemment dérisoire. Qu'on autorise ou pas les gens à travailler le 1ᵉʳ Mai ne changera rien. Il y a tant de choses à proposer pour desserrer le carcan décourageant dans notre pays toute initiative, tout volontarisme et in fine toute liberté ! Hélas, force est de constater qu’on reste dans la logique de l'absurde. La même qui poussa, il y a quelques années le gouvernement à octroyer des congés au titre de la réduction du temps de travail avant de diminuer le nombre de jours fériés !
Cette fois, il n'a pas eu à reculer face aux syndicats et pour cause. Il n'a pas même fait mine d'avancer ! M. Attal quant à lui s'est donné le rôle d'audacieux réformateur à peu de frais.
Plus que jamais le travail reste et restera en France une aliénation. Aucune fleur ne sera accordée à ceux qui voudraient vendre du muguet autrement qu'à la sauvette. Et les boulangers resteront privés de leur gagne-pain au nom de la cause du peuple…

PS : On apprend que l'Assemblée Nationale, dans un élan inédit de simplification, vient d'entériner la suppression des diaboliques ZFE (zones à faible émission de CO2). Tout bon sens ne serait donc pas perdu !
Avant de se réjouir, attendons le vote du Sénat et surtout l'aval du Conseil Constitutionnel...

26 mars 2026

Dernière ligne droite

Les élections municipales qui viennent de se dérouler s'inscrivaient comme la dernière échéance avant la conflagration présidentielle annoncée pour 2027. Il reste tout juste un an à courir avant ce scrutin décisif pour le pays. Est-ce pour autant une dernière ligne droite ?
Le moins qu’on puisse dire est que la situation reste des plus confuses. Aucune force politique n’incarne vraiment un espoir de renouveau. Aucune personnalité n’apparaît au premier plan de la scène politique et pire que tout, aucun programme d’avenir ne se fait jour. Alors que le pays s’enfonce mollement dans le déclin, la volonté fait défaut et la radicalisation des esprits ne cesse de progresser.
La Gauche inspire plus que jamais le dégoût par son hypocrisie, sa démagogie, ses mensonges et son sinistre "petit théâtre anti-fasciste", bien nommé par feu Lionel Jospin. En face, cela ne vaut guère mieux. Les partis, réduits à l’état de factions, sont incapables de réagir. Ils ne parviennent à s’unir en dépit de la convergence évidente des idées, et patinent dans l’indécision et la pleutrerie.
Les grandes métropoles vont donc continuer de dépérir à l’instar de Paris, Lyon, Marseille, Lille, Rennes, Nantes… Si les lignes bougent à Nice, si Toulouse, Bordeaux et Clermont-Ferrand ont été arrachées de justesse à l’emprise malfaisante de l’écolo-coco-bolcho-socialisme, Nîmes a été littéralement livrée aux communistes par une droite aussi bornée que stupide. Au Havre, l’ancien et peu regretté Premier Ministre Edouard Philippe pavoise malgré un score miteux qui ne lui a même pas permis d’atteindre la moitié des suffrages au second tour face aux communistes !
Dans les quelques villes gagnées par les enragés LFIstes, l’ambiance est à la vendetta. Le maire du Blanc-Mesnil, battu de très peu dans des conditions des plus discutables, quitte sa mairie bousculé par une horde revancharde sous les lazzi et les injures. On voudrait qu’il ait tort lorsqu’il affirme que “la ville va être divisée entre les racailles et ceux qui ont peur”. On espère qu’il se trompe quand il constate découragé que “le département est foutu”. Mais hélas, force est de voir que la partition mortifère du pays est en marche.
Peut-on dans ces conditions parler de dernière ligne droite ? Ce sont surtout de dangereux virages qui attendent le pays. Quant à l’issue de la campagne qui va commencer, elle semble des plus incertaines et ne laisse pas d’inquiéter.

07 octobre 2025

Sauve Qui Peut

Les gouvernements se suivent et se ressemblent. A une cadence effrénée, pourrait-on dire. Le dernier en date est mort né, c’est dire…
Mais que dire de cette séquence tragi-comique qui joue les prolongations devant des spectateurs captifs d’un spectacle qu’ils avaient pourtant réclamé mais qui tourne à la débandade généralisée faute de scénario solide et d’acteurs de talent ?
On pourrait épiloguer sur le fiasco dans lequel est en train de se terminer le mandat présidentiel conféré par les électeurs à Emmanuel Macron. C’est trop tard, le mal est fait. Ainsi l’a voulu en toute connaissance de cause, le peuple souverain…

Restent une série de questions, sans espoir de réponse hélas, tant la situation paraît relever de l’absurdité la plus folle.
Après deux piteuses tentatives gouvernementales, comment M. Lecornu, qu’on disait fin politique, a-t-il pu accepter d’en mener une troisième, s’apparentant forcément à une mission suicide ?
Quelle sorte de rupture pouvait-il espérer en l’annonçant sur le perron de l’Hôtel de Matignon lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur François Bayrou ?
Comment oser après celà et après 27 jours de tergiversations, proposer un simple duplicata du précédent gouvernement, et prendre même un risque supplémentaire insensé en rappelant les calamiteux Bruno Lemaire et Eric Woerth ?
Comment Bruno Retailleau, après avoir accepté d’avaler beaucoup de couleuvres au sein du gouvernement démissionnaire, a-t-il pu accepter de retourner dans ce rafiot en perdition et oublier même de s’enquérir du nom du collègue nommé aux Armées ?
Comment, après avoir rendu son tablier, Sébastien Lecornu a-t-il pu accepter l'ultime mission farfelue proposée par un président déconfit, consistant à trouver pour un autre premier ministre que lui et en 48h, l’introuvable consensus de stabilité qu’il n’a pas réussi à mettre sur pied pour lui-même au terme d’un mois de stériles échanges avec les partis ?

Et comment Emmanuel Macron, élu et réélu à la charge suprême et qui avait tant d'atouts en main, a-t-il pu en arriver là ?
Sans doute est-ce avant tout de sa responsabilité, en raison de son incurable frivolité, de son inconséquence notoire, et de sa dévorante hubris. S’il faut trouver des circonstances atténuantes à la personne, on pourrait les trouver dans l’acharnement que les politiciens de tout poil et une société entière ont mis durant des décennies à fausser le jeu démocratique en excluant par principe un parti, au nom d’un grotesque Front Républicain.

