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08 juillet 2026

Very bad trip to socialism

Trois publications américaines récentes* évoquent l’inclination croissante des jeunes pour les idées socialistes.
Selon un sondage réalisé par le think tank Cato l'an dernier, plus d'un tiers des Américains de moins de 30 ans auraient une opinion favorable du « communisme » et près des deux tiers seraient plutôt favorables au socialisme.
Parmi les explications avancées, on suggère que la jeunesse serait “fatiguée par les inégalités sociales, la dette, le climat et l'incertitude quant à l'avenir technologique”. Il s'agirait en quelque sorte de “remettre en question les fondements moraux du capitalisme et de la démocratie américains sur de multiples plans”.
Si la rengaine n'est pas franchement nouvelle, “ce ne serait plus la ferveur révolutionnaire qui prévaut, mais la frustration économique, l'explosion des coûts de la santé, l'endettement étudiant abyssal, la flambée des prix de l'immobilier, la stagnation des salaires et les failles de l'économie des petits boulots [qui] rendent le socialisme plus séduisant que le capitalisme vénéré par les milliardaires”.

Ces revendications sont plus virulentes que le « peace and love » prôné par la génération hippie. Les auteurs citent plusieurs exemples tirés de l'actualité attestent d'une montée inquiétante de la violence:
“Luigi Mangione, accusé du meurtre d'un cadre du secteur de la santé à New York fin 2024, est devenu une figure emblématique pour de nombreux jeunes Américains, de gauche comme de droite – et pas seulement en raison de son physique”.
A contre courant des slogans véhiculés par la gauche, Charlie Kirk combattait la montée du socialisme en sillonnant les campus universitaires pour rallier les jeunes Américains autour du libre marché et d'un État minimal. Très populaire, Kirk a été lâchement assassiné par un adversaire politique transformé en meurtrier.
Un constat s’impose hélas : “Les membres de la génération Z sont bien plus enclins à approuver le recours à la violence pour régler les différends politiques que leurs aînés. Ils ont également beaucoup moins confiance en la démocratie”.

C'est peu dire qu'au plan politique, la radicalisation des esprits est en marche.
L'exemple le plus flagrant est celui de Zohran Mamdani, récemment élu maire de New York, qui fit d'innombrables promesses mirobolantes et appelle à « la saisie des moyens de production”.
Il est « populaire » à double titre. D'abord parce qu'il colporte un discours qui se veut novateur et captivant, quoique pétri de slogans éculés ou très superficiels. Il est populiste par ses incantations à la bonne vieille lutte des classes, sa prétention bruyante à la familiarité, au changement, et à la démagogie, annonçant la gratuité de nombre de services publics.

Pour les auteurs de ces articles, “sous l'apparence “populaire” se cache une idéologie dangereuse et qu'on l'appelle marxisme, socialisme ou communisme, le but est le même”, obéissant à la même logique infernale, qui causa le malheur de tant de peuples.
Au vu de l’état actuel de l’opinion, une question se fait jour, lancinante : d'où vient l'attrait pour cette idéologie mortifère, dont on croyait les Etats-Unis épargnés ?
“Les jeunes Américains ne sont ni pauvres, ni affamés, ni opprimés ; au contraire, en dépit de difficultés indéniables, ils sont extrêmement aisés, tant au regard des normes historiques qu'actuelles”.
Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer la reviviscence des idées marxistes. Le premier hélas est une ignorance de plus en plus profonde, voire un rejet, des enseignements du passé. Il n'est pas besoin d'être grand clerc pour percevoir au sein de la jeunesse une triple méconnaissance: historique, philosophique, économique.
A ceci s'ajoute la propension du jeune âge à la naïveté, à l’angélisme, à la crédulité. La générosité quant à elle est de plus en plus dévoyée, cherchant avant tout à confisquer les biens d'autrui pour les redistribuer autoritairement au nom d’une illusoire justice sociale.

Au terme de ces enquêtes, il apparaît que deux facteurs contribuent grandement à induire en erreur la jeunesse : “un enseignement révisionniste et une culpabilité inappropriée”.
“Le premier problème réside dans un enseignement de l'histoire superficiel et idéologiquement orienté. Chaque année, de nombreux lycées abordent à peine la Seconde Guerre mondiale. Puis, épuisés, les enseignants passent sous silence la Guerre froide, les crimes du communisme, les récits héroïques de la résistance et la vigilance des démocraties occidentales pour clore l'année scolaire avec leur version préférée de « l'actualité », comme le prétendu courage des éco-terroristes.
Parallèlement, les programmes scolaires, de l'école primaire au lycée, ont été idéologiquement remaniés. On apprend à percevoir toute l'histoire à travers le prisme néo-marxiste de l'oppresseur contre l'opprimé. L'histoire et la littérature américaines sont construites autour des notions de race, de genre et d'esclavage salarial. L'Amérique est coupable d'exploitation et de domination. Ensuite, le marxisme populaire perpétue un sentiment de culpabilité perverti. On leur a inculqué que leurs privilèges n'étaient pas le fruit du travail de leurs grands-parents et de leurs parents, mais plutôt volés aux plus démunis.”

Comble de l'ironie, "ces jeunes gens nourrissent simultanément des opinions anti-institutionnelles et un sentiment de droit acquis exorbitant. Ils appellent à une révolution contre les entreprises et les institutions gouvernementales, tout en exigeant un mode de vie de pays développé, subventionné. Ils veulent des aides sociales sans travailler, et la sécurité sans assumer de responsabilités. Après tout, l'égalité ne signifie-t-elle pas la gratuité des soins de santé, des études supérieures et des transports, ainsi qu'un revenu garanti ?"

Ces réflexions, qui concernent les Etats-Unis, restent tout aussi pertinentes, si ce n'est plus, lorsqu’on les applique à l'Europe, et plus particulièrement à la France…
Il serait temps de reprendre pied avec la réalité, sous peine d'évoluer vers un monde de plus en plus défaillant, plombé par la bureaucratie et l'adynamie de l'Etat Providence, et gangréné par les idées fausses et les chimères sociales comme le redoutait Schumpeter et que l'avait dépeint par avance Ayn Rand (1,2,3).

Cette vision très sombre pourrait être toutefois atténuée par une lueur d’optimisme : Selon USA Today, les Etats les plus progressistes (Californie, New York…) sont en train de perdre des habitants, plus attirés par ceux moins taxés et moins contraignants (Texas, Floride).
Si Mamdani, à l’image de Mélenchon, cristallise autour de lui et de ses Democratic Socialists of America (DSA), un électorat de plus en plus radical, leur bruyante ascension médiatique pourrait selon le Wall Street Journal, n’être qu’un trompe-l'œil éphémère. Car leurs succès électoraux, ont des relents antisémites et des remugles révolutionnaires qui contribuent à diviser la Parti Démocrate et à en ternir l’aura et la crédibilité. Au bout du compte et faute d’idées nouvelles, il pourrait bientôt être confronté à une débâcle. Certains allaient jusqu’à le déclarer mort en 2025…
Enfin dans le City Journal, on apprend que le gouverneur gauchisant de Californie Gavin Newsom est dans une sale passe, lourdement suspecté de corruption, d’abus de bien social, de détournement de financements publics, et même de dérive franduleuse du système électoral.

L’enquête s’achève d’ailleurs sur l’espoir d’un retour à la raison et au bon sens dans le pays de la Liberté :
“L'année 2026 étant à la fois une année électorale et le 250e anniversaire de la fondation de la nation américaine, le moment est venu d'exprimer notre gratitude pour les bienfaits dont nous bénéficions, de rétablir la vérité sur l'Histoire, de réaffirmer notre attachement aux principes fondateurs de liberté ordonnée et de dénoncer les mensonges du communisme et les leurres du socialisme”.

* Sources
Eagle Intelligence Reports (The socialist awakening of young America by James O’Shea),
Financial Times (why young america is trending socialist by Ewward Luce),
Victims of Communism Memorial Foundation (why 62% of young Americans are falling for ‘pop Marxism’ by Dr Eric Patterson)

04 juillet 2026

Independance Day

La Déclaration d’Indépendance est le texte fondateur de la nation américaine. Rédigé par Thomas Jefferson, il entérine l’émancipation définitive des colonies de leur tutelle britannique, et fut approuvé le 4 juillet 1776 par le Congrès, en pleine guerre d’indépendance (1775-1783).
Dans son préambule, l’auteur reprenait quasiment mot pour mot les grandes lignes du Deuxième Traité du gouvernement civil, publié dès 1690 par John Locke : « Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur ».

