07 février 2016

Diplodocus and Co...

Ça y est ! Il est sorti de son oeuf le petit diplodocus légal, pondu par madame Touraine pour moderniser le système de santé !
Le 27 janvier dernier, le texte de loi a finalement été publié au Journal Officiel, après 2 ou 3 petits amendements du Conseil Constitutionnel.
Non seulement ils ne changent rien au fond, mais ils risquent d’ajouter un peu plus de complexité à ce programme écrit dans la plus belle tradition bureaucratique.

Ainsi le tiers payant généralisé voit sa porté limitée. Il ne concernera que la part assurance maladie, que le patient n’aura bientôt plus à avancer en aucune circonstance. Toutefois, s’agissant du ticket modérateur, restant à sa charge ou à celle de sa mutuelle, il faudra repasser, on ne sait pas trop bien pourquoi. Sans doute parce qu’en France on peine à faire les choses en une seule fois...

Ce qu’il y a de terrible dans ce type de loi, est qu’elles semblent procurer un bénéfice immédiat contre lequel il est difficile de récriminer, sauf à paraître masochiste. Au fond, cette disposition ne change pas grand chose puisque les praticiens sont de toute manière assujettis financièrement à l’Assurance Maladie, si ce n’est qu’elle gomme définitivement le coût des soins pour les patients. ça n’a l’air de rien non plus dans un pays ou l’immense majorité des gens croient que la santé est gratuite...
On sait qu’elle est appliquée depuis déjà longtemps dans les pharmacies, ce qui s’avère bien pratique au quotidien, il faut le reconnaître. Aucune avance de frais, tout est payé par le fameux tiers, comme par magie. Faut-il pour autant s’étonner que la France soit un des pays où l’on consomme le plus de médicaments ? Si vous n’avez pas l’impression de les payer, pourquoi mégoter ? Et pourquoi se contenter de médicaments moins onéreux mais non remboursés ? Les pharmaciens quant à eux, ont accepté cette complication administrative supplémentaire car si elle dope la consommation, elle fait de même pour leur chiffre d’affaires...

S’agissant des dispositions concernant les hôpitaux, la Loi Touraine, donne naissance à un nouveau monstre : le Groupement Hospitalier de Territoire ou GHT, destiné à remplacer les Communautés Hospitalières de Territoires (CHT) de la précédente loi et les Groupements de Coopération Sanitaire (GCS) de celle d’avant….
Bref, rien ne change vraiment dans la logique d’étatisation et de grande concentration mise en oeuvre dès les années quatre-vingt-dix. Qu’il est long le chemin papa, comme chantait Joe Dassin… Cette nouvelle mesure n’est probablement qu’une étape sur cet itinéraire baslisé qui devrait un jour nous conduire à quelque chose comme l’abomination du NHS, tel qu’il fut inventé par les travaillistes anglais en 1948.
Les GHT n’apportent aucun progrès par rapport aux CHT dont la plupart des expérimentations furent de vrais fiascos. La potion sortant du même tonneau, ils vont juste contribuer à démembrer un peu plus le tissu hospitalier mis en place dans les années où les concepts de décentralisation et de déconcentration étaient à la mode. Autre temps autre moeurs, ce qui était vrai autrefois, devient honni.

Ainsi les hôpitaux sont sommés de se regrouper le plus étroitement possible, tout en gardant leur indépendance juridique et budgétaire. L’incroyable obstination idéologique des Pouvoirs Publics se double d’une pusillanimité absolument consternante. Incapables de prononcer la fusion des établissements autour du mastodonte qu’ils désignent comme étant le “pôle de référence”, ils se contentent de continuer à vider peu à peu de leur substance les plus petits. Ainsi ces derniers se verront privés désormais, au moins en théorie, de la gestion de leur information médicale, de leur laboratoire d’analyses, de leur pharmacie, de leur plateau technique d’imagerie et in fine sans doute, de leur maternité et/ou de leur bloc opératoire lorsqu’ils avaient réussi à les sauvegarder jusqu’à présent…
Sans doute espère-t-on qu’un tel assèchement provoquera l’effondrement de lui-même des structures.
Après les GHT, peut-être les Kolkhozes Hospitaliers qui sait ?
Le plus étonnant dans l’affaire est la docilité des Français à se laisser claquemurer dans ce système infernal, dont il sera difficile de sortir. Il faut dire qu’appâtés par la réclame démagogique qu’en fait l’Etat, ils s’arrêtent généralement à ce qui leur est visible, négligeant le reste.