J’ai retrouvé la trace d’une lettre adressée au magazine Valeurs Actuelles et publiée en mars 1998, un an après la funeste dissolution ordonnée par Jacques Chirac, qui avait mené la gauche plurielle au pouvoir. J’ai la faiblesse de penser qu’elle n’a pas trop perdu de son actualité :

“Les élections Régionales qui viennent de se dérouler vont probablement précipiter la décomposition de la « Droite traditionnelle ». Tant mieux, après tout, car il faut dire que l’obstination dans l’erreur, l’acharnement à déployer l’énergie à côté de la plaque, avaient rarement été portés à de telles extrémités! Le comble étant cette décision invraisemblable d’offrir à la Gauche Socialo-Communiste minoritaire, des régions où les électeurs avaient exprimé massivement un vote de droite. Après la dissolution inouïe de l’an dernier, ça restera dans les annales....
Adieu chefs usés, dépourvus d’idéal, on ne regrettera pas vos fatigantes pudeurs qui n’avaient même pas l’accent de la sincérité. Car n’ayant pas d’affinité particulière pour le Front National, je vois tout de même trop bien que les discours d’exclusion et les torrents de haine déversés chaque jour, proviennent rarement de l’accusé numéro un.
Après les oraisons enfarinées des pharisiens du temple collectiviste et la morale bécassinesque des dadais de la social-démocratie, peut-être enfin, peut-on caresser un espoir. Celui de voir émerger une force volontariste, moderne et libérale, dont l’objectif clair sera de redonner vigueur à notre pays, au risque d’accorder, sans a priori, quelque attention aux propositions d’un parti qui ne mérite pas plus que d’autres, l’ignominie dont on le couvre.”

04 août 2025

La France folle


Plus on est de fous, plus on rit, dit-on. Mais les folies auxquelles on assiste de nos jours relèvent davantage du tragique que du comique, si tout cela avait encore un sens bien sûr. 

Notre Président d'on ne sait plus trop quoi (de la rienpublique peut-être) s'est levé un beau matin avec la volonté de reconnaître l'État de Palestine. Ça le travaillait depuis quelque temps. Quand on n'est plus reconnu chez soi, autant voir ailleurs. 

En l'occurrence, dans la poudrière palestinienne, il n'y a pas le début d'une esquisse d'état. Résumons la situation : deux entités que rien ne réunit hormis une féroce inimitié réciproque. L'une, Gaza, n'en finit pas d’agoniser sous la férule d'une organisation terroriste sanguinaire. L'autre, Cisjordanie pour les uns, Judée Samarie pour les autres, s'asphyxie dans l'ombre inamovible d'un vieillard aussi inopérant que tyrannique. Reconnaître un tel état revient à pérenniser le désastre. 

Là ne s'arrête pas hélas le grotesque. Faute de pouvoir aider à résoudre un interminable conflit, on fait assaut de bons sentiments et de cagoterie. On largue par avion des vivres sur la tête des malheureux, à l’heure où des cargaisons entières d’aide alimentaire pourrissent au soleil, faute de pouvoir être distribuées, ni par les pseudo organisations palestiniennes, ni par l'ONU. 

Au même moment, les brutes de ce qui reste du Hamas prennent plaisir à exhiber les otages encore vivants mais décharnés, en un spectacle immonde.

Tout en condamnant “une inhumanité sans limite”, M. Macron, dans un bel élan de générosité, donne asile en France à des enragés se recommandant de Hitler et du Hamas réunis, exhortant à tuer des juifs ! Une honte absolue.


Pendant ce temps, les affaires continuent si l'on peut dire. Sous la houlette d'Ursula Von der Leyen les négociations de l'Europe avec Donald Trump sur les droits de douane ont conduit au modus vivendi de 15%. Les dirigeants français et leurs affidés, qui n'en sont plus à une hypocrisie près, font semblant de s'insurger. C'est l'hôpital qui se moque de la charité ! La France, pays le plus taxeur du monde devrait balayer devant chez elle. Rien qu'en TVA, c'est 20% qu'elle impose (entre autres) aux produits made in US. Mais il faudrait ajouter à cela les vrais droits de douane, les taxes sur les GAFAM, le racket fiscal sur les blockbusters américains et quantité d'autres mesures protectionnistes (ukases ubuesques sur les importations de viande bovine, de volailles, d'OGM...)

L'harmonisation fiscale à la Trump n'est en somme qu'une réponse du berger à la bergère. Encore devrions-nous nous estimer heureux de n'avoir "que" 15% grâce à la mal aimée Ursula (que nos satrapes s'étaient empressés de reconduire dans ses fonctions, il y a quelques mois )...


Du côté de l'écologie, l'inconséquence et l'irresponsabilité atteignent des sommets. La pétition contre la loi Duplomb est de ce point de vue un Himalaya. Plus de 2 millions de signataires pour tenter de maintenir un carcan réglementaire aussi absurde que suicidaire. Hormis quelques médecins oncologues courageux qui plaident pour un retour à la raison, rien ne semble en mesure d'arrêter la course folle des moutons à oeillières. Même l’Ordre des Médecins s’y met…

L'agriculture française sera-t-elle sacrifiée sur l'autel de l'ignorance doctrinaire ?

Pourquoi pas, car tout devient possible au royaume des fous. 

Après les laboratoires pharmaceutiques, étranglés par un contrôle étatique ubuesque des prix, qui boudent la France, Ryanair ferme des lignes, ne pouvant plus maintenir leur rentabilité suite à l'augmentation incessante des taxes sur les billets d'avion. 

Le marché automobile se casse la figure, empêtré dans des réglementations de plus en plus délirantes

Enfin, pour résultat des taxes punitives et des lois de plus en plus coercitives, le marché des résidences secondaires s’effondre de 20% sur le premier semestre 2025.

Cela dit, tout va très bien, madame la marquise. On déplore juste un tout petit rien, une inoffensive pitrerie, émanant du site web de l'Elysée : les larmes de crocodile versées par Emmanuel Macron, pris de nostalgie au souvenir des derniers jeux olympiques....