La guerre d’indépendance américaine débuta en avril 1775, lorsque les colonies du Royaume-Uni, excédées par le poids croissant des taxes que la métropole faisait peser sur elles, décidèrent de se soulever. Elles appelèrent rapidement la France à l’aide. Mais Paris ne débordait pas d’enthousiasme à l’idée de voler au secours de rebelles dont le combat paraissait quelque peu incertain. L’habileté diplomatique de Benjamin Franklin, venu en février 1776, défendre la cause de ses compatriotes à Paris, se révéla cependant très efficace. A côté de la noble motivation de venir en aide à des gens désireux de fonder une nouvelle société basée sur les idées propagées par les Lumières, l’envie d’en découdre une nouvelle fois avec l’ennemi héréditaire fut probablement pour beaucoup dans la décision d’entrer en guerre aux côtés des insurgents.
La France envoya secrètement dans un premier temps, au mois de Mai 1776, un soutien logistique, sous forme de navires chargés de matériels et d’armements. Le 6 février 1778, elle officialisa son engagement en signant un traité d’amitié et de commerce aux termes duquel elle reconnaissait les Etats-Unis d’Amérique et leur accordait des concessions commerciales.
En 1780 enfin, répondant aux exhortations répétées du bouillonnant Lafayette, la France finit par envoyer des troupes de l’autre côté de l’Atlantique. Au terme des quatre années précédentes, la situation y restait très confuse. Victoires et défaites alternaient pour chaque camp. Le beau succès des indépendantistes, qui terrassèrent en 1777 à Saratoga les troupes du général Burgoygne, n’avait pas changé fondamentalement le cours des choses, et il est probable que la pression anglaise eut fini par venir à bout de la rébellion sans un appui extérieur.
L’intervention française se révéla très efficace, et remarquablement menée grâce à des hommes d’exception. Lafayette, resté le plus légendaire, incarna l’enthousiasme, mais selon l’historien Jacques Bainville, son comportement révélait davantage « un esprit chimérique et avide de popularité » qu’un réel talent de stratège.
Le vrai héros français de notre contribution à l’indépendance américaine fut probablement le comte de Rochambeau. Cet officier, que toutes ses fibres rattachaient à l’Ancien Régime était un homme d’une rigueur et d’une hauteur de vues exceptionnelles. Il était dépeint par ses subordonnés comme possédant « une tête froide et bien organisée, une grande facilité pour mouvoir des troupes et les manœuvrer. » En 1780, lui échut, avec le grade de Lieutenant Général, le commandement d’une armée d’environ 7000 hommes, soit douze bataillons d’infanterie. Expédition Particulière fut le nom de code donné à cette aventure.

Les troupes françaises, constituées de soldats extrêmement bien entraînés et disciplinés, firent bien vite l’admiration des généraux américains, George Washington en tête. Il faut dire que les indépendantistes, en dépit de leur intrépidité et de leur détermination – on les surnommait minutemen, tant ils étaient prompts à entrer en action – étaient très inexpérimentés et manquaient beaucoup de cohésion.
Rochambeau eut l’intelligence et l’abnégation d’accepter de placer sous commandement américain l’ensemble des troupes françaises. Avant de prêter le concours de ses hommes à la première action militaire, il intervint avec tact et discernement pendant plusieurs mois, pour améliorer l’organisation des armées américaines et pour dissuader Washington d’agir trop vite ou trop imprudemment. Ensemble, et avec le soutien sur les mers de l’amiral de Grasse, ils finirent par piéger le 19 Octobre 1781 à Yorktown, les troupes du général britannique Cornwallis. Cette victoire, où 8000 anglais furent faits prisonniers, s’avéra décisive sur la suite des événements.
Après quelques mois de combats sporadiques, les négociations de paix débutèrent à Paris en 1782 pour s’achever par l’indépendance complète de la fédération en 1783.

La plupart des historiens s’accordent sur le caractère déterminant de l’aide française. Bien que limitée en hommes, grâce à son organisation irréprochable, et au soutien logistique massif à laquelle elle fut associée, elle fut l’appoint décisif qui permit de transformer certaines situations hasardeuses en succès. Lafayette et de Rochambeau, étaient entourés par une pléiade de brillants officiers qui comptent parmi les héros français de l'indépendance américaine. Notre marine était à l’honneur avec les amiraux de Grasse et d’Estaing. Mais un des premiers à s’être embarqué pour le Nouveau Monde fut le fougueux marquis breton de la Rouërie. Adoubé par George Washington sous le nom de “Colonel Armand”, il fut de presque toutes les batailles.
Ayant épousé la cause des chouans à son retour, il fut pourchassé par les “colonnes infernales” soi-disant républicaines. Il mourut sans être pris mais les barbares allèrent jusqu’à exhumer son cadavre pour le décapiter ! Comme elle le fit avec les savants, les poètes et les artistes, la France se montra particulièrement ingrate et féroce à l’égard de ces paladins des temps modernes. Si l'amiral de Grasse mourut juste avant la révolution française, l'amiral d'Estaing fut guillotiné, Rochambeau, condamné à mort également, à près de 70 ans, ne dut son salut qu'à la chute de Robespierre et Lafayette ne survécut qu'en s'exilant.

Ironie du sort, c’est à Louis XVI, le mal aimé, que nous devons l’heureuse politique qui contribua à faire des anciennes colonies britanniques les Etats-Unis d’Amérique, ce qui allait sceller une si belle amitié, nous valoir des retombées fort opportunes, et finalement changer profondément la face du monde…

07 mars 2026

La Liberté ou la mort 2

Ce qui se passe au Proche-Orient est d’une importance historique majeure. Près d’un demi-siècle après l'instauration de sa tyrannie, le pouvoir malfaisant des mollahs chancelle sous les assauts conjoints, massifs et ciblés des forces armées américaines et israéliennes.

Plus que jamais, pour le peuple iranien l’enjeu est simple, c’est la Liberté ou la mort. Dans ce contexte, une fois encore, Donald Trump fait ce qu’il a dit. Une fois encore, nombre de commentateurs de plateaux, plus ou moins avisés, en restent comme deux ronds de flan. Depuis des semaines, ils faisaient des plans sur la comète oiseux sur la stratégie du président américain. Qu’importe, ils inventent désormais toutes sortes de théories plus farfelues les unes que les autres pour tenter de révéler ce qui se passe dans la tête du bonhomme, lequel prend plaisir à les égarer avec ses déclarations aussi emphatiques que fluctuantes.

Un fait est sûr, l’Amérique et Israël sont bien seuls dans cette affaire. L’ONU est aux abonnés absents. Il en est de même des alliés soi-disant les plus fidèles, qui avaient juré d'être toujours aux côtés des combattants de la liberté.
La France est en dessous de tout. Emmanuel Macron, sans éprouver la moindre gêne, n’a pas eu un mot de félicitations ni d'encouragement, ni même d’espoir pour l’opération en cours. Il se borne à déclarer que “L’escalade en cours est dangereuse pour tous”, et “qu’elle doit cesser” au plus vite… Est-ce par crainte d’être vu comme complice si ce n’est associé, ou bien aveu de la perte d’influence de notre pays, il insiste sur le fait que la France n’a été “ni impliquée ni prévenue” !
Fidèle à la rhétorique visqueuse du “en même temps”, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, déclarait que la France "ne peut que se satisfaire de la mort de Khamenei", même si "ce n'est pas encadré par la loi"...
Il y a quelques semaines à peine le président français affirmait que les Vénézuéliens étaient "débarrassés de la dictature Maduro" et ne pouvaient "que se réjouir", tout en martelant qu’il "n’approuvait pas la méthode américaine" pour le renverser. Comprenne qui pourra…

Face aux agressions insensées du Hezbollah vis-à-vis d’Israël, Macron demande gentiment aux terroristes de cesser leurs tirs et appelle sans ménagement Benjamin Netanyahou à la désescalade, lui demandant instamment de “s’abstenir de toute intervention terrestre” au Liban, exigeant “un retour au cessez-le-feu”. Autant dire qu’il demande l’arrêt de l’intervention visant à éliminer le Hezbollah. Un peu fort de café de la part d’un chef d’Etat qui n’a rien fait pour aider ce pays à se débarrasser du fléau terroriste, en dépit de belles promesses, notamment lors de l’explosion du port de Beyrouth.

Dans le même temps, n'ayant sans doute rien de mieux à faire, Emmanuel Macron parade en Falcon, encadré par 4 rafales dans le ciel tranquille de Normandie. Il se décide à envoyer le porte-avion Charles de Gaulle qui stationnait en Suède, vers le théâtre des opérations moyen-oriental, où il arrivera “sous 8 jours”, sans doute après la bataille. Ce n’est évidemment pas trop grave s’il ne s’agit que de faire des ronds dans l’eau….

