C’est évidemment un mélange de consternation, de désespoir, et d’indignation qui vient à l’esprit tant le spectacle de ces incendies a quelque chose d’infernal et d’effrayant lorsqu’il échappe à tout contrôle.
Une question se pose, lancinante : comment diable enrayer ces calamités récurrentes, qu’on aurait pu croire appartenir à des temps révolus ?
S’agissant des causes, le réchauffement climatique, rituellement évoqué, et la combustion accidentelle ou spontanée ont bon dos. Il n’y a pas de fatalité. La chaleur et la sécheresse ne sont que des conditions propices au développement des flammes. Aussi fou que cela paraisse, au moins 9 fois sur dix embrasements sont d’origine humaine.
On est effaré par le désastre que ces fournaises engendrent: pollution de l’air, végétation dévastée, faune carbonisée, maisons détruites. A cela s’ajoute le coût monstrueux des moyens mis en œuvre pour lutter contre le feu, les déplacements massifs de populations, les victimes éventuelles, les répercussions fâcheuses sur les entreprises et le tourisme.
En étant optimiste, on pourrait se consoler lorsqu’on sait que malgré ces sinistres de grande ampleur, la superficie occupée par les forêts est en extension constante en Europe. En France, elle a plus que doublé en un siècle et demi, passant de 8,5 à 17,6 millions d’hectares depuis 1850, avec une croissance actuelle de 100.000 hectares par an. Soixante-quinze pour-cent de ces surfaces relèvent du domaine privé et un certain nombre ont été artificiellement créées par le génie humain, notamment dans les Landes.
Mais des questions surgissent alors quant à la gestion de ces étendues boisées, à leur entretien et à la prévention du feu.
Et malheureusement, en entendant les experts à ce sujet, force est de constater que les lacunes, les négligences, et les erreurs sont légions, parfois aggravées par des actes de pure malveillance, insuffisamment sanctionnés.
Ici comme ailleurs, la bureaucratie règne. Un seul exemple donné par un Pompier sur une chaîne TV d’information continue: au sein d’un SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours) les soldats du feu n’ont pas l’autorisation d’intervenir hors de leur département, sauf à le faire sur leurs congés. Malgré les bonnes volontés locales, l’organisation obéit à une logique centralisée et l’incroyable enchevêtrement des instances loco-régionales induit des redondances et de la confusion qui nuisent à l’efficacité. Si le courage et la détermination des intervenants directs sont admirables et si les moyens matériels sont en règle de bonne qualité, ils sont souvent jugés insuffisants notamment s’agissant de la flotte aérienne, obligeant à faire appel à la solidarité européenne.
Au surplus l’idéologie et les lobbies soi-disant écologiques ont hélas souvent conduit à prendre des mesures contre-productives. La nécessité de planter toujours plus d’arbres se fait parfois de manière trop théorique, privilégiant l’uniformité des essences des arbres, pas toujours résistantes au feu comme les résineux, notamment les pins d’Alep.
Pire, Les coupes rases ou même tactiques ou progressives destinées à l’exploitation du bois, à régénérer les arbres, ou à ménager des allées coupe-feux, sont contrecarrées par des associations de défense de l’environnement et même par des élus, au motif de la protection de la biodiversité. Résultat, il faut procéder à ces abattages en urgence, dans des conditions hasardeuses, face au feu. Les actions de débroussaillement et de désherbage sont quant à elles souvent négligées, voire empêchées par l’interdiction déraisonnable de l’emploi d’herbicides. Il en est de même des retenues d’eau, dont on a vu la destruction ordonnée par des tribunaux, quand elles ne sont pas vandalisées par des idiots fanatisés.
Enfin, pire que tout, il faut bien évoquer la déresponsabilisation croissante de certaines populations et leur indifférence aux règles civiques élémentaires. En la circonstance, la bêtise, la négligence, et les malveillance se conjuguent pour faire flamber une nature fragile que chacun devrait se faire un devoir de protéger et d’embellir. Dans le contexte des récents brasiers, on apprend que plus de 160 personnes, prises sur le fait, ont été interpellées pour comportement dangereux et délictueux, mais quid des sanctions ?
Ainsi, une fois encore, plutôt que de faire des plans sur la planète, de dépenser des milliards à vouloir normaliser le climat, de créer sans fin des agences d’Etat aussi coûteuses qu’inefficaces, de produire des tombereaux de lois et de règlementations, mieux vaudrait-il s’attaquer aux causes directes des malheurs avec bon sens et pragmatisme...
Toutes proportions gardées, ces gigantesques incendies qui font rage, sont pour l’entendement, aussi difficiles à accepter que ne le fut celui de la cathédrale Notre-Dame, dont on imaginait le périlleux chantier de rénovation, le mieux protégé du monde…
Tout comme il devient de plus en plus intolérable et incompréhensible de voir la progression inquiétante d’incendies virtuels. Il y a celui du narcotrafic qui dévaste nombre de cités, dans lesquelles il induit délinquance, terreur et corruption. Il y a l’ignition des esprits, en proie à l’hydre gauchisante, semant chimères, nihilisme, et chaos, et incitant à la haine, à l’intolérance, et à l’antisémitisme, entre autres ostracismes. Il y a enfin la flambée fiscale inextinguible qui dévore une partie croissante de la richesse nationale au nom de promesses trop souvent réduites en cendres…