13 juin 2025

Harangue malfaisante

Les jeunes médecins avaient depuis l’antiquité le serment d'Hippocrate fixant les règles éthiques du métier. Les magistrats en herbe ont depuis 1974 la
Harangue de Baudot.
Ce texte émanant du substitut du procureur de Marseille de l’époque prétend leur servir de guide moral et entend “corriger quelques-unes des choses qui [leur] ont été dites”.
En réalité, il décline tous les dogmes d’une gauche rétrograde, engluée dans une idéologie post-révolutionnaire revancharde et nihiliste. Il est difficile de rester de marbre en découvrant (fortuitement il y a quelques jours quant à moi) cette accumulation de clichés nauséabonds.

Le magistrat commence très fort, en dévalorisant la fonction et en la caricaturant : “On vous a dotés d’un pouvoir médiocre : celui de mettre en prison…/… Évitez d’abuser de ce pouvoir.” Il s’attaque ensuite à l'essence même du métier en affirmant, selon le refrain fallacieux, que “si la répression était efficace, il y a longtemps qu’elle aurait réussi.”
S’il fait le constat malheureusement pertinent “qu’on rend la justice impunément”, il en tire la conclusion qu'il ne faut “pas en abuser”, c'est à dire inverse de celle qui s'impose : les juges ne sont jamais jugés, ce qui est un pur scandale. Puisque les juges sont au dessus des lois, on n'est guère étonné qu'il incite à s’en affranchir, exhortant à “ne pas en faire un usage exagéré” et à “mépriser généralement les coutumes, les circulaires, les décrets et la jurisprudence.”
Dès lors, tout devient simple, autant qu'effrayant : “la loi s’interprète. Elle dira ce que vous voulez qu’elle dise.”

Dans la seconde partie du document, l’auteur semble durant un court instant revenir à la raison en s’écriant “Ne soyez pas victime de vos préjugés de classe, religieux, politiques ou moraux.”
Mais juste après il préconise de faire l’inverse en se fondant systématiquement sur l’a priori : “surtout ne pas appliquer extensivement les lois répressives et restrictivement les lois libérales. Agissez tout au contraire.”
Il enfonce le clou de la présomption d’innocence à géométrie variable, mère de la culture de l'excuse : “Ne croyez pas qu’un homme soit coupable d’être ce qu’il est, ni qu’il ne dépende que de lui d’être autrement. Autrement dit, ne le jugez pas. Ne condamnez pas l’alcoolique. L’alcoolisme, que la médecine ne sait pas guérir, n’est pas une excuse légale mais c’est une circonstance atténuante.”
A la fin, il ne s'embarrasse plus d’aucun scrupule, ni d’aucun souci d’équité se délestant d’une tirade hallucinante : “Soyez partiaux ! Pour maintenir la balance entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, qui ne pèsent pas d’un même poids, il faut que vous la fassiez un peu pencher d’un côté. Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, pour l’enfant contre le père, pour le débiteur contre le créancier, pour l’ouvrier contre le patron, pour l’écrasé contre la compagnie d’assurance de l’écraseur, pour le malade contre la sécurité sociale, pour le voleur contre la police, pour le plaideur contre la justice.”

Tout est donc dit explicitement. On mesure l’impact maléfique d’un tel texte quand on sait qu’il est devenu un des piliers dogmatiques du Syndicat de la Magistrature créé en 1968, représentant bon an mal an un bon tiers des magistrats et sans doute un peu plus encore de sympathisants, jusqu'au sein même du gouvernement. On pourrait sans être trop excessif, le qualifier d'ignominie, tant il va à l'encontre des principes cardinaux de la justice. C'est une vraie perversion du métier, à laquelle il semble impossible de s'opposer tant le pouvoir judiciaire échappe à toute évaluation objective. Le garde des sceaux de l'époque Jean Lecanuet tenta sans succès d'enrayer cette machine infernale idéologique en saisissant le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), au motif du manquement au devoir de réserve. Ce dernier proposa au ministre d’infliger une réprimande à l’auteur, mais face à la collusion de plusieurs syndicats, aucune sanction ne fut prononcée. Depuis, personne n'ose plus s’indigner contre ce tonneau d'immondices. On comprend à sa lecture comment la justice est rendue dans notre pays et comment nous en sommes arrivés à la défaillance quasi généralisée d’une autorité essentielle, mettant en péril désormais la sécurité des citoyens, détruisant la confiance et minant les fondements du fameux état de droit, c’est-à-dire de la république…

Illustration : Trois juges par Honoré Daumier

05 juin 2025

Fumerolles Cannoises

Après quelques turbulences médiatiques, le volcan du cinéma s'est assoupi.
Hélas la montagne a accouché d’une souris.
Il ne reste du miteux jaillissement qu’un champ de ruines au sein duquel les fumerolles témoignent surtout d'un passé héroïque, en voie d'extinction.
A Cannes, le festival n'est plus là que pour le fun. Pour l'auto-célébration d'un petit monde tournant autour d'une gloriole illusoire. Le culte du nombril y est porté aux nues jusqu'à l'extase.

Le spectacle, fort médiocre, n’est plus sur l’écran mais sur un tapis rouge défraîchi par des années d'inanité, et sur les plateaux télévisés complaisants remplis de flagorneurs aussi zélés que peu inspirés. On a donc pu y contempler l’évaporée Juliette Binoche, ornée d'un voile marmoréen qu'elle voulait sans doute suggestif de quelque cause politique, mais dont le caractère grotesque évoquait surtout une vestale de plâtre ou bien Sainte Nitouche en personne. On y a vu Laurent Lafitte, embourgeoisé par une moustache de chef de rayon suranné, débitant laborieusement une tirade pompeusement qualifiée de “sacrificielle”. Il ne s’agissait en réalité que d’aligner, avec la plate empathie qui convient, les poncifs évoquant climat, équité, féminisme, LGBTQIA +, migrants, racisme, autant de mots s’empressa-t-il de préciser, “qui ne sont plus seulement des sujets de films, mais également interdits par l’administration de la première puissance mondiale”. Belle envolée, d’une ineffable médiocrité, qui eut inspiré Bouvard et Pécuchet !
On y entendit Robert de Niro, vieillard cacochyme achevant une carrière adulée mais réduite à l’état de vestige, dans le rôle douteux d'un papy gâteux confit dans une aigre saumure revancharde contre une démocratie à laquelle il ne comprend plus rien. On dut se farcir également les vaines élucubrations du sinistre Mathieu Kassovitz, illustration parfaite du beauf gauchisant d'autant plus sermonneur qu'il sent le sol gluant de son idéologie nauséabonde se dérober sous lui…

