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18 avril 2026

Absurdité énergétique

La politique énergétique en France et plus généralement en Europe obéit à une étrange stratégie qu'on pourrait qualifier d'à la va-comme-je-te-pousse. Largement soumise aux lobbies écologiques et inféodée à la chimère de la régulation climatique, entretenue par une myriade d'institutions chargées d'alimenter le mythe, elle louvoie en fonction des opinions dominantes, pour ne pas dire qu'elle merdoie.
On a vu le ballet incohérent des Pouvoirs Publics au sujet de l'énergie nucléaire. Un jour on démantèle, un autre on reconstruit...
On a vu les stupidités engendrées par le diagnostic de performance énergétique (DPE) qui s'impose à l'habitat et réduit le parc locatif déjà mal en point sous les coups des lois coercitives et de taxes punitives pesant sur les propriétaires.
On voit les coups terribles portés à l'industrie automobile par la politique folle des malus et les contraintes effarantes de circulation et de stationnement en ville.
On voit enfin le débat faisant rage entre défenseurs et adversaires des Zones à faible émission de CO2 (ZFE).

Aujourd'hui, la guerre en Iran met une nouvelle fois au grand jour le monstre fiscal grevant le prix des carburants. C'est bien simple, c'est en France qu'il sont les plus chers au monde en raison de la cupidité sans limite du Trésor Public.

Le carburant destiné aux véhicules automobiles est victime de pas moins de trois régimes de taxation empilés les uns sur les autres, allant jusqu'à taxer les taxes !
Lorsque le carburant est livré aux stations services par les raffineurs et/ou distributeurs, il est tout d'abord taxé au titre de la TVA. La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) vient ensuite alourdir sévèrement la note. Rebaptisée accise, elle est fixe et s'applique à la même hauteur quelque soit le prix du baril de brent. Et pour faire bonne mesure, elle est assujettie à la TVA !
Que le cours du pétrole s'accroisse ou qu'il baisse, l'État est donc gagnant à tous les coups.
Comme si cela ne suffisait pas, à cette juteuse pompe à phynance s'ajoutent les certificats d'économie d'énergie (CEE) qui sont des prélèvements occultes mais bien réels opérés par la machine étatique sur les distributeurs au nom de l'écologie.
Ce vertigineux échafaudage financier est illustré par le graphique montrant la décomposition du prix de l'essence sans plomb 95 à la pompe. Lorsqu’il était de 1,708€ en février dernier, le poids des différents prélèvements représentait la coquette somme de 1,107€ soit 184 % du prix à la sortie des raffineurs/distributeurs. Autrement dit, l'Etat multiplie, à peu de chose près, par 3 le coût du produit fini et livré !

Face à ce véritable racket, et confronté aux difficultés de nombre d'automobilistes par nécessité, il s'obstine à refuser tout allégement de charges et s'oppose même à la suspension des CEE. Il se borne, en dehors de belles promesses sur le tout électrique, à saupoudrer par ci par là quelques aides évidemment insuffisantes et mal ciblées, et à encadrer par décret des marges des distributeurs...

Cerise sur cet indigeste gâteau fiscal, il faut évoquer les raisons de l’augmentation continue du gazole : autrefois plus économique que l’essence, il est devenu nettement plus onéreux en grande partie à cause des politiques publiques qui ont conduit au démantèlement de raffineries spécialisées, aux sanctions sur la Russie, et à l’augmentation des taxes visant “à harmoniser les prix”.

Une chose est sûre, Ubu France est un label d'avenir !

Illustration : empruntée au site Finances Publiques Economie FIPECO

15 avril 2026

Absurdité sociale

Vu qu'il ne se passe plus grand chose de nouveau dans les sphères législatives ou gouvernementales françaises, l'actualité se borne de facto à de minuscules événements.
L'ébauche d'embryon de texte de loi supposé libérer un peu le travail lors du 1ᵉʳ Mai a donc fini en avortement.