Peu avant cette nouvelle loi, madame Touraine avait réussi à imposer en douceur une autre ukase faisant obligation à tous les employeurs de proposer à leurs salariés une mutuelle de santé, et d’en payer la cotisation pour moitié !
Supposée faciliter la généralisation de la couverture complémentaire par des mutuelles, et préludant probablement à de nouvelles diminutions des prises en charge par l’Assurance Maladie, monopole d’Etat, cette réforme donne l’illusion au péquin moyen de bénéficier d’une assurance à tarif réduit. Ce faisant il ne voit pas qu’il perd le choix de son assureur, et que dans le même temps le salaire qu’il pourrait espérer, se voit amputé de la participation de l’employeur à sa cotisation qui au total, est en règle plus élevée que celle qu’il aurait payée s’il avait lui-même négocié le contrat...
Naïvement j’attendais que mon employeur me fasse une proposition puisque le texte était censé s’appliquer au 1er janvier 2016. Las ! J’avais oublié que j’étais fonctionnaire. Le texte qui évoque à l’instar du mariage, “une mutuelle pour tous”, ne mentionne aucune obligation pour les entreprises publiques… Encore une filouterie garantie par le gouvernement !

L’affaire du paquet de cigarettes “neutre”, dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, illustre bien quant à elle l’effondrement du débat d’idées. Tandis que certains débattent gravement de la déchéance de nationalité, on retient du tissu d’inepties de la Loi Santé cette mesure dérisoire. Faut-il que le sens des responsabilités soit tombé bien bas pour qu’on en vienne à proposer un expédient aussi infantilisant !
Le plus hallucinant est que la suppression de la marque soit proposée par l’Etat, de loin le principal bénéficiaire de la vente de tabac en France : on rappelle à cette occasion qu’il touche 80% de taxes sur chaque paquet, tandis que le cigarettier n’en perçoit que 12 et le détaillant 8...
Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes

05 février 2016

Cuba Libre, un jour peut-être...

Il fut chouette le “dîner d’Etat” organisé par notre vénérable président satrape auto-prétendu “normal” et son homologue cubain Raul Castro !
Sous les dorures du palais de l’Elysée on vit pour cette occasion festive, une belle brochette de happy few, s’y congratuler chaleureusement, et notamment tout ce que notre pays compte d’aficionados de l’immonde dictature communiste qui sévit sous les cocotiers de La Havane, depuis la fin des années cinquante.
Punaise, ça ne date pas d’hier !

On le sait, rien ou presque n’a changé depuis. Le peuple cubain n’a que le soleil pour se consoler du désastre sanglant dans lequel l’ont entraîné il y a plus d’un demi-siècle une bande de salopards prétentieux, bourrés de haine, et shootés à la lutte des classes.
Et c’est cette vieille carne de Raul, desséchée sur les vestiges idéologiques qui la tiennent encore debout, frère en massacres du non moins sinistre Fidel, que notre président élu démocratiquement a pris la liberté d’inviter à nos frais.
Et c’est pour honorer cette ordure indicible qu’une nuée de courtisans sans foi ni loi accoururent, ventre à terre. 
Et l’on vit ainsi parader fièrement sous les caméras, l’arrière garde la plus archaïque des légions enrôlées au nom de la doxa marxiste ! Ajoutons y quelques intellectuels confits dans un socialisme éthéré, quelques ministres dévoués dont une qui lorgne sur les Affaires Etrangères et se montre prête à n'importe quelle compromission pour donner corps à cette ambition, des artistes ignares ou cupides, en quête de débouchés commerciaux...