Après toutes ces simagrées, le palmarès est passé par profits et pertes. Que reste-t-il de ce show clinquant mais creux ? Aucun titre de film n'émerge en définitive, hormis Mission Impossible, the Final Reckoning, précisément hors compétition… On ne retiendra en somme, que la prestation de Tom Cruise. Seul, terriblement seul dans son genre, il fut à la hauteur avec élégance et distinction et parla de cinéma, rien que de cinéma…

28 mai 2025

Deep Deep Fake

Le mensonge en politique est une vieille histoire.
On pourrait dire, sans être trop caricatural, qu'il est consubstantiel aux jeux de pouvoir. Qu'on ne nous la fasse donc pas avec le nouvel anglicisme des fake news, et qu'on ne tente surtout pas de nous faire croire que l'Etat, ses agences et ses hautes autorités, Presse, médias et experts accrédités, seraient devenus tout à coup capables de distinguer, en lieu et place du bon peuple, le vrai du faux.
Le fact checking est un leurre. Nous citoyens, n'avons pas besoin qu'on nous indique ce qu'il faut croire, juste qu'on nous laisse en juger par nous-mêmes en nous donnant l’accès le plus libre à toutes les informations.
Le cas Biden vient d'en administrer une preuve cinglante. Avec la sortie du livre-enquête sobrement intitulé Original Sin, il y a le feu au lac.
Il y est révélé que l'ancien président américain était atteint de sénilité avant même son élection, en 2020, et que personne l’ayant approché ne pouvait l'ignorer. Il était donc dans l'incapacité notoire d'exercer la fonction, et cela a été caché !
On pourrait arguer que cela relevait de l'évidence et qu'il fallait être aveugle ou bien ne pas vouloir voir pour être dupe. A moins d'être stupidement partisan bien sûr comme nombre de médias et de stars “engagées” du showbiz… Mais comment expliquer que le seul fait d’évoquer le problème vous faisait passer pour un complotiste ? Comment justifier la collusion incroyable de tant de médias, et de tant de gens informés, unis dans un mutisme d'autant plus coupable qu'il s'accompagnait de la négation de la réalité ?
On apprend par la même occasion que l'ancien président démocrate est atteint d'un cancer de la prostate avec des métastases. Autant dire que le diagnostic ne date pas d'hier...
Autant dire également que l'élection présidentielle fut biaisée si ce n'est truquée. Avec le contexte du Covid et les soupçons pesant sur la régularité des votes par correspondance, ça commence à faire beaucoup… Donald Trump, qui est si régulièrement qualifié de menteur par les bien pensants, n'avait donc pas vraiment tort d'affirmer que l'élection lui avait été volée !

L’occultation de la réalité n’est pas un procédé nouveau. Il fut utilisé pour masquer l'incapacité de Roosevelt.
En France, nous n'avons pas de leçon à donner. On se souvient comment on a caché la maladie du président Pompidou. On se rappelle comment François Mitterrand, après avoir promis une transparence totale, avait falsifié ses bulletins de santé dès 1981 et comment les médias réunis avaient pudiquement passé sous silence toutes les turpitudes du vieux politicard. Plus récemment, on fit de même pour minimiser les conséquences de l'accident vasculaire cérébral dont fut victime Jacques Chirac…

Il n’est pas besoin d’être complotiste pour voir le mensonge partout. Par omission, par dénégation, ou bien par affirmation. On connaît l’adage qui dit que plus c’est gros, plus ça passe… Il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir.
L’Etat français s’est gravement compromis par le passé lors des scandales étouffés du sang contaminé, de l’hormone de croissance, du nuage de Tchernobyl et plus récemment du COVID-19. Aujourd’hui encore on continue officiellement de vanter l’efficacité du vaccin. Mais qu’est-ce donc qu’un vaccin qui n’évite pas d’être porteur du virus et de le transmettre, n’empêche pas les symptômes de la maladie, et qui tout au plus limiterait le risque de formes graves, sachant que le virus a perdu naturellement quasi toute virulence ?

Lorsque surgissent des conflits, les mensonges redoublent d’intensité. On pourrait dire beaucoup sur les affabulations et les assimilations simplistes mais partisanes faites au sujet des conflits opposant Israël au Hamas et la Russie à l’Ukraine.
On pourrait s’interroger sur l'annulation de la récente élection présidentielle en Roumanie sur la foi de l’affirmation “officielle”, non démontrée à ce jour, selon laquelle il y aurait eu des ingérences étrangères.
En France, il y a beaucoup à dire sur la mystification du “barrage républicain” permettant de frapper d’ostracisme un parti et ses électeurs depuis des décennies, faussant gravement le jeu démocratique, jusqu’au résultat lamentable que l’on connaît, d’un pays à la dérive, livré aux factions et ingouvernable.

Il faudra encore attendre un certain temps pour juger des effets annoncés comme dévastateurs du réchauffement climatique, mais dès à présent on peut mesurer les erreurs commises au nom d’un principe de précaution à sens unique, qui entre autres fadaises, a conduit à fermer des réacteurs nucléaires et rouvrir des centrales à gaz et à charbon…
Saura-t-on un jour la cause exacte de l’incroyable incendie de la cathédrale Notre-Dame, et de l’explosion en 2001 de l’usine AZF ? Il y a tout lieu d’en douter…

25 avril 2025

Tristes Pâques

Qu’un pape trépasse le lendemain du jour de Pâques, on pourrait y voir une coïncidence troublante, si ce n’est un symbole. Mais comme l’interprétation des symboles ne change pas le cours des choses, autant faire des supputations sur le sexe des anges…
Toujours est-il que l’évènement a beaucoup agité les médias cette semaine, les commentaires ont fusé de toutes parts, sans produire pour autant la moindre révélation. Derrière les foules confites en dévotion, ce sont les non croyants qui ont salué avec le plus de vigueur et d’admiration le pape défunt. C’était déjà le cas de son vivant…
Plusieurs articles de ce blog ayant déjà été consacrés au Pape François lorsqu’il était en fonction (15/12/13, 18/12/20, 25/09/23), il ne reste plus qu’à souhaiter paix à son âme.