L'initiative venait de Gabriel Attal. Il fallait oser, en tant qu'homme de gauche, proposer cette entorse au sacro-saint “seul jour chômé” qui, par un amusant paradoxe, célèbre le travail par le repos forcé !
La levée de boucliers fut unanime et immédiate du côté des partenaires sociaux et des socialos, bolchos, cocos, écolos et compagnie. A croire que l'ancien autant qu’éphémère premier ministre avait volontairement jeté ce tout petit pavé dans le marécage social ! Comment a- t-il pu imaginer qu'il fut accueilli autrement vu l'état des mentalités ?

Cet épisode, quoique symbolique, est évidemment dérisoire. Qu'on autorise ou pas les gens à travailler le 1ᵉʳ Mai ne changera rien. Il y a tant de choses à proposer pour desserrer le carcan décourageant dans notre pays toute initiative, tout volontarisme et in fine toute liberté ! Hélas, force est de constater qu’on reste dans la logique de l'absurde. La même qui poussa, il y a quelques années le gouvernement à octroyer des congés au titre de la réduction du temps de travail avant de diminuer le nombre de jours fériés !
Cette fois, il n'a pas eu à reculer face aux syndicats et pour cause. Il n'a pas même fait mine d'avancer ! M. Attal quant à lui s'est donné le rôle d'audacieux réformateur à peu de frais.
Plus que jamais le travail reste et restera en France une aliénation. Aucune fleur ne sera accordée à ceux qui voudraient vendre du muguet autrement qu'à la sauvette. Et les boulangers resteront privés de leur gagne-pain au nom de la cause du peuple…

PS : On apprend que l'Assemblée Nationale, dans un élan inédit de simplification, vient d'entériner la suppression des diaboliques ZFE (zones à faible émission de CO2). Tout bon sens ne serait donc pas perdu !
Avant de se réjouir, attendons le vote du Sénat et surtout l'aval du Conseil Constitutionnel...

11 avril 2025

Lettre ouverte aux maires de France : réponse de M. Lisnard

Avec un peu de retard, voici la réponse apportée par M. David Lisnard, en date du 25 janvier 2025, à une lettre ouverte publiée sur ce blog en novembre 2024.

Dont acte, même si elle ne répond pas hélas à toutes les interrogations. Le président de l'Association des Maires de France ne peut évidemment porter la responsabilité de tout ce qui ne va pas dans l'ensemble des communes de France. Cannes, dont M. Lisnard est maire, est loin de mériter le bonnet d'âne s'agissant de sa gestion. En matière de fiscalité, il faut souligner la diminution récente de la taxe foncière, et l'absence - sauf erreur - de surtaxe sur celle qui frappe les résidences secondaires. C'est suffisamment rare pour être mentionné.








25 novembre 2024

Deuxième Lettre Ouverte aux Maires de France

Les maires se plaignent. Ils disent
rencontrer des difficultés croissantes pour assurer leur mission. On peut comprendre une bonne partie de leur malaise, notamment lorsqu’ils décrivent certaines “mesures prévues par le gouvernement pour réduire leur capacité d’agir”.
Quant à se ceindre d’une écharpe noire, synonyme de désespoir, on peut y voir un peu d’exagération.
Ils déplorent la baisse des ressources financières des communes depuis la suppression partielle de la taxe d’habitation. Pour autant, il est difficile d’occulter que les maires sont partie prenante de l’Etat. A ce titre, ils ont une responsabilité dans la faillite de ce dernier, dont les citoyens sont les spectateurs consternés. Ils ne sont pas exempts de responsabilité dans la dérive budgétaire à laquelle on assiste à tous les niveaux, malgré des records d'imposition et de prélèvements obligatoires.

Ainsi, on se pince devant la demande de rétablissement de la taxe d’habitation, dont on sait qu’elle ne fut qu’un allègement en trompe-l’œil de la pression fiscale globale. Son retour, sous un nom ou un autre, signifierait à coup sûr un nouveau coup de massue.
Il ne faut pas oublier que les contribuables qui possèdent une résidence dite secondaire, non seulement n’ont pas été exonérés de cette contribution, mais bien souvent assommés au contraire par une surtaxe punitive, totalement injustifiable autrement que par de très mauvaises raisons.
Il faut ajouter pour tous les propriétaires, l’alourdissement régulier et important de la taxe foncière, et l’augmentation annoncée de la fiscalité plombant les “frais de notaires” lors de toute mutation. Mentionnons également la multitude de nouveaux ukases légaux dispendieux qui tombent chaque année sur le dos des contribuables. Ainsi, après l’obligation de se soumettre à des diagnostics de plus en plus coûteux, dont l’irréaliste DPE, arrive le Projet de Plan Pluriannuel de Travaux (PPPT) qui frappe depuis 2024 les copropriétés. Issu de l’ubuesque loi Climat et Résilience, il donne la mesure de cette inflation légale aussi incompréhensible que difficilement tolérable.