Et tandis que le peuple français qui souffre de l’inexorable paupérisation dans laquelle le plongent les mesures ineptes de celui qu’il a élu lors d’un moment d’égarement, tandis que les Agriculteurs se meurent dans l’indifférence polie des technocrates qui les asphyxient à petit feu tout en prétendant les protéger, tandis que le pays se déchire au gré des lois insanes cherchant à imposer une mixité sociale chimérique, et une laïcité confinant à l’absurde, tandis que tout s’écroule au ralenti, nos heureux élus se gobergent aux frais de la princesse.
Et Le chef d’un état en ruine se permet même des largesses, effaçant une partie de l’ardoise que ces tyrans ont laissé chez nous...
Le pire bien sûr est qu’autour, personne ne broncha, à part quelques rares exceptions et des exilés écoeurés.
L’indignation est manifestement en stand-by lorsque le scandale crève les yeux, mais qu’il ne s’agit que de dénoncer une des innombrables tares de la gauchisation des esprits...

31 janvier 2016

Pédalage et rétro-pédalage

Un constat s’impose. Hormis quelques exploits sportifs, quoique de plus en plus souvent galvaudés par le dopage autant que par les artifices, hormis les attentats terroristes dans lesquels s’exprime une atroce surenchère, l’actualité de la société française ne livre plus guère d’évènements marquants.
Tout est devenu si plat dans ce désert des tartares où l’on attend sans attendre et où les jours se suivent dans une consternante monotonie !
Parallèlement, la litanie des nouvelles taxes, et la ribambelle des lois et réglementations ponctuent l’univers normalisé dans lequel nous nous asphyxions chaque jour peu plus, au moins en pensée.
Aucune perspective émoustillante ne se présente à l’horizon. Les grands débats ne sont plus que des alignements de platitudes ronflantes, bornées par les limites de plus en plus étriquées de la correction politique. Malheur à celui cherche à en sortir. Il sera couvert d’infamie par les censeurs zélés de la bien-pensance..

Au sein de cet océan glauque, viennent parfois à passer quelques faits divers assez insignifiants. Les derniers livres publiés par quelques politiciens soucieux de redorer leur blason par exemple.
Celui de Nicolas Sarkozy est de ceux dont on parle, mais apporte-t-il des révélations utiles ou porteuses d’espérances ?
Il en ressort surtout pour le grand public, que l’ancien président reconnaît une foultitude d’erreurs, en général assez vénielles et relevant de la forme plus que du fond, mais était-ce vraiment l’objectif ? Le sentiment qui domine est qu’il était bien le seul à ne pas les avoir perçues !
A quoi peut donc servir cette pseudo-contrition à retardement ? Il y a peu de chances qu’un tel exercice amène à lui ses ennemis jurés ni même ramène celles et ceux qui crûrent en lui mais qui furent terriblement déçus par son mandat présidentiel incohérent. Ce que beaucoup attendaient, c'était un projet et des convictions, lesquels brillent par leur absence de ce fatras aussi bien-intentionné qu'approximatif. Une seule question parmi tant d’autres : il regrette de ne pas avoir aboli l’ISF, mais oserait-il le faire désormais ? Serait-il capable de défendre cette mesure avec plus de détermination et d'opiniâtreté qu'il en eut pour imposer le bouclier fiscal ?
Il est vrai que ses concurrents ne font guère mieux.
Alain Juppé, avec une navrante opiniâtreté, réclame un “Etat fort”, révélant bien qu’il n’a pas changé, droit dans ses bottes de bureaucrate attaché viscéralement au règne de l’Administration…
François Fillon de son côté s’était fendu, il y a quelques mois déjà, d’une déclaration d’intentions programmatique un peu plus affirmée frisant le libéralisme, mais s’il dit probablement ce qu’il pense, on sait aussi, pour l’avoir vu aux affaires, qu’il est incapable de faire ce qu’il dit !
Passons sur Copé à qui personne n’avait rien demandé et qui tente désespérément de faire un come-back, illustrant le principe qui veut qu’en France, tant qu’un politicien n’est pas mort, il n’a pas dit son dernier mot. Mais cette fois, l’indifférence qui entoure son appel semble profonde...
Beaucoup de bruit pour pas grand chose en somme.