Ce qui reste plus terre à terre si l’on peut dire en cette période de fête, et qui n’incite guère à se réjouir, c’est l’état de la France. Toujours incapable d’avancer tant elle est empêtrée dans les grands principes, elle est encore une fois ramenée à son passé avec l’interminable et sordide feuilleton Betharram. Il ne sortira rien de ce cold case datant de plus de 30 ans, mais c’est l’occasion pour certains de flétrir une fois encore la religion catholique et derrière elle l’enseignement privé.
Le premier ministre est bien embarrassé par cette affaire dans laquelle certains l’accusent d’être juge et partie.
Avec ou sans ces soucis, son gouvernement patine dans la semoule. La situation budgétaire du pays est telle que la Cour des Comptes a menacé de ne plus certifier ceux de l’Etat ! Incapable d’imaginer la moindre action de redressement, ce dernier cherche désespérément de nouvelles ressources.
Puisqu’il est difficile d’annoncer de nouvelles hausses d’impôts, la chasse aux niches fiscales est ouverte (ce qui revient au même). Il y en a pour tout le monde, car on n’en dénombre pas moins de 474 ! Pour l'heure, ce sont les retraités qui sont visés par l’éventuelle suppression de l’abattement forfaitaire de 10%.
Dans ce contexte, le Président de la République et son obscur ministre de l’Economie demandent aux entreprises, tentées de fuir l’enfer fiscal qui s’acharne sur elles, de faire preuve de patriotisme. La belle affaire !
En réponse, quelques grands patrons ruent dans les brancards. Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH déplore une Europe qui “n'est pas dirigée par un pouvoir politique mais par un pouvoir bureaucratique”. Il avertit qu’il ne peut investir davantage en France vu le poids des réglementations et la fiscalité confiscatoire. Se faisant un brin provocateur, il réclame l’instauration d’une zone de libre échange entre les Etats-Unis et le vieux continent. Il est soutenu dans cette initiative par le président du MEDEF Patrick Martin.
Le PDG de Michelin Florent Menegaux de son côté, déplore “qu’on tue économiquement la France en imposant des taxes beaucoup plus élevées que dans d'autres pays”. Face aux menaces de représailles dirigées contre les Etats-Unis, consistant à se livrer à l’escalade des droits de douane, il annonce tout en sous-entendus, qu’il sera “très délicat de comprendre quelles seront les conséquences”.
Le patron du groupe Safran, spécialisé dans l’aéronautique militaire, Olivier Andriès, furieux contre les contraintes et attaques en tous genres commises au nom de la défense de l’environnement, déclare qu’ il n’est plus question d’investir en France dans des villes gérées par une majorité écologiste ».
On apprenait tout récemment enfin que le groupe ArcelorMittal, confronté au manque de compétitivité de l’acier européen, s’apprêtait à supprimer plus de 600 emplois en France.

Madame Pannier-Runacher, calamiteuse ministre de la Transition écologique, toujours aussi idéologue de la pire espèce, a jugé bon de fustiger les "responsables d'entreprises qui s'alignent sur des positions qui sont, on le sait très bien, contre l'Europe et contre la France". Devant tant d’incompréhension et si peu de sens des réalités, on peut craindre le pire…

Et pendant ce temps, c’est encore et toujours la guerre, en Ukraine et au Proche Orient. Hélas, les vœux pieux du Pape sont restés sans écho…

11 avril 2025

Lettre ouverte aux maires de France : réponse de M. Lisnard

Avec un peu de retard, voici la réponse apportée par M. David Lisnard, en date du 25 janvier 2025, à une lettre ouverte publiée sur ce blog en novembre 2024.

Dont acte, même si elle ne répond pas hélas à toutes les interrogations. Le président de l'Association des Maires de France ne peut évidemment porter la responsabilité de tout ce qui ne va pas dans l'ensemble des communes de France. Cannes, dont M. Lisnard est maire, est loin de mériter le bonnet d'âne s'agissant de sa gestion. En matière de fiscalité, il faut souligner la diminution récente de la taxe foncière, et l'absence - sauf erreur - de surtaxe sur celle qui frappe les résidences secondaires. C'est suffisamment rare pour être mentionné.








26 février 2025

Le drapeau noir flotte sur la marmite

Notre pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans le marasme. Marasme à tous les étages : politique, décisionnel, juridictionnel, idéologique. En lieu et place du fameux bouillon de culture qui infusait autrefois (il y a bien longtemps...), il ne reste qu’une infâme marmite, dans laquelle il n’y a plus ni jus ni effervescence. Juste la pression croissante de gaz nauséabonds à l’effet asphyxiant.

On sait depuis belle lurette qu’en France la liberté d’entreprendre est très contrainte par une bureaucratie prolifique et une fiscalité décourageante. Le droit de s'exprimer est quant à lui sévèrement réglementé par des lois iniques interdisant tout propos supposé heurter la doxa régnante. Des commissaires tatillons peuplent une myriade de petits soviets à la solde du gouvernement. Ils calculent à la seconde près le temps de parole de chacun, évaluant leur teneur politique à l'aune du credo bien pensant officiel, et infligent des amendes exorbitantes aux contrevenants.
Aujourd’hui, on a franchi un nouveau cap.
Désormais, la chape s'abat sur les médias libres.

Cette semaine sera marquée par la fermeture arbitraire de deux chaînes de télévision privées, C8 et NRJ12. Les deux étaient florissantes en matière de popularité. Elles offraient à ceux qui le souhaitaient des émissions variées, mêlant divertissement, réflexion, culture, documentation, vie animale… C8 était même parmi les chaînes de la TNT, celle qui avait le plus d’audience, ne coûtant rien au contribuable.
Dans quel régime sommes-nous donc pour en arriver à de telles extrémités ?