En Europe, décidément plus hors course que jamais, il y a plus grave. L'Espagne, par la voix de son premier ministre Pedro Sanchez, interdit carrément l’utilisation par les Etats-Unis des bases dont ils disposent en Andalousie. Cette décision, motivée par de sordides intérêts électoraux est une vraie trahison.
Dans ces circonstances, le Royaume Uni se montre à peine moins déloyal. Le Premier Ministre Keir Starmer autorise du bout des lèvres l’US Air Force à accéder à une base UK pour un objectif « spécifique et limité » de nature défensive.
Comment ne pas être consterné par ces réactions incompréhensibles ? Cette fois encore, force est de constater que ni la France, ni l’Europe ne sont au rendez-vous crucial de l’Histoire…

21 janvier 2026

Algarades et mascarades

C’est du pain béni pour les adversaires de l’Occident démocratique. Entre alliés soi-disant indéfectibles, voici qu’on s’interpelle, qu’on s’insulte, et qu’on en vient à proférer des menaces guerrières ! Tout ça pour la possession d’une terre glacée pour laquelle personne ne manifestait le moindre intérêt avant que Donald Trump n’en fasse un objectif prioritaire de sécurité pour son pays. C’était pour tout dire une terra incognita, dont les quelque 50.000 habitants, pêcheurs pour la plupart, étaient rattachés administrativement au Danemark, tutelle qu’ils n’apprécient guère, paraît-il. Les déclarations du président américain annonçant son intention d’y planter la bannière étoilée, ont mis le feu aux poudres si l’on peut dire.

Il ne s’agit pourtant pas de quelque chose de vraiment nouveau puisque ce territoire a été plusieurs fois convoité au cours des siècles par les Etats-Unis. Ces derniers ont d’ailleurs acheté pacifiquement nombre de terres, dont la gigantesque Louisiane, cédée par la France en 1802 et l’Alaska, vendue par la Russie en 1867.
Sans doute le ton quelque peu péremptoire de Trump a-t-il contribué à prendre les Européens à rebrousse-poil, qui tentent bon an mal an de faire front à ce qu’ils font mine de considérer comme une agression.
C’est un fait, le Groenland, par sa position (et peut-être par les effets du réchauffement climatique…) risque de susciter un intérêt stratégique croissant et d’attirer beaucoup de prédateurs. L’implantation pérenne de forces américaines constituerait à l’évidence un rempart crédible et hautement souhaitable pour l’Europe et le monde libre dont les USA évidemment. Cet objectif s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans celui imaginé par Immanuel Kant : « Si par bonheur un peuple puissant et éclairé en vient à former une république (qui par nature doit tendre vers la paix perpétuelle), alors celle-ci constituera le centre d’une association fédérale pour d’autres états, les invitant à se rallier à lui, afin d’assurer de la sorte l’état de liberté des Etats conforme à l’idée du droit des gens. »

Mais voilà, on sait trop bien comment la susceptibilité et les malentendus peuvent être sources de dissensions profondes dans les familles les plus unies.
La France, sous l’égide d’Emmanuel Macron a pris la tête d’une croisade anti-américaine. Rien de bien nouveau là non plus. Notre pays a toujours cultivé une hostilité tenace, teintée de rancune et de jalousie pour notre allié “historique”, comme l’a bien montré Jean-François Revel. Elle s’exacerbe à chaque élection d’un candidat du parti républicain et s’est littéralement déchaînée dès 2016 contre Donald Trump.
Faut-il ajouter qu’il est toujours plus facile de s’attaquer à des dangers imaginaires qu’à des menaces réelles. Macron qui pourrait faire figure de nouveau Don Quichotte, a montré qu’il était de cette espèce de matamores, tout en paroles, tout en contradictions et sans la moindre conviction. Face au Goliath MAGA (qu’il n’hésite pas à qualifier de brute), il voudrait incarner David mais ne peut opposer que ses ridicules coups de mentons, puisqu’il n’est plus maître chez lui. Hélas, même sur un porte-avions, avec ses malingres rouflaquettes et ses lunettes de soleil façon ray ban, il fait moins Top Gun que mauvais genre.
Pendant ce temps, son pays est gouverné à la petite semaine par des ministères inconsistants, des assemblées couardes et démagogues, et d’innombrables fonctionnaires aussi zélés que récalcitrants. Pendant que le monde bouge, évolue, tremble et que des peuples opprimés souffrent à deux pas de ses portes, la France continue de revendiquer une grandeur disparue, et s’enlise dans des principes surannés qu’elle n’a même plus la force de défendre…

05 avril 2025

Guerre commerciale

Le grand mot est lâché : Trump a déclaré la guerre commerciale !

L’annonce par le président américain de l’augmentation des droits de douane à l’entrée des Etats-Unis, s'apparente à un pari risqué pouvant mener à davantage de protectionnisme, dont on connaît les effets néfastes. On espère qu'elle a été mûrement réfléchie, mais pour l'heure, elle a manifestement été faite avec le but de choquer.
Le résultat ne s’est pas fait attendre.
On ne compte plus les réactions, les avis d’experts autorisés, les truismes en tous genres et surtout les bêtises qui ont fusé après cette décision, que Marc Fiorentino s'est fait plaisir à colliger dans son excellente Newsletter:
"C'est une remise en cause de l'ordre économique mondial !"
"On revient aux années 30 qui ont amené la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale !"
"Et évidemment tous les commentaires sur la stupidité, car il ne peut être que fou ou stupide,  avec laquelle Trump aurait calculé ses droits de douane."
"Et des brillants économistes nous expliquent avec certitude que ces droits de douane vont provoquer une flambée de l'inflation et mettre l'économie américaine à genoux."

En France bien sûr on est monté au créneau en hurlant au fou comme d’habitude. Coutumiers que nous sommes du déni de réalité, on feint de croire qu’il s’agit d’une déclaration de guerre alors que c’est nous qui avons entamé les hostilités, et ce, depuis de nombreuses années !
Combien de fois nous a-t-on expliqué qu’il fallait taxer et surtaxer les géants US de la tech, les fameux GAFAM, devenus plus récemment les 7 Magnifiques.
Mais bien avant cela, on avait procédé à quantité de mesures protectionnistes à l’encontre de l’Oncle Sam. Entre autres, on peut évoquer l’interdiction du bœuf et des volailles américaines, au motif foireux qu’ils seraient impropres à la consommation car bourrés d’hormones, d’antibiotiques ou passés au chlore. Dans le même esprit, on avait banni les céréales accusées d’être de dangereux OGM. En plus des taxes douanières, nous avons institué la fameuse TVA qui s’élève à 20% et frappe tous les produits à l’import alors que nos exportations en sont exonérées, notamment aux Etats-Unis où cette fiscalité n’existe pas. Les fiscalistes à l’imagination débordante avaient même imaginé le principe tordu d’une TVA sociale, supposée dégrever quelque peu nos entreprises au détriment de celles de l’étranger. N’oublions pas dans le domaine culturel le racket institutionnalisé ponctionnant les blockbusters made in US qui permet de subventionner notre “cinéma d’art et d’essai” et notre soi-disant exception culturelle …

C’est donc l’hôpital qui se moque de la charité lorsque notre président de la république, grand satrape du pays champion du monde des impôts, chef pitoyable d’une nation aspirée dans la spirale infernale des déficits et de la paupérisation, ose s’insurger contre la nouvelle fiscalité américaine. Il ne manque pas d’air en parlant d’une “mesure brutale, infondée”. Il fait figure d'histrion ridicule lorsqu’il promet une “riposte” et affirme qu’avec les récentes décisions trumpiennes, “une chose est sûre, l’économie américaine et les Américains, qu’il s’agisse des entreprises ou des citoyens, sortiront plus faibles qu’hier et plus pauvres.”
Il joue au despote d'opérette lorsqu'il enjoint les chefs d'entreprises françaises de cesser tout investissement aux Etats-Unis. On peut dire qu'il est brillamment secondé dans ses recommandations ubuesques, par son médiocre ministre de l'économie Eric Lombard qui leur ordonne de son côté de faire preuve de patriotisme !
Le président américain insiste quant à lui sur le fait qu’il s’agit de simples mesures de réciprocité. Chez nous, on serait bien avisé de parler d’harmonisation fiscale, mot si cher aux technocrates !