Ah si ! Christiane Taubira démissionne enfin ! Elle en aura fait des simagrées avant de passer à l’acte…. Mais à dire vrai tout le monde s’en moque. Peut-être retiendra-t-on quelque temps le spectacle burlesque du départ de la dame patronnesse, plus radieuse que jamais, à l’idée du mauvais coup porté à François Hollande, lorsqu’elle enfourcha son grand vélo, casquée comme un fantassin d’opérette et caparaçonnée dans sa doudoune matelassée…
Que faisait-elle dans ce gouvernement ? Mystère... On suppose qu’elle apportait une caution de gauche. Sans doute pas celle dont on put juger le rayonnement lorsqu’elle rassembla moins de 3% des électeurs sur son nom lors de l’élection présidentielle de 2002…
D’autres évoquent la loi emblématique du quinquennat Hollande entérinant le Mariage pour tous : dérisoire bulle idéologico-juridique...
Toujours est-il que les commentateurs veulent voir dans ce départ, provoqué selon l’intéressée par " un désaccord politique majeur avec le gouvernement” (la déchéance de nationalité pour les terroristes bi-nationaux, tu parles…) le signe indéniable d’une droitisation de la ligne officielle.
Mais il n’en est rien hélas. Le tournant social-démocrate, la droitisation, voire le prétendu virage libéral du gouvernement sous l’impulsion de Manuel Valls et d’Emanuel Macron est une pure mystification. Elle repose sur quelques inoffensives petites phrases, souvent démenties dès le lendemain, et il faut être bien gogo ou ignorant de ce qu’est le libéralisme, pour voir un vrai changement dans l’action. Gageons que les mêmes trouveront dans cette pseudo inflexion libérale les raisons de l’échec, ce qui leur permettra de revendiquer un nouveau coup de barre à gauche…
Pour l’heure, le chômage continue sa lente et inexorable progression, dopé par toutes les mesures ineptes d’un gouvernement d’incapables. Et les médias en choeur, scrutent toujours la fameuse inflexion qui pourrait tendre à faire croire que l’inversion est en marche.
L’endettement du pays enfle doucement, ni vu ni connu. Personne ne s’émeut même des propositions de François Hollande, visant à dépenser 2 milliards d’euros de plus pour coller de nouveaux cataplasmes sur la jambe de bois du modèle social à la française !

Bref à force de pédalage et de rétro-pédalage, on fait surtout du sur-place, et le bilan des courses à 18 mois de l’élection présidentielle, est qu’on on se retrouve avec la probabilité de voir s’affronter 3 candidats principaux, rassemblant chacun contre eux au moins deux tiers des électeurs !

28 janvier 2016

The Trumpets of Anti-Americanism

A l’occasion de la candidature du Tycoon Donald Trump à la Primaire républicaine et de l’élan populaire inattendu et durable qui l’accompagne, se déchaîne à nouveau la vindicte pavlovienne des vigiles de l'anti-américanisme.

Si l'on parvient à prendre un peu de recul face à ce phénomène aussi étrange qu’excessif, le spectacle pourrait être plutôt jouissif. Enfin un peu d'ambiance !

Il est vrai que "l’obsession anti-américaine", pour reprendre l'expression de Jean-François Revel, était quelque peu en sommeil sous l’effet du lénitif Obama. Le soufflet de l’enthousiasme des admirateurs du beau gosse au teint d’ébène, si joli coeur, si drôle dans les salons, et de surcroît si délicieusement pacifiste et un brin écolo, était un peu retombé. A défaut d’efficacité, l’actuel président américain avait procuré un peu vacances à ceux qui avaient les oreilles meurtries par les vociférations répétitives adressées à son prédécesseur George W. Bush.

Aujourd’hui on retrouve les mêmes légions d’imbéciles, même pas heureux, qui se remettent de plus belle à hurler à la mort.
Évidemment les artistes se doivent d'être en tête de ce peloton de nigauds, auquel les médias complaisants et dénués de toute originalité, servent de caisse de résonance.
On voit par exemple de glorieux chanteurs s’offusquer de l’emprunt par le Donald de leurs chansons, destinées à égayer ses meetings.