La décision est inepte, injuste, abracadabrante, mais le pire est qu’elle passe sans rébellion ou quasi.
Le Conseil d’Etat a validé l'oukase émis par l’ARCOM. Le Chef de l’Etat n’a pas bougé un sourcil, plaidant de manière hypocrite l'indépendance de l’ARCOM, mise en place par ses soins. Alors que la menace d’une démission aurait dû s'imposer pour éviter une telle crapulerie partisane, aucun des ministres n’a bronché, pas même celle de la culture. Ils se sont bornés, comme Tartuffe, à déplorer avec des larmes de crocodile le fait accompli. Hormis quelques exceptions notables, on n'entend rien du côté des journalistes prétendument attachés à la liberté et à l’indépendance des médias, et pas davantage venant des associations clamant la défense des droits de l’homme et la liberté d’opinion.

Le 1er Mars 2025, lorsque apparaîtront les deux trous noirs au sein du paysage audio-visuel français, ce sera un jour de honte pour le pays, et d’indignité pour tous ceux qui se seront tus devant l’infâmie. Honneur au vice-président américain Vance, qui alerta notre vieux continent sur la faillite en cours de la liberté d’information et d’expression sur notre vieux continent.
Mais est-il déjà trop tard pour s’opposer au règne débilitant de la censure ?

10 décembre 2024

Grandeur et Déclin

Le samedi 7 décembre 2024 a donc vu la cathédrale Notre Dame de Paris renaître en majesté de ses cendres. Paradoxe étonnant, elle réapparaît plus jeune et belle que jamais, quelques jours avant les festivités entourant la célébration de la naissance du Christ, après avoir été mortellement touchée par un gigantesque incendie le 16 avril 2019, au début de la Semaine Sainte précédant Pâques.
La symbolique est forte dans ce monde contemporain rongé par le doute, l’incertitude et le déclin du christianisme.
Il faut en la circonstance saluer cette magnifique restauration due aux efforts de centaines d’entreprises, au talent d’artisans inspirés et remercier les milliers de donateurs privés. Tout n’est donc pas perdu en ce bas monde occidental matérialiste et futile ! Pas moins de 340.000 donateurs de 150 pays ont apporté, tels de modernes rois mages, la somme pharaonique de 846 millions d’euros.

Cette résurrection quasi miraculeuse ne doit pas faire oublier qu’il y a cinq ans l’édifice pluricentenaire était presque totalement détruit par un sinistre qui n’aurait jamais dû se produire et dont on ignore toujours la cause. Faute d’enquête sérieuse, on ne saura jamais ce qui s’est passé, ce qui ouvre la porte à toutes les spéculations. La plus évidente est l’incroyable négligence des Pouvoirs Publics responsables des travaux de rénovation qui étaient en cours en 2019. A l’époque où le principe de précaution est omniprésent et où les citoyens sont harcelés de contraintes ubuesques imposées en son nom, comment imaginer qu’un chantier aussi sensible fut laissé sans plus de surveillance et d’alarmes ?
L’Etat, en la personne du Président de la République s’est-il senti un tant soit peu responsable de ce drame ? Nullement. Au contraire, après avoir ordonné la reconstruction, ce qui était bien la moindre des choses, il s’en attribue sans vergogne le mérite.
M. Macron, dont le mandat est en perdition, a saisi l’occasion, pour s’offrir un bref moment d’euphorie. On ne retiendra pas grand-chose de cet intermède politique sinon son discours boursouflé, déclamé sur un ton emphatique, au sein même de la cathédrale.
Certains polémiquent sur les habits bariolés du clergé officiant pour la circonstance, mais quelle importance ? D’autres ont eu les oreilles écorchées par les improvisations tapageuses des organistes qui se sont succédé aux claviers. Il est vrai qu’on aurait aimé entendre quelque chose de plus harmonieux. On attendait évidemment Bach, notamment la magistrale, grandiose, insurpassable Toccata et fugue BWV 565. Elle eut été à la hauteur de l’évènement sans nul doute…

Parmi le beau monde accouru pour cette cérémonie, on retiendra la présence de Donald Trump. Le Président élu a fait le voyage, démentant les accusations de ses détracteurs qui cherchaient à faire croire qu’il était indifférent au sort de l’Europe et donc à celui de la France. Il fut omniprésent durant ce weekend sans pour autant se répandre en déclarations. Qu’on le veuille ou non, sa stature imposante et son parler puissant symbolisent la suprématie éclatante des États-Unis, dont on a si souvent annoncé l’inéluctable décadence. C’est une lueur d’espoir en cette fin d’année. Le cher homme est attendu sur tant de sujets qu’il pourrait presque faire figure de messie. Il ne fera pas de miracle, mais fasse le ciel qu’il apporte enfin du bon sens à ce monde égaré (qui devient un peu fou selon ses propres mots)...

25 novembre 2024

Deuxième Lettre Ouverte aux Maires de France

Les maires se plaignent. Ils disent
rencontrer des difficultés croissantes pour assurer leur mission. On peut comprendre une bonne partie de leur malaise, notamment lorsqu’ils décrivent certaines “mesures prévues par le gouvernement pour réduire leur capacité d’agir”.
Quant à se ceindre d’une écharpe noire, synonyme de désespoir, on peut y voir un peu d’exagération.
Ils déplorent la baisse des ressources financières des communes depuis la suppression partielle de la taxe d’habitation. Pour autant, il est difficile d’occulter que les maires sont partie prenante de l’Etat. A ce titre, ils ont une responsabilité dans la faillite de ce dernier, dont les citoyens sont les spectateurs consternés. Ils ne sont pas exempts de responsabilité dans la dérive budgétaire à laquelle on assiste à tous les niveaux, malgré des records d'imposition et de prélèvements obligatoires.

Ainsi, on se pince devant la demande de rétablissement de la taxe d’habitation, dont on sait qu’elle ne fut qu’un allègement en trompe-l’œil de la pression fiscale globale. Son retour, sous un nom ou un autre, signifierait à coup sûr un nouveau coup de massue.
Il ne faut pas oublier que les contribuables qui possèdent une résidence dite secondaire, non seulement n’ont pas été exonérés de cette contribution, mais bien souvent assommés au contraire par une surtaxe punitive, totalement injustifiable autrement que par de très mauvaises raisons.
Il faut ajouter pour tous les propriétaires, l’alourdissement régulier et important de la taxe foncière, et l’augmentation annoncée de la fiscalité plombant les “frais de notaires” lors de toute mutation. Mentionnons également la multitude de nouveaux ukases légaux dispendieux qui tombent chaque année sur le dos des contribuables. Ainsi, après l’obligation de se soumettre à des diagnostics de plus en plus coûteux, dont l’irréaliste DPE, arrive le Projet de Plan Pluriannuel de Travaux (PPPT) qui frappe depuis 2024 les copropriétés. Issu de l’ubuesque loi Climat et Résilience, il donne la mesure de cette inflation légale aussi incompréhensible que difficilement tolérable.