A l’instar de Shakespeare, on aurait tendance à dire que cette panique et ces hauts cris font beaucoup de bruit pour pas grand chose.
Certains ont déjà compris que l’heure était propice à l’ouverture de négociations et qu’il valait mieux être parmi les premiers à le faire, en acceptant quelques concessions.
L’intervention du Premier Ministre britannique Keir Starmer va dans ce sens, lorsqu’il invite à "garder son sang froid", à "ne pas envisager de représailles systématiques" et à discuter sans tarder avec l’Administration américaine.
La seule réaction vraiment sensée vient d’Italie, par la voix de Georgia Meloni affirmant en parlant des taxes douanières, "qu’il faut avoir l’objectif de les supprimer, non de les multiplier". Elle a dénoncé dans le même temps « les droits de douane que l’Union européenne s’est imposée à elle-même », et a appelé à une remise en cause des « règles idéologiques » du Pacte Vert.
La bataille de fait que commencer…

09 mars 2025

The Clash (2) : la panique

Les réactions outrées de nombre de commentateurs, suite au clash '’historique'’ opposant Donald Trump à Volodymyr Zelensky le 28 février dernier, posent véritablement question. Dans toute l’Europe, les belles âmes semblent prises de panique. Elles se mettent à courir en tous sens, se répandent en lamentations, jérémiades et glapissements, pour finir en dérisoires imprécations.
De (presque) partout, les voix s’élèvent pour condamner une Amérique qui nous délaisse et nous méprise”. Si l’on écoute la voix de fausset du président déchu Hollande, Trump "n’est pas l’allié de la France", et il faut tout mettre en œuvre pour "lui faire très mal". Le pauvre bougre ne souvient manifestement plus du dédain avec lequel Barack Obama répondit à ses sollicitations obséquieuses, et ses courbettes serviles.
Comme trop souvent, notamment quand un président républicain est au pouvoir, le vieux fond anti-américain revient de plus belle.
En matière d’interprétation de la politique US, on voit et on entend tout et son contraire mais c’est toujours dans l’optique du conflit. Passons sur les imbéciles chroniques qui en sont toujours à réduire Trump à Hitler ou à Don Corleone. On peut lire ici ou là que l’administration Trump s’est rendue coupable de trahison, qu’elle mène une offensive contre l'Europe, et même qu’elle lui déclare la guerre commerciale. Pour ces gens qui voient le bout du doigt plutôt que l’astre qu'il désigne, c’est clair, désormais la force l’emporte sur le droit (comme s’il en fut un jour autrement), et une foule de questions angoissantes se font jour : Donald Trump veut-il vassaliser l’Europe ? Comment le faire plier ? Comment casser l’axe Trump-Poutine ?

Le cénacle des dirigeants est en émoi. Les sommets exceptionnels et les réunions de crise s'enchaînent à un rythme effréné. Passons rapidement sur la légitimité précaire ou discutable de bon nombre de participants, et sur leur unité plutôt décousue. Notre président, qui cherche à prendre le leadership de la coalition européenne, est l’objet d’échecs électoraux à répétition. Olaf Scholz récemment battu est en partance, Ursula von der Leyen ne dispose d’aucun mandat électif, Justin Trudeau, très impopulaire, est démissionnaire…
Le pire pour cette équipe évoquant les branquignols est qu’elle agit à contretemps (si tant est qu’elle agisse). Elle veut continuer de soutenir envers et contre tout l’effort de guerre d'une Ukraine épuisée et se veut plus agressive que jamais face à la Russie au moment où la paix se profile peut-être enfin. Macron qui n’est plus à un dérapage incontrôlé près, traite Poutine “d'impérialiste révisionniste”. Face à “la menace existentielle” qu'il ferait peser sur l'Europe, il en appelle à “la force d'âme des Français”.
Le quoi qu'il en coûte ressort pour financer “une économie de guerre” bien chimérique. Ursula van der Leyen annonce le déblocage de 800 milliards d’euros sans préciser d’où ils pourraient venir et à quoi ils serviraient ? Après avoir endetté jusqu’au cou son pays, Macron est prêt à faire une nouvelle fois les poches de ses concitoyens mais il n’y trouvera plus grand chose. Il y a puisé les dernières ressources qu’il a dépensées en pure perte pour financer d’extravagantes chimères écologiques et tenter  de maintenir à flot un modèle social en plein naufrage.

Il serait pourtant temps pour l’Europe de prendre son destin en main. Mais encore faudrait-il du courage, une vraie volonté politique et un projet concret. Qui peut croire qu’une défense commune européenne soit encore possible aujourd’hui ? Elle aurait dû s’imposer depuis des décennies, mais elle est restée au stade des vœux pieux, à l’abri confortable du parapluie américain. S’il venait à se refermer, qui prendrait la relève ?
Soyons un peu lucides. On adresse beaucoup de critiques, souvent féroces, à l’ami américain, et on n’hésite pas à faire défection à l’alliance sacrée quand cela nous défrise, mais on a toujours compté sans vergogne sur la protection de l’oncle Sam. On fait beaucoup de procès d’intention à Donald Trump, et on l’insulte à longueur de journée, mais on ne voudrait surtout pas qu’il quitte l’OTAN et on est effrayé à l’idée qu’il abandonne l’Europe. Il n’a heureusement jamais dit qu’il le ferait. Il souhaite simplement des alliés unis, loyaux et fiables, et une contribution de chacun qui soit équitable, ce qui objectivement est loin d'être le cas à l'instant présent. En vérité, confronté au morcellement européen, il pourrait poser la même question que celle lancée en 1970 par Henry Kissinger ”L'Europe, quel est le numéro de téléphone ?
Pour l’heure, notre président se comporte en histrion. Il se répand en palabres et en belles promesses, et voudrait dresser une ligne Maginot contre l’ours russe mais il est incapable d’endiguer le chaos migratoire, l’islamisme radical, le narcotrafic et les violences urbaines qui rongent la cohésion de notre société. Comment ne pas être consterné de voir une France qui veut tenir la dragée haute à Poutine mais s’aplatit comme une limande devant le petit tyranneau Tebboune ?

On peut approuver sans réserve le titre du récent éditorial de Franz-Olivier Giesbert qui rend grâce à Trump d’avoir provoqué enfin une réaction européenne, une prise de conscience. Le fond de l’article est moins convaincant hélas, notamment lorsqu’il affirme qu’il n’y a plus rien à attendre de l’Amérique. En réalité, c'est l’hostilité et l’inconstance de beaucoup de pays européens qui déclenche l’ire du président américain. Il n’a pas totalement tort lorsqu'il s’exclame que l’Europe a été créée pour emmerder les USA.
Ce conglomérat bancal qui n’a jamais “fait nation”, pour parler le sabir contemporain, a trop souvent manifesté un anti-américanisme méprisant, et un protectionnisme dédaigneux face au modèle culturel, économique et social régnant outre-atlantique. En d’autres termes, l’alliance est bonne quand elle garantit la sécurité. On se serre frileusement sous le parapluie, tout en crachant sur la main qui le tient.
Comme s’il s’agissait d’illustrer ce comportement bas et lâche, on voit ressurgir la bonne vieille rengaine du boycott visant les produits américains.
Cette quarantaine revancharde est non seulement vile et inopérante mais elle est néfaste à nos propres intérêts. Elle ne fait en tout cas pas honneur à l’intelligence de ses promoteurs car elle conduit à échauffer les esprits, risquant d’ouvrir la voie à des actes de vandalisme. Adieu vieille Europe, que le diable t’emporte…

23 février 2025

Donald Trump est-il illuminé ?

Pas un jour sans qu’on parle de lui. Le Monde semble graviter autour de son imposante silhouette de commandeur et chacune de ses paroles devient sujet d’actualité. Dire qu’il fait la pluie et le beau temps serait excessif, mais il est évident que la Maison Blanche est devenue the place to be.
Le parler rude et provocateur de Donald Trump hérisse beaucoup d’âmes sensibles. Ce n’est pourtant ni nouveau ni surprenant et cela ne semble guère le perturber. Depuis longtemps, il a pris l’habitude d’être “l’homme que les médias adorent détester”. Il ne s’en émeut pas et se fait un devoir de prendre le contre-pied des a priori haineux qui se déversent sur lui. On se souvient notamment des révélations qu’il fit dans un ouvrage publié avant 2016 :“Je n’hésite jamais à faire parler de moi en étant polémique ou en contre attaquant.../… Il m’arrive de faire des commentaires choquants, leur donnant ainsi ce qu’ils attendent…./…. Ils savent ce que j’ai dit, ils savent ce que j’ai voulu dire, mais ils en font des citations tronquées ou bien les interprètent de manière à en donner un sens différent.../… J’ai toujours attiré une foule de journalistes qui attendaient comme des requins que je fasse couler le sang… J’essaie d’honorer cette attente !”

