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24 janvier 2026

Grateful Memories

Il est bien loin le temps (de 1965 à 1995) où le groupe Grateful Dead enchantait les scènes musicales américaines et internationales et faisait les beaux jours du Flower Power, mâtiné de parfums beatniks et hippies. En France, il n’était pas au top des hit parades mais il pouvait compter sur le soutien sans faille de ses aficionados, les Deadheads comme on les appelait.
Aucune autre formation ne déployait autant de charisme, porté en grande partie par le leader Jerry Garcia, à la silhouette barbue et joviale de Santa Claus, débordant de gentillesse et de générosité.
Auteur, compositeur, chanteur et guitariste, il avait tous les talents et son aura rayonnait sur toute la West Coast et bien au-delà. Au gré de mélodies accrocheuses, un tantinet planantes, ses riffs étincelants flirtaient avec le wah wah, le blues, le folk et le rock & roll et plongeaient les auditoires dans une sorte d’envoûtement collectif, fait de joie et de bien-être proche de la béatitude. Une vraie magie ! Jerry incarnait mieux que quiconque l’esprit de son époque, débridée, ivre de liberté. Autour de lui, ses compagnons, en parfaite cohésion, ne déméritaient nullement. Parmi les membres fondateurs, Phil Lesh tenait la basse avec une dextérité savante, Bob Weir, chanteur également, fournissait une superbe ligne rythmique à la guitare tandis que le beat était assuré par Bill Kreutzmann auquel fut associé le percussionniste Mickey Hart. Par la suite sont venus se greffer pas mal de musiciens de talent, dont Brent Mydland, particulièrement déchaîné aux claviers.


Hélas, ces trips incessants n’allaient pas sans certains excès et la troupe s’est peu à peu dépeuplée au fil des accidents de parcours et des maladies. Mydland mourut d’overdose à 37 ans, en 1990. Garcia succomba à son diabète en 1995 alors qu’il venait d’en avoir 53. Le choc fut terrible et il fallut plusieurs années pour que la troupe reprenne le chemin des concerts. L’ère n’était plus à la création et à la fantaisie, mais grâce à l’apport revigorant de John Mayer, à la place de Jerry, on revit durant plusieurs années sur scène les rescapés de l’aventure, rebaptisés Dead & Company.
En 2024 Phil Lesh, devenu octogénaire malgré beaucoup de soucis de santé, passait l’arme à gauche, et le 10 janvier de cette année c’était le tour de Bob Weir, le brillant cadet devenu patriarche, qui venait d’entamer sa soixante-dix-neuvième année. Il ne reste donc plus que les batteurs…
Le coup est fatal. L’épopée s’achève. Une flopée de souvenirs extatiques remontent tout à coup dans la mémoire embuée de nostalgie…


09 août 2010

Jerry Day


Déjà quinze ans que l'ineffable Jerry Garcia (1942-1995) est parti sur la grande route ! Nombre d'aficionados continueront longtemps à se sentir orphelins de ce bon papa du rock and roll, qui savait si bien "faire des miracles comme on fait des chansons" (pour reprendre une belle expression d'Alain Gerber).
Là bas, en Californie, où avaient blanchi prématurément sa tignasse de hippie et sa barbe de philosophe, certains auraient rampé sur le ventre pour assister à l'une de ses séances de sortilèges. Lui, en dépit d'une tendance à l'embonpoint, n'avait rien d'une star boursouflée. C'était un gars tout ce qu'il y a de simple et d'aimable, un genre de plouc génial, dévoué corps et âme à la musique.
Let It Rock. Grâce à Dieu sans doute, des bandes, semble-t-il récemment exhumées par la famille, redonnent un peu le goût de ces enchantements, par le truchement d'un concert enregistré en 1975. Le père du Grateful Dead, était juste entouré de quelques musiciens avec lesquels il tournait, en marge du vaisseau amiral. On trouve le subtil pianiste Nicky Hopkins trop tôt disparu, et un duo rythmique associant John Kahn à la basse et Ron Tutt à la batterie.
C'est une magnifique occasion de se remettre dans l'oreille les moelleux soli à la guitare du Pape des DeadHeads, et son chant si doucement écorché; cette musique qui sait si bien susciter des rêves de soirées d'été ensoleillées, et envahir l'esprit songeur de douce sensualité, et d'un brin de mélancolie...
On peut dire qu'on en a pour son argent. Pas un morceau de moins de 5 minutes (et encore, c'est un solo de piano), le sommet étant une reprise du grand classique stonien Let's Spend A Night Together qui étire sur plus de 18 minutes ses chaudes et envoûtantes digressions. Parmi les trésors sortis de l'obscurité, on trouve évidemment quelques perles bien rondes et suaves du tandem Garcia/Hunter, tirées du répertoire du Dead (Friend Of The Devil) ou bien de la carrière solo de Jerry (Sugaree, They Love Each Other), mais aussi plein d'autres choses passionnantes (Let It Rock de Chuck Berry, ou le sublime I'll Take A Melody, d'Allen Toussaint...). La prise de son est comme toujours soignée aux petits oignons et donne aujourd'hui encore très un beau résultat (HDCD s'il vous plait). Bref un bijou à posséder quand on est fan, et franchement, comment ne pas l'être ?
Depuis 8 ans, aux USA, on a pris l'habitude de commémorer la date anniversaire de sa naissance, le 1er août, qu'on appelle désormais Jerry Day. Quant au 9, c'est le jour de sa mort...