A côté de la problématique financière, les contraintes administratives prolifèrent sans fin, et commencent à sérieusement dégrader la qualité de vie des citoyens au quotidien. Les maires portent souvent une large part de responsabilité dans cet accroissement sans fin des obligations et des interdits.
Pour les automobilistes, la circulation est devenue infernale dans nombre de communes. Ils sont rançonnés dans des proportions de plus en plus folles pour le moindre stationnement. La dernière trouvaille des “sulfateuses à PV” illustre de manière édifiante la traque acharnée des contrevenants à des règlementations devenues extravagantes. Résultat, les professionnels ne s’aventurent plus qu’à grand peine en centre ville et incluent souvent le coût de leurs contraventions dans leurs devis. Les commerces qui souffraient déjà de la concurrence des grandes surfaces et de l’internet, voient leurs derniers clients renoncer à venir leur rendre visite faute de pouvoir stationner leur véhicule. Sans parler des incessants obstacles à la circulation : rues barrées, réduites ou transformées, parkings supprimés, chicanes ineptes interrompant la circulation, et limitations généralisées de vitesse à 30 km/h, souvent impossibles à respecter.
Le logement est quant à lui en crise pour de multiples raisons, mais certaines relèvent des maires. La pénurie observée sur le marché immobilier est aggravée par les politiques absurdes de mixité sociale forcée, de blocage du prix des loyers, de protection excessive des locataires indésirables obligeant les bailleurs à exiger des garanties insensées. Ajoutons les PLU toujours plus exigeants, qui bloquent les constructions nouvelles au nom de la lutte contre “l’artificialisation des sols” ou de la protection de l’environnement, et qui empêchent de manière absurde la transformation de locaux professionnels désertés en habitations.
Dans tous les domaines, on assiste à la pléthore de réglementations de plus en plus contraignantes :
Les limitations croissantes de l'éclairage public nocturne, incompréhensibles à l’heure des dispositifs basse-consommation, et qui contribuent à rendre si tristes et si peu sûres les villes dès la tombée de la nuit.
Le recueil et le traitement de plus en plus complexe des ordures. Le tri devient un casse-tête dont on peut douter de l’efficacité, l’accès aux déchetteries est toujours plus contingenté, on déplore la rareté des collecteurs de déchets pour les gens de passage, et l’installation de composteurs dont l’utilité est des plus discutables, faute de pouvoir être entretenus convenablement.
Parallèlement, le laisser-aller en matière de gestion de la végétation sauvage, pour répondre à l’impératif écologique, conduit à la prolifération d’herbes folles dévastant peu à peu les trottoirs et transformant parfois l’espace public en friches anarchiques.
Il faut bien mentionner pour finir, la responsabilité écrasante de certains maires dans la montée irrépressible de la délinquance et du narcotrafic, en raison de leur réticence à installer des caméras de surveillance, à lutter contre la clochardisation des centres villes, à empêcher ou à remédier aux dégradations du bien public, à armer leur police municipale et à la doter de réels pouvoirs. C’est un problème majeur de société impliquant l’Etat dans toutes ses composantes, du haut de la pyramide jusqu’aux échelons locaux. Le moins qu’on puisse dire est qu’il y eut beaucoup de négligence voire de déni face à cette problématique.

Aujourd’hui, la situation est devenue préoccupante pour nos cités et pour le pays tout entier. Si l’on peut comprendre l’exaspération des maires, il faut espérer qu’ils s’organisent en véritable task force soucieuse d’efficacité, d’économie des deniers publics, et d’esprit pratique plus qu’en armada planificatrice dispendieuse réclamant des contribuables déjà pressurés, toujours plus de moyens...

Texte adressé au Président de l'Association des Maires de France, pour compléter un premier. (voir ici la réponse)

21 septembre 2024

Tristes cirques

Deux semaines qu’on attend la formation d’un hypothétique gouvernement. Dans l’arène politique devenue folle on s’écharpe, on s’étripe et on magouille. Dans la pseudo coalition de partis de lilliputiens aux commandes du vaisseau à la dérive, la répartition des maroquins s'apparente à une bataille de chiffonniers. Chacun pense à soi, et chacun, du haut de ses ergots de petite vertu, se croit autorisé à mépriser l’autre. On prétend vouloir respecter le message des Français et on fait tout le contraire au nom de principes républicains pervertis excluant du jeu un bon tiers de l'électorat.
Il est vrai que la volonté populaire n'a jamais été aussi confuse, chacun voulant tout et le contraire de tout…

Tout le monde sait que le résultat, si tant est qu'on y parvienne, sera un gouvernement bancal sans ligne directrice cohérente et sans changement significatif par rapport à celui qui l'a précédé, et évidemment sans avenir.
La seule chose qui paraît sûre, est que le poids des impôts va encore s'alourdir. En annonçant une meilleure "justice fiscale" et en promettant d'épargner les classes moyennes, on dit tout et on ne dit rien. Comme d'habitude, on assure au bon peuple que la seule charge reposera sur les autres, les "ultra-riches", les "nantis". Le refrain est connu. Mais comment faire dans un pays champion du monde des prélèvements obligatoires, où la redistribution des richesses est déjà massive, et où 70% de l'impôt sur le revenu est acquitté par à peine 10% des contribuables ?
Comment peut-on encore être naïf au point de croire ces mensonges éhontés derrière lesquels les politiciens tentent déjà de cacher leur incurie comptable à venir, leur incapacité à tenir un budget pour ne pas dire l’abandon des finances du pays à la gabegie ?