D'autres enjoignent les grandes entreprises à cesser illico presto leurs relations d’affaires avec lui ou bien exhortent les citoyens politiquement corrects à signer des pétitions réclamant la censure du-dit candidat : Salma Hayek, Jane Fonda, Danny Glover, Kerry Washington...
Tiens, on ne trouve pas le nom de Sean Penn, "leftist" bien connu qui ne manque pas une occasion de manifester son indignation à sens unique, si prévisible. Il faut dire que le gars est empêtré dans une sale affaire : il n’a rien trouvé de plus intelligent que d’interviewer le baron de la drogue mexicain El Chapo, récemment arrêté, et accusé d’avoir par ses sordides trafics occasionné la mort de plus de 30.000 personnes...
On voit en revanche quelques illustres inconnus ne pas hésiter à se vautrer dans l’outrance pour tenter d’avoir leur quart d’heure de célébrité sur le dos de la bête. Ainsi, on peut évoquer au chapitre d’un indicible mauvais goût, l’oeuvre d’une certaine Sarah Levy, auto-proclamée féministe homosexuelle, qui a peint le portrait du candidat putatif républicain avec le sang de ses règles ou bien ce collectif de photographes exhibant fièrement un tableau figurant le même Trump à l’aide de 500 photos de pénis !

A l’extérieur des Etats-Unis, la vindicte n’est pas moins caricaturale. Citons par exemple la pétition exigeant l’interdiction de séjour au Royaume uni du leader républicain, lancée par une Ecossaise et relayée par certains députés travaillistes, qui a occasionné un débat aussi mouvementé que stérile à la Chambre des Communes, au motif qu’elle avait rassemblé plus de 500.000 signatures !

Il n’est pas utile en revanche de s'appesantir sur la France où l’on sait que Panurge est roi et où au moins 99% des gens sont résolument et définitivement anti-Trump !
A la limite, devant un tel concert de stupidités, on n’a même pas besoin d’essayer de juger Donald Trump. Toutes ces critiques volent si bas, s’attaquant à la forme plutôt qu’au fond, et montant en épingle la moindre petite phrase ! 

Il est vrai que M. Trump est un bon client, comme on dit. Il ne pratique pas la langue de bois. Il n’a pas son pareil pour asséner quelques truismes ciselés dans le plomb, et s’amuse manifestement énormément de ce petit jeu qui hérisse les cocottes conformistes, autant qu'il provoque la liesse chez ses partisans, de plus en plus nombreux.
Mais nous Français, avons nous des leçons à donner à la démocratie américaine, nous qui avons porté au pouvoir un champion du monde toute catégorie de l’inefficacité satisfaite, expert magnifique en bourdes, mensonges, contradictions, sentences haineuses, muflerie, et qui s’est entouré d’un ineffable gouvernement de bras cassés ?

25 janvier 2016

Refroidissement climatique... au Dévonien

Lu dans le magazine La Recherche, un petit article relatant la découverte récente dans l'archipel norvégien du Svalbard, par une équipe britannique de paléobotanistes, de fossiles provenant de forêts tropicales datant de 380 millions d'années.
Cela ne date pas d'hier certes. Pour tout dire, de l'ère du Dévonien ( qui s'étendit de -420 à -360 millions d'années), et la Norvège, qui n'avait pas encore dérivé vers le grand Nord, se situait peu ou prou à l'équateur de la Terre. Autres temps, autres conditions climatiques...

Ces forêts d'arbres primitifs dont les feuilles naissaient directement du tronc, n'étaient semble-t-il pas très hautes, la canopée ne dépassant guère 4 mètres. Mais elles étaient très denses, composées d'individus séparés tout au plus d'une vingtaine de centimètres.
Surtout, l'intense photosynthèse découlant de cette verdure luxuriante, en absorbant massivement le dioxyde de carbone de l'atmosphère, conduisit à en diviser le taux par quinze ! Il s'en serait suivi une importante chute des températures qui aurait, nous dit-on, entraîné une extinction de masse. Jusqu'à 70% des espèces présentes à la surface de la planète auraient en effet disparu à cette période !

De cette histoire édifiante, dans laquelle l'activité humaine n'a aucune responsabilité, on pourrait tirer deux conclusions :
La première est qu'il s'avère bien difficile de savoir s'il vaut mieux mourir de chaud que de froid.
La seconde, que pour lutter contre le réchauffement climatique du à la dissipation des fameuses énergies fossiles, c'est un juste retour des choses que de planter des arbres, mais pas trop quand même !

La Recherche Janvier 2016. D'après un C.M. Berry & J.E.A. Marshall, in Geology, 2015.

12 janvier 2016

Etre ou pas...

D’une heure opaque et lourde émerge un nouveau jour
Mais au bout de la nuit, ce qui commence à poindre
Donne-t-il vraiment plus à espérer qu’à craindre
Et l’aube a-t-elle moins de haine que d’amour ?