Après un instant de calme relatif dû au choc de sa réélection magistrale, voilà les anti-Trump primaires qui reviennent à la charge.
Pour beaucoup de ces gens, le nouveau président américain serait un fou dangereux.
Les plateaux télévisés sont remplis d’experts qui se targuent de décrypter sa pensée, sa politique et ses objectifs en soulignant systématiquement leur caractère néfaste si ce n’est délirant. Cela ne les empêche nullement d’affirmer dans le même temps qu’il est imprévisible. On n’est plus à un paradoxe près !

A y regarder de plus près et à considérer ce que Trump fait plutôt que prendre au pied de la lettre tout ce qu’il dit, on n’est pas si loin des fameuses Lumières d’autrefois, qu’il est convenu de vénérer sans toujours bien comprendre leur enseignement. On pourrait en somme dire qu’il est illuminé au bon sens du terme.
Deux exemples pour s’en convaincre :
Son fameux Art dof the Deal, ne s’inscrit-il pas dans l’esprit du doux commerce vanté par Montesquieu ?
Ce dernier posait dans l’Esprit des Lois, que «L'effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l'une à intérêt à acheter, l'autre a intérêt à vendre, et toutes les unions sont fondées sur des besoins naturels...».
On accuse régulièrement le tycoon devenu homme d’État d’être resté avant tout un affairiste, âpre au profit. Si c’est vrai, n’est-il pas tout simplement dans la lignée de beaucoup de ses prédécesseurs ? On se souvient notamment du président Coolidge qui affirmait en 1925 que « L’affaire de l’Amérique c’est de faire des affaires ».
On lui reproche son slogan America First et plus récemment son fameux MAGA. On lui en veut d’être protectionniste. Il suffit pourtant de lire ses écrits pour savoir que s’il l’est, ce n’est que par pur pragmatisme et non par conviction idéologique. S’il brandit souvent la menace des droits de douane, il la met rarement à exécution, préférant de loin la négociation au conflit, tout en cherchant ce qui semble bien naturel, à préserver les intérêts de son pays. Les dirigeants français sont mal placés pour lui en faire reproche, eux qui après avoir tout fait pour plomber l'agriculture locale et pousser les entreprises à délocaliser, rivalisent de chauvinisme. Il se gargarisent bien vainement du made in France et cherchent par tous les moyens à bloquer le traité de libre échange du MERCOSUR avec l’Amérique du Sud. Mieux vaut en rire...

D’une manière générale, Trump répugne à la guerre. Sa stratégie, parfaitement résumée dans l’ouvrage cité plus haut consiste à “user de douceur et brandir un gros bâton…” “Nous avons besoin”, dit-il, “d’une armée si forte que nous n’aurions pas besoin de nous en servir”. Quoi de scandaleux ? Ce n’est jamais que le bon vieux principe romain si vis pacem, para bellum
On a fait des gorges chaudes de sa proposition d’associer le Canada aux États-Unis et de trouver un compromis associatif avec le Groenland. Pourtant, objectivement, ce n’est rien d’autre qu’une nouvelle formulation du projet kantien de paix perpétuelle « Si par bonheur un peuple puissant et éclairé en vient à former une république (qui par nature doit tendre vers la paix perpétuelle), alors celle-ci constituera le centre d’une association fédérale pour d’autres états, les invitant à se rallier à lui afin d’assurer de la sorte l’état de liberté des Etats conforme à l’idée du droit des gens. »
On pourrait s’étonner que l’Europe, mère patrie de Kant et des Lumières, ne s’inscrive pas dans cette perspective excitante dans laquelle il y aurait beaucoup à gagner. Il suffit d’imaginer la puissance qu’aurait une alliance de fédérations de part et d’autre de l’Atlantique pour se désoler de voir toujours ramenées au niveau de l’antagonisme les relations entre le vieux continent et le nouveau.

En à peine plus d’un mois de gouvernement, l'application de ces principes assez simples a fait bouger les lignes. Naturellement, on ne saurait tirer de conclusions hâtives à propos de l'action du président fraîchement réélu. Mais le bilan de son premier mandat plaide en sa faveur et certaines avancées sont réelles.
Le Hamas se voit enfin contraint de libérer les otages israéliens et un projet ambitieux pour la région se dessine à l’horizon.
La fin du conflit entre la Russie et l’Ukraine apparaît comme possible, même s’il faut regretter la défaite de cette dernière, contrainte de céder du terrain. C'était hêlas prévisible dès le début du conflit, faute d’engagement direct des puissances occidentales et faute même d'avoir défini la moindre ligne rouge. Il faut en la circonstance déplorer l’impuissance chronique de l’Europe, généreuse en paroles mais incapable d’articuler la moindre stratégie concrète.
Certains semblent nourrir encore des pensées bellicistes. C’est pure vanité car à moins de provoquer une conflagration mondiale insensée, l’heure est venue de faire cesser ces vaines atrocités et de réamorcer des relations avec la Russie. C’est ce que veut faire Trump. Hélas, dans cette négociation, nous ne pouvons espérer qu’un petit strapontin, à la mesure du poids devenu dérisoire et de la faiblesse de l’Europe, plus incohérente et indéterminée que jamais.

Il faut souhaiter que le grand bouleversement qui s’annonce ne soit pas gâché par les a priori et les outrances qui fusent de toute part.
Dans ce contexte, il paraît dérisoire d’accuser Donald Trump d’être fautif d’un état de fait dû à l'incurie des gouvernants qui l’ont précédé.
Pour ces raisons, même si cela peut sembler choquant, il faut espérer que l’Administration Trump obtienne des résultats positifs durables et qu’elle ouvre la voie au retour du bon sens et de la raison.

23 janvier 2025

Un Triomphe Romain

Le faste déployé à l’occasion de l'investiture de Donald Trump en tant que 47ème président des Etats-Unis est à la mesure du caractère exceptionnel de la reconquête du pouvoir par celui qui en fut dépossédé en 2020, de manière contestable pour certains, ou avec la honte au front pour d’autres.
La fête de la victoire avait un goût de revanche que l’impétrant a savouré avec une délectation évidente, pour ne pas dire une vraie jouissance. A l’occasion du discours tenu dans l’enceinte du Capitole, il n’a pas lésiné sur l’outrance et l’auto-satisfaction. Selon ses dires, le “nouvel âge d’or de l’Amérique” est la perspective des quatre années qui s’ouvrent en majesté, sous sa domination. A bien y réfléchir c’est moins grotesque que le passage “des ténèbres à la lumière” célébré par Jack Lang en 1981 ou que le slogan” Le Changement c’est maintenant” de 2012… C’est en tout cas plus ambitieux et galvanisant.

Ces moments intenses de joie et d’exaltation, l’ancienne administration a dû les vivre douloureusement. Joe Biden, ratatiné dans son fauteuil de piteux sortant et Kamala Harris, blême et consternée, furent mis au supplice par les accusations féroces de Trump dirigées sans pitié contre eux. Œil pour œil, dent pour dent, les attaques visaient souvent juste et ne semblaient pas démesurées vu les tourments que ces gens là et leurs affidés ont fait subir à celui dont ils avaient juré la perte par tous les moyens, et qu’ils n’avaient de cesse de ridiculiser de manière caricaturale.

A côté de l’emphase et des excès de langage de cette intronisation en fanfare, il y eut cependant un message d’espoir et une leçon d’optimisme plutôt bienvenus dans cette période de déclin des valeurs occidentales, et avec elles de la Liberté chérie. On aimerait qu’un peu de cette énergie soit communiquée à nos dirigeants cacochymes, inertes, mous, affaissés et sans inspiration. On voudrait croire que les bonnes vibrations portées par cet impétueux vent d’ouest atteignent notre continent.

Hélas tout porte à croire qu’il n’en sera rien. Au moment où l’on assiste à une sorte de renaissance outre-Atlantique, on remet à Paris sur le tapis la loi réglementant la fin de vie !
Le pire est que nos politiciens persistent à ne voir dans ce triomphe républicain, que l’avènement d’une période conflictuelle.
Emmanuel Macron, dont la popularité n’a jamais été aussi basse et le pouvoir aussi faible, a exhorté l’Europe à être “unie, forte et souveraine” face à l’Amérique. Il a plaidé pour renforcer la "compétitivité, la prospérité et la sécurité", "nos démocraties" et "notre modèle économique et social". Autrement dit, tout ce qui reflète son impuissance et constitue dès à présent l’échec de son mandat !
François Bayrou qui patauge dans la mélasse politicienne la plus sordide, est allé plus loin dans l’abjection, déplorant que sans réaction de notre part, “nous allons être dominés, écrasés, marginalisés” car "Les États-Unis ont décidé d'une politique incroyablement dominatrice par le dollar, par la politique industrielle, par la captation de toute la recherche et la captation des investissements".
On se demande parfois ce que ces gens ont dans la tête et de quelle nature est leur ambition. Utopique, évanescente ou inexistante ? Sont-ils incurablement myopes au monde qui les entoure, incapables d’action, résignés, et simplement accrochés à leurs prébendes comme tout porte à le croire ?