A côté de la problématique financière, les contraintes administratives prolifèrent sans fin, et commencent à sérieusement dégrader la qualité de vie des citoyens au quotidien. Les maires portent souvent une large part de responsabilité dans cet accroissement sans fin des obligations et des interdits.
Pour les automobilistes, la circulation est devenue infernale dans nombre de communes. Ils sont rançonnés dans des proportions de plus en plus folles pour le moindre stationnement. La dernière trouvaille des “sulfateuses à PV” illustre de manière édifiante la traque acharnée des contrevenants à des règlementations devenues extravagantes. Résultat, les professionnels ne s’aventurent plus qu’à grand peine en centre ville et incluent souvent le coût de leurs contraventions dans leurs devis. Les commerces qui souffraient déjà de la concurrence des grandes surfaces et de l’internet, voient leurs derniers clients renoncer à venir leur rendre visite faute de pouvoir stationner leur véhicule. Sans parler des incessants obstacles à la circulation : rues barrées, réduites ou transformées, parkings supprimés, chicanes ineptes interrompant la circulation, et limitations généralisées de vitesse à 30 km/h, souvent impossibles à respecter.
Le logement est quant à lui en crise pour de multiples raisons, mais certaines relèvent des maires. La pénurie observée sur le marché immobilier est aggravée par les politiques absurdes de mixité sociale forcée, de blocage du prix des loyers, de protection excessive des locataires indésirables obligeant les bailleurs à exiger des garanties insensées. Ajoutons les PLU toujours plus exigeants, qui bloquent les constructions nouvelles au nom de la lutte contre “l’artificialisation des sols” ou de la protection de l’environnement, et qui empêchent de manière absurde la transformation de locaux professionnels désertés en habitations.
Dans tous les domaines, on assiste à la pléthore de réglementations de plus en plus contraignantes :
Les limitations croissantes de l'éclairage public nocturne, incompréhensibles à l’heure des dispositifs basse-consommation, et qui contribuent à rendre si tristes et si peu sûres les villes dès la tombée de la nuit.
Le recueil et le traitement de plus en plus complexe des ordures. Le tri devient un casse-tête dont on peut douter de l’efficacité, l’accès aux déchetteries est toujours plus contingenté, on déplore la rareté des collecteurs de déchets pour les gens de passage, et l’installation de composteurs dont l’utilité est des plus discutables, faute de pouvoir être entretenus convenablement.
Parallèlement, le laisser-aller en matière de gestion de la végétation sauvage, pour répondre à l’impératif écologique, conduit à la prolifération d’herbes folles dévastant peu à peu les trottoirs et transformant parfois l’espace public en friches anarchiques.
Il faut bien mentionner pour finir, la responsabilité écrasante de certains maires dans la montée irrépressible de la délinquance et du narcotrafic, en raison de leur réticence à installer des caméras de surveillance, à lutter contre la clochardisation des centres villes, à empêcher ou à remédier aux dégradations du bien public, à armer leur police municipale et à la doter de réels pouvoirs. C’est un problème majeur de société impliquant l’Etat dans toutes ses composantes, du haut de la pyramide jusqu’aux échelons locaux. Le moins qu’on puisse dire est qu’il y eut beaucoup de négligence voire de déni face à cette problématique.

Aujourd’hui, la situation est devenue préoccupante pour nos cités et pour le pays tout entier. Si l’on peut comprendre l’exaspération des maires, il faut espérer qu’ils s’organisent en véritable task force soucieuse d’efficacité, d’économie des deniers publics, et d’esprit pratique plus qu’en armada planificatrice dispendieuse réclamant des contribuables déjà pressurés, toujours plus de moyens...

Texte adressé au Président de l'Association des Maires de France, pour compléter un premier. (voir ici la réponse)