Le temps grave en chaque être un ténébreux contour
Dans lequel il se meut comme au creux d’un cylindre
Espérant non sans peine un jour pouvoir rejoindre
La lumière très loin qui doucement en sourd…

A-t-on imaginé si l’on veut être libre
Qu’il faut pérenniser le règne de l’esprit
Plutôt que de la chair pour garder l’équilibre ?

A-t-on songé que si le corps n’a pas de prix
Il est prompt à vieillir et périt quoiqu’on fasse
Quand l’Etre reste jeune et jamais ne s’efface...

31 décembre 2015

Nano-Démocratie

L'indicible médiocrité du débat qui fait rage en ce moment en France au sujet du vague projet de réforme constitutionnelle, visant à déchoir de la nationalité française les terroristes bi-nationaux, donne la mesure microscopique des enjeux auxquels est confronté notre système politique. 
Comme s'il n'y avait pas de problématique plus essentielle pour nos politiciens, décidément rivés au petit bout de leur lorgnette pour voir le monde !
Notre pays se satisfait d'un succédané de démocratie, qui semble convenir à beaucoup de Français, si tant est qu'on a les gouvernants qu'on mérite. C'est misérable et totalement indigne du rang auquel notre nation prétend, mais c'est comme ça.
Où tout cela peut-il nous mener ? Sans doute à pas grand chose.

On apprend qu'en 2015, au moins un million de migrants ont afflué vers notre vieille Europe, dépassée par les événements. Avec quelle énergie, avec quelle ambition, peut-on faire face à ce rush désespéré ? Tout les ressorts semblent si plats...
Combien de temps la France pourra-t-elle encore tenir, engluée dans une bureaucratie de plus en plus asphyxiante, étranglée par une fiscalité confiscatoire, et rongée par une idéologie décatie, gluante de bon sentiments aussi vertueux qu'inconséquents ? Dans un tel contexte d'irresponsabilité généralisée, combien de temps resterons nous libres ? 

Jamais l'enseignement de notre bon Tocqueville n'a paru aussi loin...

Beaucoup de questions assez angoissantes au seuil d'une année pleine d'incertitude.
Tant pis. Essayons de former encore des vœux. Et avec opiniâtreté, et plus que jamais, faisons en sorte de penser par nous mêmes... Un grand merci aux visiteurs de ce blog et à celles et ceux qui croient encore que la Liberté n'est pas un vain mot !

14 décembre 2015

Victoire à la Pyrrhus

Une fois encore la grande vague annoncée "bleu marine", se termine en écume qui s'anéantit au contact des réalités triviales du scrutin. Rendant du même coup bien ridicules les sinistres augures qui prophétisaient une guerre civile toute proche...

Plus que jamais, le débat politique en France paraît ce soir on ne peut plus crispé, sans ambition, sans force, sans perspective. A la faveur d'un découpage régional absurde, sans queue ni tête, et d'une réforme attribuant aux conseils régionaux des missions largement indéfinies, on assiste à des débats sans âme et sans portée d'avenir.

On peut certes une fois encore blâmer la ringardise de la vision incarnée par le FN, enfermée dans des canons économiques dépassés, un anti-libéralisme moyen-âgeux et l'illusoire rempart du protectionnisme. N'empêche, les autres ne font pas mieux, puisqu'ils n'ont à ce jour qu'à se battre la coulpe en répétant de manière hypnotique qu'ils doivent « entendre » le message de colère des électeurs, et même constater qu'il est mérité, en raison de l'inanité des politiques que tous ont peu ou prou porté ou même incarné...

Face à ce terrifiant FN décrété infréquentable, hérétique et relaps, ce fut l'union quasi sacrée. Il fallut cet assemblage hétéroclite, de sac et de corde, cartel des droites et du centre, alter, coco, gaucho, écolo, pour faire barrage au diable, au prix de sacrifices ineptes. A l'image de ce challenge insensé, c'est à une victoire à la Pyrrhus à laquelle on a droit !

Pas une région abandonnée au Front National, et chacun peut se vanter d'avoir sauvé l'essentiel, mais cela n'annonce pas pour autant des lendemains qui chantent...