L’ère qui commence aux Etats-Unis ne sera sans doute pas aussi glorieuse qu’annoncé et il est toujours risqué de décrire l’avenir de manière trop radieuse. Beaucoup d’obstacles surgiront évidemment pour contrecarrer l’ambition du président, mais là où il y a une volonté, il y a un chemin, comme disait l’autre…
On ne peut pourtant que souhaiter une Amérique forte, car quand elle l’est, le monde va mieux. Plus que jamais notre vieux continent devrait profiter de cette dynamique. En tant qu’allié historique de l’Amérique, la France va-t-elle rater cette nouvelle opportunité de restaurer les liens fraternels mis à mal par la nauséabonde propagande anti-américaine dont Jean-François Revel avait dépeint avec justesse les méfaits ?

Donald Trump a réservé sa première visite de président élu à notre pays à l’occasion de la cérémonie clôturant la rénovation de la cathédrale Notre-Dame. Avant d’être considéré avec dédain par M. Macron, il avait manifesté à son égard une sympathie qui paraissait des plus sincères et chaleureuses. Une chose est sûre, il n’est pas l’ennemi de notre nation. Il souhaite assurément, comme la plupart des dirigeants américains, une Europe unie, et alliée, partageant un même idéal de liberté sur la base d’une concertation loyale et d’échanges commerciaux équitables. Nous interdisons l’importation de bœuf US au motif qu’il est élevé aux hormones et des volailles parce qu’elles sont passées au chlore. Nous faisons de même avec les OGM au nom du principe de précaution. Nous surtaxons les denrées agricoles, les automobiles, nombre de produits made in USA, et avons dans la visée de notre gros canon fiscal les géants de la Silicon Valley. Autant de mauvaises raisons qui cachent un objectif bassement protectionniste.

Lorsque nous abolirons ces barrières absurdes, nul doute que Donald Trump se fera beaucoup plus conciliant…

13 novembre 2024

Les Oscars de la Vanité

Les récentes élections américaines amènent à se poser quelques questions à propos de l’implication des médias dans le jeu politique. Ces questions valent aussi bien là-bas que chez nous.
Comment se fait-il qu’à quelques exceptions près, les stars du showbiz soient si niaises, si partisanes, et si grégaires en matière d’opinion ?
Quel besoin ont ces gens de sortir de leur domaine de compétence pour faire connaître un engagement politique que personne ne leur demande ?
Pourquoi est-il facile et consensuel de se déclarer pour un camp et si compliqué de le faire pour l’autre ? Pourquoi est-il si aisé de conspuer et d’insulter ses adversaires lorsqu’on revendique son ancrage à gauche ?

Tandis qu’on compte sur les doigts d’une main les soutiens à Donald Trump, pas moins de 200 célébrités ont apporté en chœur et publiquement le leur à Kamala Harris. Grâce à ce racolage, la candidate démocrate a pu engranger une jolie manne financière, supérieure de 60% à celle récoltée par son rival républicain.
Mais ce battage n’a servi à rien. On n’a noté aucun effet positif des louanges et le fric fut déversé en pure perte. Les électeurs ont été manifestement indifférents à ce tintouin.

La liste est longue de ces influenceurs sans emprise, militant ou ayant milité pour les Démocrates et l’idéologie auto-proclamée progressiste.
Il y a bien sûr les grands anciens : Jane Fonda, Meryl Streep, Barbra Streisand, Dustin Hoffman, Robert Redford, Robert de Niro…
Mais bien d’autres noms sont venus s'ajouter au fil des ans : Oprah Winfrey, Eva Longoria, Julia Roberts, Cher, George Clooney, Harrison Ford, Beyoncé, Katy Perry, Cardi B, Stephen King, Jamie Lee Curtis, Bono, Eminem, Bruce Springsteen, Jennifer Lopez, Madonna, ou encore la bien nommée Lady Gaga, et même Arnold Schwarzenegger, transfuge d’un bord à l’autre.
Le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne sont pas à la fête en ce début novembre 2024.
En toute logique, une fois l’élection passée, la déception est immense pour ne pas dire la frustration, voire la colère. Mais même après le désaveu des électeurs, l’expression de leur désappointement ne brille ni par l’ouverture d’esprit ni par l’humilité. L'amende honorable est de toute évidence étrangère à cette Jet Set dopée à la moraline mais inapte à l’autocritique.
A titre d’exemple, citons juste l’actrice oscarisée Jamie Lee Curtis qui dénonce un « fasciste au pouvoir absolu », pendant que le comédien John Cusack prédit "les pires heures sombres de l’histoire américaine."

Dans ce festival grandiose de parti pris et d’imbécilité, Robert De Niro mérite assurément la palme d’or récompensant l’art d’être bête et méchant.
Interrogé quelques jours avant l’élection par la délicieuse Elise Lucet, il livra en une dizaine de minutes, tout le panel imaginable de la mauvaise foi, de la subjectivité, de la diffamation, et de l'intolérance.
Qu’on en juge sur pièces :
En guise d’introduction, l’intervieweuse rappelle l’essentiel des déclarations passées de l'acteur, ciblant Donald Trump:
En 2016 : “c’est un porc, il est manifestement stupide, c’est un vaurien, un escroc…”
En 2024 : “il est malade, c’est le mal incarné.”
Loin de nuancer, l’acteur confirme, par un sourire goguenard, ces invectives, prêt manifestement à en rajouter des louches.
Elise Lucet jubile et prend plaisir à le faire accoucher si facilement d’un flot d’insanités, se faisant pour la circonstance tout miel plutôt que vitriol.
Pour celui qu’elle appelle amicalement Bob, si Trump gagne, “Il va autoriser ses équipes à prendre le contrôle de tout, à s’en prendre à des personnes qu’il avait repérées.” S’agissant de son action, l’avis est du même tonneau : “Tout se joue sur un caprice, il n’y a pas de structure, tout se fait dans le chaos et la folie. Aujourd’hui, il est pire que jamais. Vous réalisez à quel point c’est maladif de vouloir autant détruire le pays ?”

Celui qui fit fortune en incarnant des gangsters et des mafieux n'hésite pas à comparer le magnat devenu politicien au parrain qu’il interpréta dans le film Les Affranchis. Il invite au passage à ne pas se méprendre sur l’allure parfois pateline, voire sympathique du bonhomme :”Ce n’est pas l’oncle charmant de la famille, C’est quelqu’un de dangereux, à l’esprit mauvais, qui veut faire du mal aux autres.

Devant un tel anti-trumpisme, Elise en serait presque gênée : “Ce n’est pas en train de tourner à l’obsession pour vous ?.../… Il n’y a vraiment rien à retenir dans les idées, dans le programme de Donald Trump ?”
Robert n’en démord nullement : “Non… il n’y a rien de bon en lui !”
Lorsqu’elle lui demande s’il accepterait de se confronter à lui, il fait le fier à bras : “J’adorerais débattre avec lui. Je n’en ferais qu’une bouchée. Tout ce qu’il sait faire, c’est insulter les gens. Il est vraiment ce que j’appelle un bâtard…/… D’ailleurs, beaucoup de gens m’ont dit que je ferais le boulot mieux que lui…”

Pour tenter de faire bonne mesure, Elise croit bon de demander alors à l’acteur s’il pense vraiment que les Démocrates, représentés par Kamala Harris, seraient meilleurs, notamment si les 8 années d’Obama puis les 4 ans de Biden l’ont satisfait ? Il répond sans sourciller : “j’étais heureux qu’ils deviennent présidents, ils auraient pu en faire plus mais tout ce que je peux vous dire, c’est que leur cœur est à la bonne place. Donald Trump, je ne sais même pas s’il a un cœur.”