Les jeux du cirque sont également sur la voie publique où la violence et le vandalisme font rage en toute circonstance et en toute impunité. Par les temps qui courent, les refus d’obtempérer sont devenus une mode. Pas un jour sans qu'un représentant des forces de l'ordre ne manque de se faire occire par des voyous sans foi ni loi, aux casiers judiciaires "longs comme des bras”.
Sitôt pris, sitôt relâchés, sitôt récidivistes…
On est incapable d’endiguer la marée montante de la délinquance, de protéger le bien public des saccages commis par des hordes barbares. Après les grandes cités métropolitaines, c’est le tour des territoires d’Outremer. Mayotte, Nouvelle Calédonie, Martinique, où s’arrêtera le désastre ?
L’immigration hors de contrôle est la porte ouverte à la sauvagerie. On se gausse des fake-news de Donald Trump à propos des haïtiens mangeurs de chats mais ici on égorge les canards, on vole, on viole, on deale, on squatte en quasi totale impunité…

Pour distraire l’attention, on médiatise à outrance de croustillants autant qu’abjects faits divers. Mais ce n’est qu’un autre point de vue sur le délitement social généralisé. La petite ville de Mazan, dans le Vaucluse, est devenue le théâtre du spectacle peu ragoûtant de l’avilissement des mœurs. Tout le monde en parle, sans connaître l’histoire autrement que par la mousse gluante que la Presse disperse avec une jubilation malsaine. On voit ressortir de partout les plus vils instincts : amalgames en tous genres, affirmations et accusations péremptoires, grégarisme, voyeurisme, et une multitude de petits juges de moralité n’attendent pas le verdict de la justice pour faire un procès à sens unique, sans appel.

Le peuple s’habitue-t-il à ce jeu de massacre ? Peut-être, hélas…

* Illustration tirée du film de Frederico Fellini Les Clowns 1970

20 juin 2024

Dindons et Chapeaux à Plumes

La campagne électorale express suivant le coup de tonnerre de la dissolution de l’Assemblée Nationale, donne lieu à un édifiant spectacle. La panique qui saisit la classe politique dans son ensemble s’exprime par des contorsions, des revirements, des trahisons et des compromissions évoquant les pires moments de notre piètre république.
Dans le festival de faux semblants, de grandiloquentes déclarations et de fausses promesses, deux grands types de volatiles sont au devant de la scène : les Dindons de la farce et les Chapeaux à Plumes.

Dans la première catégorie, trône Raphaël Glucksmann.
Rarement on aura vu volte face plus soudaine.
Deux heures à peine après le verdict des urnes et l’annonce de la Dissolution, et après avoir affirmé la main sur le cœur qu’il ne transigerait pas avec Mélenchon et ses nervis, et qu’il ne trahirait pas ses électeurs, voilà qu’en son nom, ses amis signent un accord pour un nouveau Front, autoproclamé populaire, racolant sans vergogne tout ce que la gauche a de plus nauséabond. Le lendemain il avalise en personne l’alliance de la honte et se fait ainsi voler avec le sourire son beau panache zéropéen, blanc immaculé, par les gnomes socialistes qui couraient à ses basques, rejoints par leurs copains ultras. Il est devenu le porte-coton du petit roi Mélenchon qui exerce son magistère insane en propageant la haine, l'intolérance et la violence ! Quelle descente pour ce dadais si moral, fils-de, transformé en l’espace d’un jour, en idiot utile.
Le plus grave est qu’il y ait encore des bonnes âmes, sans doute les vrais dindons, pour croire en la vertu de ces gens. Elle est tombée si bas qu'il faut désormais aller la chercher dans les égouts…

Il y a d’autres dindons, mais ils feraient presque pâle figure à côté. Eric Zemmour par exemple, qui se retrouve gros-jean comme devant après le rapprochement de Marion Maréchal et ses lieutenants, du Rassemblement National, plaidant en la circonstance l’union des droites. Il n’y a que lui pour être vraiment surpris. A contrario de Glucksmann, Zemmour n’est pas la victime consentante d’une machination mais de son propre acharnement et de ses maladresses. Par son intransigeance, il a cassé tout seul le parti qu’il était parvenu à mettre sur pied, le tout en un temps record !
On aura également une pensée émue pour Gabriel Attal, Premier Ministre depuis moins de 6 mois, totalement pris au dépourvu par le coup de tête du chef de l’Etat, et qui se trouve brutalement claquemuré dans une impasse. Avec son sourire d’archange, il erre entre deux eaux, dans l’incapacité de désavouer son chef et tout aussi incapable de proposer une alternative crédible. Hormis son rôle très bien tenu de porte-parole du gouvernement, sa carrière ministérielle tient du météore…

De l’autre côté, il y a les Chapeaux à Plumes, c’est-à-dire les caciques des vieux partis politiques, ou plutôt les survivants accrochés aux vestiges de ces formations dont ils sont d’ailleurs les principaux fossoyeurs. Plus ils s’enfoncent dans l’impopularité, l’échec et le rejet, plus ils se dressent sur leurs ergots pour tenter de dire qu’ils existent encore. Cramponnés à de vieilles lunes idéologiques, ils n'ont vraiment plus grand chose à dire ni à proposer pour rester dans le jeu.
Ce sont avant tout les barons miteux du parti Les Républicains, ersatz racorni des UDR, RPR, UDF et autres MPR. Forts de leurs dérisoires 7% aux Européennes, ils trouvent le moyen de se recroqueviller en un dernier carré, drapés dans les lambeaux du vieux manteau gaullien. Vu leurs médiocres faits d’armes passés, ils auraient tout intérêt à faire preuve enfin d'un peu de pragmatisme, mais ils préfèrent s'arc-bouter sur leurs idées fixes et mourir d’inanition dans le piège à c… de Mitterrand dans lequel ils ont sauté à pieds joints il y a déjà quelque décennies.

Passons enfin sur les rabroués, les relégués et les losers d’autrefois, qui cherchent à exploiter la divine surprise pour ramener leur fraise inopportune, certains pour le seul plaisir de retrouver les feux de la rampe, d’autres caressant encore et toujours l’espoir fou d’un retour en grâce. Tel est le rêve d'un de ceux-ci, qui fut, paraît-il, président de la république...

Devant cette sinistre parade, on ne peut s’empêcher de penser que le pire est peut-être à venir. On a beau retourner le problème en tous sens, aucun scénario post-électoral n'ouvre en effet de perspective rassurante pour notre pays, qui semble avoir perdu la raison. Il y a donc de quoi être un peu inquiet !

Illustrations : dindons et carnaval de Binche en Belgique