14 septembre 2007

De la sottise, érigée en art médiatique


L'actualité, par médias interposés, sert régulièrement son lot d'imbéciles magnifiques à l'admiration versatile des foules. Ces derniers temps trois sont sortis brillamment des rangs :
Honneur aux dames, une place de choix revient à Fanny Ardant. Comparer l'actrice à un grand cheval n'est pas très original mais sied bien à son tempérament. Sans aller jusqu'à insinuer qu'elle en a quelque peu le physique, c'est peu de dire qu'elle rue dans les brancards et qu'elle a une certaine propension à hennir à tous crins. Elle vient de se faire remarquer en qualifiant de « héros » le terroriste Renato Curcio, fondateur en Italie des affreuses Brigades Rouges. Peu avare de louanges en la circonstance, elle a même jugé cet épisode sanglant, « captivant et passionnant » ! On atteint là sans nul doute un sommet exquis dans le crétinisme bourgeois. On retrouve en effet, portée au paroxysme, la tendance perverse à encenser les fausses valeurs, et à débiter à la tonne en toute inconséquence, les lieux communs les plus ronflants, qu'on ne peut que regretter sitôt dits.
José Bové continue lui tranquillement en toute impunité, son petit bonhomme de chemin dévastateur, le long des champs d'OGM. Comme les anciens barbares il détruit tout ce qu'il ne connaît pas. Derrière lui l'herbe ne doit pas repousser. Simple principe de précaution... Curieusement les Pouvoirs Publics paraissent bien indulgents vis à vis de ses provocations infantiles. Faiblesse, lâcheté, ou bien conviction qu'il finira par lasser l'opinion publique ?
Last but not least, Dominique de Villepin qui après son Waterloo politique, trouve opportun de sortir un n-ième ouvrage à la gloire de Napoléon.
On pouvait l'entendre il y a quelques jours sur France-Inter, dans son style inimitable fait de clinquantes ampoules et d'onctueuses circonlocutions, comparer à mots couverts Nicolas Sarkozy au Bourgeois Gentilhomme. Il a du culot le bougre. Lui à qui le rôle irait si bien avec ses manières empanachées d'aristocrate d'opérette, attaché à la forme bien plus qu'au fond des choses !
Lui qui du temps qu'il se croyait un vrai destin national, bombait élégamment le torse sous l'oeil complice des photographes, sur la plage de la Baule. Lui qui n'aime rien tant que parler devant les caméras, il prétend aujourd'hui que la communication, « ça isole », et « qu'on s'appartient mieux quand on se promène seul » comme Jean-Jacques, « qu'on lit ou qu'on travaille »... Il oublie le contentement de soi évident qui s'exprimait sur son visage de muscadin lorsqu'il déclamait ses discours racoleurs à l'ONU.
Mais les revers de fortune obligent parfois à des révisions douloureuses et il se console en occultant les rêves du passé. A croire l'ancien premier ministre, en acceptant cette fonction il n'avait qu'un souci en tête : "servir le pays et non ses intérêts". Il n'y avait "aucune rivalité entre lui et Nicolas Sarkozy", et "pas de place pour une ambition présidentielle". Sans blague...
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Pour finir sur une réflexion plus collective, au sujet de la réapparition de Ben Laden, il y aurait beaucoup à dire pour qualifier les réactions de la Presse. Tout d'abord sur l'importance démesurée donnée à ce non événement. Le clip horrible mettant en scène cette sinistre arsouille a fait la une des journaux et de leur sites internet comme s'il s'agissait d'une déclaration majeure d'un chef d'Etat. Il est resté plusieurs jours par exemple en page d'accueil du Figaro, bien qu'il n'y ait rien de neuf dans cette litanie insoutenable d'abjections et de vilenies. Rien qu'on ne sache déjà hormis la couleur de la barbe...
Plus grave encore, on entend de ci de là les commentateurs proclamer qu'il s'agit de la preuve de la vitalité d'Al Qaeda, et de l'échec retentissant de la stratégie de George Bush. Air connu mais plutôt lassant. A croire que ces gens souhaitent la pérennité du terrorisme...
Tout de même. Personne ne peut ignorer qu'aucun attentat de s'est reproduit en Amérique depuis 2001 en dépit des menaces incessantes. Chacun a pu constater en Europe même, les progrès enregistrés dans cette lutte depuis quelques années. Grâce à une bonne collaboration internationale et une vigilance de tous les instants, plusieurs tentatives ont été déjouées, dont une très récemment en Allemagne. La menace certes est toujours présente, mais elle semble mieux contenue.
S'agissant enfin de l'Irak, pour la première fois on parle d'amélioration de la situation. La bataille est loin d'être gagnée mais elle n'est sûrement pas perdue et il appartient plus que jamais aux nations libres d'aider ce pays à conquérir durablement la paix et à s'inscrire dans une vraie logique de progrès. On a trop tendance à occulter le fait que plusieurs milliers de jeunes gens ont donné leur vie dans ce but.

1 commentaire:

Vincent a dit…

Bonjour,
A cette phrase "A croire que ces gens souhaitent la pérennité du terrorisme..."
je pense que l'on pourrait remplacer "les gens" par "les médias"
qui en font un gagne pain parmis tant d'autres, Je doute que le citoyen lambda dont je fais partie se régale du terrorisme et de la misère du monde...
cela dit votre billet est très bon!