09 décembre 2015

Les raisons de la colère

Décidément, l’histoire se plaît  parfois à resservir les mêmes plats.
Ce premier tour des Régionales n’est en somme qu’une sorte de déjà-vu rappelant un certain 21 avril 2002, et plus récemment les élections européennes il y a un an et demi à peine. Avec juste un peu plus de force...

J’avais pensé appeler ce billet “Chronique d’un désastre annoncé”, mais j’aurais été amené à paraphraser celui qui m’avait été inspiré par le scrutin de Mai 2014 auquel je me réfère aujourd’hui.
A chaque fois, on nous fait le coup du “choc” (le Figaro, l’Humanité), du séisme politique. Il n’en est évidemment rien. Cette stupeur apparaît désormais aussi vaine que les dénonciations véhémentes d’une classe politique au bout du rouleau, adressées au Front National et à "la France rabougrie, haineuse, xénophobe..." qu’il est supposé incarner.

Ces accusations dans la bouche de gens qui se partagent le pouvoir depuis des décennies, masquent de plus en plus mal le refus d’admettre leur incapacité à résoudre les problèmes. Dans leur rage de perdre inéluctablement leurs rentes de situations, ils en viennent désormais à faire purement et simplement fi de la démocratie, en refusant à un tiers de l’électorat le droit à être représenté ! Triste spectacle…
Hélas, il semble un peu tard pour endiguer le péril. Droite et Gauche traditionnelles portent une très lourde responsabilité dans la montée du FN. La Gauche est à l’évidence la plus coupable pour avoir attisé le mécontentement populaire par des lois ineptes et même pire, pour avoir sciemment dopé l’ascension de cette formation, par pur calcul politicien. La Droite quant à elle, par niaiserie et manque de conviction, s’est laissé enfermer dans ce piège absurde, en renchérissant dans la logique d’exclusion systématique du FN et de ses idées.

Malheureusement, au bord l'abîme, tous ces gens ne semblent toujours pas avoir tiré les leçons d’un désastre dont ils sont les principaux artisans.
Le soir du premier tour, ce dimanche 6 décembre, la forfanterie le disputait à l’inconséquence.
On put mesurer l’arrogance de Xavier Bertrand, s’imaginant déjà vainqueur dans le Nord, et pérorant très satisfait, que 60% des électeurs avaient rejeté le Front National au moment où ce dernier enregistrait un score historique de 41%, tandis que lui-même devait se contenter d’un taux pitoyable d’à peine 24% des votes exprimés.
On put apprécier la boursouflure du ministre Le Foll, prétendant de manière histrionique qu’en additionnant les morceaux éparpillés de l’armée de la gauche en déroute, on obtenait “ le premier parti de France”.
Ce soir là, Bruno Lemaire ne fut guère plus convaincant. D’une phrase il prenait acte de la déception des électeurs : "on a essayé la droite, ça n'a pas marché, on essaie la gauche, c'est un désastre”, de l’autre, il réitérait sans complexe que “le renouveau doit rimer avec droite républicaine, avec centre…” On pouvait se demander s’il fallait rire ou pleurer de ces simagrées.

Sans doute la colère du peuple a-t-elle de multiples raisons. Gageons qu’un certain nombre de gens dont je fais partie, partagent une aspiration à une vraie société libérale, moderne et responsable, et appellent de leurs voeux l’avènement d’une nation européenne soudée par le puissant ciment fédéraliste. Ces gens sont aux antipodes du FN, pourtant, ils ne se reconnaissent plus dans aucune des formations de l’échiquier politique auto-prétendu “républicain”, où l’on passe son temps à massacrer l’idée même de Liberté, et où on laisse peu à peu s’effilocher le patchwork européen, faute de courage et de conviction.
Ces personnes en sont arrivées au point où elles ne peuvent plus considérer le FN comme la pire des solutions, tant les autres partis ont achever de les dégoûter.
Ils sont en définitive de plus en plus nombreux, ceux qui pensent qu’il est peut-être temps de se résoudre à voir ce parti prendre dans le jeu démocratique une part active, car on ne peut continuer à rejeter par principe, plus d’un tiers des opinions.
Gravement annoncé par un Premier Ministre plus crispé que jamais, le désistement de candidats socialistes laminés par la vague de fond apparaît dans ce contexte comme un dernier et dérisoire rempart avant le tsunami…
Le plus grave est d’avoir continûment exclu le FN du jeu démocratique, ce qui a contribué à le radicaliser, et surtout qui l’oblige a être majoritaire tout seul. Hélas, cela va peut-être finir par se produire et cela pourrait ne pas être très bon… Mais sera-ce pire que cette belle brochette d’andouilles qui nous conduit en douceur à la faillite ? That is the question…