Pour enfoncer le clou de cette diatribe hyperbolique, Robert lâche l’argument massue de la menace totalitaire représentée par le candidat républicain: “On sait ce qui s’est passé en Allemagne ou en Union Soviétique. On sait comment naissent les régimes fascistes”
Semblant interloquée, la journaliste lui demande : “Vous utilisez le mot fascisme, vraiment ?”
Oui, rétorque-t-il, et “il y aura une opposition colossale. ça va exploser partout. mais ce sera une opposition légale”

Moralité
Robert de Niro, sans autre argument qu’un torrent ordurier d’imprécations, accuse Donald Trump de ne savoir faire autre chose “qu’insulter les gens”. Il le traite de fasciste, tout en prévenant que son élection se heurterait à une “opposition colossale” qui ferait tout “exploser partout.”
On pourrait considérer tout cela comme le délire d’un vieux fou monomaniaque. Pour être indulgent on dira simplement que c’est du très mauvais cinéma…

07 novembre 2024

God Bless America

Décidément, l'Amérique nous surprendra toujours.
On avait prédit une élection “très très serrée”, forcément émaillée de troubles à l’ordre public, de contestations en tous genres. De leur côté, les experts autoproclamés du sens de l’Histoire avaient prophétisé la victoire de la lumière sur les ténèbres (air connu) et annoncé par avance que le méchant Donald Trump refuserait sa défaite.
En France, comme d’habitude, l’affaire était depuis longtemps pliée. Après avoir parié inconsidérément sur le pauvre Joe Biden, la star était devenue Kamala Harris avec sa tchatche et son sourire maous (à défaut de programme). C’est bien simple, selon les sondages, seuls 13% des Français auraient voté Trump, ce qui montre une fois encore les ravages du grégarisme dans notre pauvre pays.

Le Peuple Américain en a décidé autrement. Il a surmonté la propagande, les mensonges, les caricatures et la bien pensance rance, pour faire contre toute attente un triomphe au revenant Trump. Il lui a offert le grand chelem : gagnant en nombre de grands électeurs, en votes populaires, et raflant au passage la majorité au Sénat et probablement à la chambre des Représentants.

Le spectacle politique donné par cette élection fut, comme souvent outre-atlantique, des plus réjouissants.
Quel régal de voir la déroute des médias du mainstream, emportés vers l’égout par le torrent de leurs insanités. Notons au passage l’exception du Washington Post qui eut la décence de ne pas prendre parti. Les commentateurs avisés se sont gaussés de cette attitude qui lui aurait fait perdre sur le champ pas moins de 250.000 abonnés. Qu’importe au fond, s’il en regagne le double demain…
Quel délice de voir le concert défait des stars du showbiz qui crurent très intelligent de gesticuler autour de Kamala avec de grands slogans creux dictés par des prompteurs aux états d’âme factices (lorsqu’ils fonctionnaient…). Ils ont pu mesurer la vanité de leur célébrité et la volatilité de leur influence. Grand bien leur fasse.
Quelle joie de voir les misérables suppôts franchouillards d’une gauche nauséabonde, obligés de manger leur chapeau en éructant un flot d’injures et de menaces revanchardes ineptes. On dirait qu’ils sont soumis à une séance d’exorcisme.
Quel plaisir enfin de voir une Amérique décomplexée, heureuse du bon tour qu’elle a joué au Monde. Éternel recommencement…

Aujourd’hui, le score obtenu par le candidat républicain pose à nouveau la question du scrutin de 2020, en pleine épidémie de COVID, et de son résultat plus que jamais contestable.
Il faut en tout cas saluer le courage, la détermination de Donald Trump qui après avoir été terrassé, est remonté sur sa monture et envers et contre tous les obstacles et toutes les procédures politico-juridiques entravant sa route, a su convaincre son pays du bien fondé de son projet, qui reste fidèle aux grandes lignes de celui de 2016, basé avant tout sur le pragmatisme et le bon sens.
Il est probablement mieux entouré qu’à l’époque et s’est adjoint pour la circonstance le gratin des entrepreneurs qui réussissent et parviennent encore à incarner le rêve américain, à commencer par le bouillonnant Elon Musk qui fut le héraut inspiré de ce retour en fanfare.

Il reste à espérer que le mandat à venir soit l’occasion pour le 47ème président des Etats-Unis de réaliser de grandes choses et que les accusations outrancières voire totalement infondées dont il est l’objet finissent en poussière.
Accusé de populisme,Trump a su parler au peuple. Ce dernier attend beaucoup mais il se souvient qu’entre 2017 et 2020, l’Amérique allait plutôt bien.
Pour se convaincre que Trump n’est ni fasciste, ni protectionniste, ni raciste, ni misogyne, ni complotiste, ni instable, ni même imprévisible, il suffit pour ceux qui n’ont pas l’esprit trop borné par les a priori de se reporter à son petit ouvrage Crippled America. Tout y est dit.
Ils comprendront également que les outrances verbales du “milliardaire” ne reflètent pas sa pensée mais sont parfaitement calibrées pour faire office d’os à ronger, destinés à nourrir la meute aboyante accrochée à ses basques. Pendant ce temps, il mène sa barque et son projet politique, non sans pratiquer un humour parfois dévastateur. L’épisode du quart d’heure chez McDo et celui du camion poubelle resteront sans doute dans les annales…

16 juillet 2024

Une Vie de Héros

En ces moments d'une rare intensité tragique, quel autre titre que celui du grandiose poème symphonique de Richard Strauss qualifierait mieux Donald Trump ?
Cet homme est décidément à part. Tout ce qui lui arrive est exceptionnel. Il fascine autant qu’il effraie, mais quel bonhomme !
L'incroyable coup du destin survenu ce week-end lui donne, qu'on le veuille ou non, une stature de commandeur, illustrée par ce cliché extraordinaire, capté lors de l'attentat qui a failli lui coûter la vie. Il vient d'être touché à l'oreille par une balle. Après un mouvement d'évitement réflexe, il se relève, il a le visage en sang mais il est debout, plus déterminé et combatif que jamais !

Quoiqu’il arrive désormais, il aura marqué son temps. Que peuvent dire tous les haineux, les revanchards, les pisse-vinaigre, les culs-bénis de la bien-pensance, les ignares bêtes et méchants, et les incapables de voir au-delà du bout de leur nez, qui tous voulaient sa perte ?
Ils étaient occupés pour l'heure, à chercher une posture face au désastre incarné par l'autre champion, porté au pouvoir il y a bientôt quatre ans, par anti-trumpisme primaire, et dont ils avaient refusé de voir à l'époque le déclin intellectuel et l'incapacité politique.
Hélas pour eux, l'évidence est devenue trop criante aujourd'hui pour être occultée.

On ne tire pas sur une ambulance, donc on n’insistera pas sur le fiasco du dernier sommet de L'OTAN, achevé sur une monumentale bourde du pauvre Joe Biden. Hormis ce mot malheureux, il n'est pas seul fautif car la stratégie occidentale dans le conflit russo-ukrainien, aussi obstinée qu'inopérante, est consensuelle si l'on peut dire ! Que de dépenses inutiles, que de sanctions stupides, que de vains encouragements guerriers, et pour finir, combien de morts inutiles ?

Dans cet épisode bouleversant, il y a quand même quelque chose de comique. C'est le réveil de George Clooney et de l'intelligentsia écolo gaucho bobo. Après avoir encensé un leader sans ambition ni charisme, ils voudraient l'éliminer du paysage, sans état d'âme, parce qu'il est devenu un peu plus chancelant.
Encore un petit effort. Ils pourraient peut-être bientôt reconnaître que Donald ne ferait pas un si mauvais président. Ils vont peut-être même découvrir qu'il l'a déjà été et que l'Amérique ne s'en est pas plus mal porté qu'avec Joe. Plutôt mieux même...

30 juin 2024

Du Mensonge en Politique

Aujourd’hui, c’est le grand saut dans le vide. L’abcès qui empoisonne l'espace politique jusqu’à le gangréner en profondeur depuis des décennies, est sur le point de se rompre.
Nul ne sait encore ce qui en sortira. Une suppuration chaotique immonde menant à la guerre civile comme certains le prédisent, le craignent ou même semblent le désirer ? Ou bien un nouvel ordre républicain, chargé d’incertitude et d'une lueur d'espoir ?