05 décembre 2015

Le soleil se lève toujours à l'Est

Quel pays étrange que le Japon !
Rarement à la une de l’actualité, il semble si lointain, qu’on le dirait presque sur une autre planète.
Son insularité y est peut-être pour quelque chose, mais le fait est qu’il ne fait rien comme les autres.
Champion de la modernité technique, il a su préserver une ardente et intemporelle personnalité et l’esprit national y semble intact, inscrit dans le panache impérial d’une histoire millénaire, à fois statique et très évolutive.

Sévèrement éprouvé par les évènements naturels, dus autant aux intempéries climatiques violentes qu’à l’instabilité sismique de la région, il fut également victime de la folie humaine. Même s’il fut largement responsable de la survenue de ce désastre, il reste le seul peuple à avoir connu dans sa chair, les affres de la guerre nucléaire.
Non seulement il a supporté vaillamment ces terribles calamités, mais à l’instar de la fameuse citation nietzschéenne selon laquelle ce qui ne tue pas rend plus fort, il reste envers et contre tout une nation qui compte, et sur les ruines il a su reconstruire, toujours plus ambitieusement.

Converti bon gré, mal gré, au modèle démocratique occidental, on dirait qu’aucun des périls auxquels sont confrontés les autres ne l’atteint.
Au plan économique, bien que sa croissance ait beaucoup molli depuis quelque temps, il reste la troisième puissance mondiale, en apparence fermée mais pourtant très ouverte aux échanges puisqu’il est au troisième rang mondial en termes d’exportations et au sixième pour les importations.
L’immigration est quasi inexistante. Est-ce une conséquence, sans doute en partie, le pays ne connaît pas la plaie du chômage, dont le chiffre se maintient au taux incroyablement bas de 3,4% !
En matière de santé publique, il affiche les meilleurs indicateurs au monde. L’espérance de vie y est la plus longue (plus de 87 ans pour les femmes et plus de 83 pour les hommes) et le taux de mortalité périnatale n’est que de 2,1 pour mille. L’image boursouflée des lutteurs sumo, ne s’applique pas à la population générale, qui s’alimente sainement et qui ne compte que 3,7% de personnes obèses.
La protection sociale, très ancienne puisqu’elle couvrait 70% de la population juste avant la seconde guerre mondiale, s’étend aujourd’hui à 99,9% des Japonais. Fondée en grande partie sur un système public, elle laisse toutefois la part belle à plus de 3500 compagnies d’assurances.

Quelques ombres obèrent certes un peu ce tableau séraphique. le Japon qu’on pensait guetté par la surpopulation, a vu s’effondrer son taux de natalité, ce qui constitue une vraie menace sur le renouvellement des générations et plus prosaïquement sur l’avenir des retraites. A ce jour l’âge légal de fin d’activité est flexible, entre 55 et 65 ans, tendant progressivement vers la limité haute de la fourchette. Le financement est complexe, basé en partie sur un système de “répartition provisionnée”, géré par l’Etat, et par l’ouverture croissante à la capitalisation. De fait, les Japonais sont des épargnants ce dont profite paradoxalement l’Etat, un des plus endettés au monde (autour de 240% du PIB !), mais en circuit fermé si l’on peut dire, et quasi indépendant de créanciers étrangers…

Le Japon qui a su conserver une bonne partie de ses traditions séculaires reste donc un îlot de sérénité et de prospérité au sein d'un monde tourbillonnant, en proie à la perte de tous les repères.
Mais peut-il devenir à son tour un modèle ?
Et combien de temps ses 127 millions d’habitants pourront-ils encore jouir de l’ivresse du progrès technique, dans le cadre embaumé et rassurant d’une civilisation hors d’âge ?


Sources : Wikipedia, Les Echos, OECD, New England Journal Of Medicine, Le Monde