Outre-Atlantique, chez nos amis américains la situation n’est guère plus enviable. Il y a deux jours à peine les deux candidats à l’élection suprême s’affrontaient en un pathétique débat.
Les nombreux et virulents détracteurs de Donald Trump qui étaient à l'affût du moindre incident ou dérapage le concernant ont pris conscience tout à coup de l’obsolescence critique de son adversaire, Joe Biden. Le spectacle leur a troué le c.. comme on dit. Ils en sont restés comme deux ronds de flan.
Ces gens bien pensant dont la partialité confine parfois à l’absurdité n’avaient encore rien vu de la sénilité de l’actuel président !
Elle était pourtant évidente à chacune de ses apparitions depuis sa prise de fonction. Comme chacun sait, il n’y a pas de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir…

Face à ce désastre qui leur éclate en pleine figure, ils n’ont plus grand chose à dire contre Trump. Le seul argument encore audible est selon eux qu’il ment. La belle affaire ! A supposer que cela soit vrai, serait-il le seul politicien qui mente ici bas ?
Après le débat, l'épouse du malheureux Joe y est allée elle-même de son petit couplet : “lie, lie, lie !”
Juste avant, elle venait de féliciter son mari qui selon elle “avait bien répondu à toutes les questions” ! Plus menteuse tu meurs !
Personne n’ose avancer une telle énormité. Pour tout dire, de l’aveu unanime, le président a raté sa prestation à tel point que le New York Times, peu enclin à la critique du parti à l’âne, demande qu’il soit remplacé de toute urgence par un autre candidat. Le problème est qu’il n’y a pas foule pour accepter de prendre cette place glissante, et peu de personnalités crédibles dans un parti divisé, en proie au doute et aux contradictions. Encore faudrait-il d’ailleurs que le tenant du titre se résigne à s’effacer, ce qui est loin d’être le cas… Voilà où l’anti-trumpisme bas de plafond a mené l’Amérique. A la probable réélection de Trump ou bien au cataclysme !

En France, c’est le "tout-sauf-l’extrême-droite" qui nous a conduit à l’abîme devant lequel nous sommes.
Il faut dire qu’en matière de mensonges politiciens, notre piètre république est servie. Le mal est dans le fruit de longue date, mais ces élections législatives précipitées ont donné lieu à une surenchère affolante de contre-vérités, de dénis, de tromperies et de mystifications. Rien ou presque ne tient debout dans le déluge de promesses, de programmes à la dubout, et de lendemains supposés chanter.
Le Président, qui selon son habitude, dit tout et son contraire, ment au moins une fois sur deux.
S'agissant de la gauche, le conglomérat abject qu’elle propose au peuple repose exclusivement sur les falsifications, les compromissions et les délires idéologiques. A ce niveau, cela relève de l’imposture.

Mais les dés sont jetés. Aux Urnes citoyens ! Advienne que pourra…

06 juin 2024

D-DAY 6/6/44

Les commémorations entourant le quatre-vingtième anniversaire du D-Day donnent une nouvelle fois l’occasion de rappeler la conduite exemplaire des Etats-Unis dans un conflit, aux causes duquel ils étaient totalement étrangers.
Aucune personne ayant un cœur ne peut retenir son émotion devant les cimetières de l’armée américaine, à Colleville et Saint-James, en Normandie. Les milliers de croix blanches témoignent d’autant de moments brisés du rêve américain, mais leur incandescence muette et immobile répand une irradiation mystérieuse sur l’immensité verte d’un gazon sans défaut. L’esprit de l’Amérique se manifeste de manière poignante dans ces alignements pathétiques et l’on suit le cœur serré, leur indicible progression jusqu’à l’horizon, en se prenant à espérer qu’elle mène à la porte d’or de la liberté éternelle.
Saint-Exupéry ne s’y était pas trompé, lorsque dans son émouvante lettre à un américain, il s’écriait : « Amis d’Amérique, je voudrais vous rendre pleinement justice. Ce n’est pas pour la poursuite d’intérêts matériels que les mères des Etats-Unis ont donné leurs fils. »

Tous les discours, toutes les interprétations, toutes les opinions sont de bien peu de poids face à cette vision bouleversante. L’Amérique a donné beaucoup du sang de ses enfants pour permettre aux plus belles idées de l’esprit humain de progresser, et pour faire tomber en poussière les monstrueuses chimères qu’il engendra hélas aussi, dans sa grande faiblesse.
La contestation systématique des États-Unis se nourrit souvent d'arguments bien médiocres. Ceux qui entendent construire une Europe en opposition avec l’Amérique, ou en perpétuelle lutte d'influence avec elle, font hélas un mauvais et sordide calcul. L’avenir le plus désirable à l’évidence, est celui d’une amitié fraternelle ; celui qui mène à l’avènement du fameux « âge de raison » évoqué par Thomas Paine.

La défiance est d’autant moins explicable que les USA quant à eux, n’ont jamais mis en doute la loyauté de l’Europe. Contrairement à de nombreuses allégations, ils n’ont jamais manifesté le moindre signe tendant à démontrer qu’ils cherchaient à la diviser ou à l’affaiblir. Le 4 juillet 1962, le président Kennedy, en apportait une preuve, en déclarant lors d’un discours tenu à Philadelphie : « Nous ne regardons pas une Europe unie et forte comme une rivale mais comme une associée ».
En 1963, il précisait encore davantage sa pensée pendant un séjour en Allemagne : « Seule une Europe parfaitement soudée peut nous préserver tous d’une fragmentation de l’Alliance. Seule une telle Europe permettra une parfaite réciprocité de traitement de part et d’autre de l’océan, dans l’exécution du programme atlantique. Et ce n’est qu’avec une telle Europe que nous pourrons définir de vraies concessions mutuelles entre égaux, un partage équitable des responsabilités et un même niveau de sacrifice. »

* Extrait de mon ouvrage l’Esprit de l’Amérique, paru en 2004 chez Publibook.

22 février 2024

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Donald Trump
est toujours là. Sa silhouette massive de commandeur est plus que jamais omniprésente, malgré les innombrables tentatives entreprises par ses adversaires pour la faire choir dans la poussière.

En bien, mais surtout en mal, on parle de lui. C’est sans doute l’essentiel pour lui, mais ce doit être tout de même éprouvant à la longue. Cet homme n’est-il donc que maléfique ?
La liste des griefs qu’on lui reproche est si longue, si baroque, si fantaisiste qu’elle pourrait prêter à sourire si elle ne révélait une lame de fond anti-démocratique inquiétante.

Son plus grand péché, peut-être l’arme fatale pour le faire chuter, fut assurément la complaisance qu’il manifesta vis-à-vis de la mascarade du Capitole provoquée par sa défaite lors de l’élection bâclée de 2020. Son attitude fut certes fautive, doublement même, puisqu’elle ne pouvait espérer inverser le résultat et qu’elle ouvrait un boulevard à ses ennemis. Mais ses ennemis sont-ils plus vertueux ? Rien n’est moins sûr.
Les chochottes gauchies ont fait mine d’être effarouchées par “la tentative de putsch”, mais elles n’ont jamais été gênées par les tombereaux de qualificatifs orduriers dont on couvre en toute circonstance depuis des années le cher Donald. Ces gens n’ont rien vu de mal dans les manifestations vindicatives faisant suite à son élection fin 2016, lorsque des foules revanchardes firent le siège, des jours durant, de la Maison Blanche en arborant le slogan “Not My President”. Ils ne furent pas davantage troublés de voir des juridictions partisanes bloquer systématiquement tous les décrets émis par le nouveau président et entraver toutes ses actions, lesquelles figuraient pourtant dans le programme pour lequel il avait été élu…

Aujourd’hui on s’offusque dans les chaumières douillettes de la vieille Europe de son discours provocateur, affirmant que son pays ne pourrait plus garantir la sécurité de notre continent si nous n’y mettions pas du nôtre. Certains ont même fait semblant de croire qu’il nous livrait corps et biens à l’ogre russe. Quelle sottise !
Il y a déjà quelques années, Donald Trump président, avait sermonné les Européens et plus précisément les Français, qui évoquaient avec cynisme la “mort clinique” de l’OTAN, financée quasi exclusivement par les seuls Etats-Unis, tout en se complaisant dans une languide torpeur, à l’abri du parapluie de l'Oncle Sam.
Aujourd’hui, il enfonce le clou et la meilleure preuve qu’il a raison est que son discours a porté. On annonce que 17 pays membres de l’OTAN ont enfin porté leur budget à hauteur des 2% minimum qu’il réclamait (bientôt, même la France pourrait y parvenir…).

Vladimir Poutine lors d'une interview vient de révéler qu’il préférait la victoire de Joe Biden à celle Donald Trump. Précisons qu’il fit cette réponse avant d’être traité de “crazy son of a bitch” par l’actuel président américain. Peu importe, car aussitôt les commentateurs avisés se sont empressés de déclarer qu’il s’agissait à l’évidence d’une manœuvre, une sorte de “baiser qui tue”, destiné à discréditer aux yeux des électeurs Joe Biden.
Ces mêmes auraient ils eu la même réaction si Poutine avait déclaré sa préférence pour Trump. La réponse est trop évidente…