30 avril 2026

L'IA dans ses retranchements

L'intelligence artificielle (IA) est un concept qui s’est propagé dans toutes les strates de la société. On parle d’elle à tout bout de champ et nombre de personnes ou d’entreprises font appel à elle pour obtenir des conseils, des expertises, des résumés synthétiques, voire des rapports complets, sur à peu près n’importe quelle problématique. Rien n'échappe à son champ d'action. Elle a réponse à tout et peut produire avec autant d'aisance, analyses, traductions, images, vidéos et même
des œuvres artistiques notamment musicales. Mais qu’en est-il de la pertinence de ces fabrications robotisées ? La forme est bluffante mais peut-on s’en remettre corps et biens au fond ?

Trois ans après avoir testé ses capacités (Doctor Chat et Mister GPT), via la première version de ChatGPT, l’outil proposé par OpenAI, l'idée m'est venue de renouveler l’expérience.
Afin de pouvoir comparer les résultats, les questions soumises furent les mêmes.

En toute immodestie, j'ai donc demandé à ChatGPT s'il connaissait Pierre-Henri Thoreux.
A sa réponse une nouvelle fois négative, je feins l’étonnement :”comment se fait-il que tu ne trouves pas Pierre-Henri Thoreux alors que Google propose plusieurs références concernant cette personne, dont ses livres, plusieurs articles scientifiques, et son blog "les amoureux de la liberté" ?
Il tente alors de se justifier : “Bonne remarque. Si je n’ai pas retrouvé immédiatement Pierre-Henri Thoreux, ce n’est pas parce que la personne “n’existe pas” ou qu’il n’y a rien en ligne — c’est plutôt un problème classique d’indexation et d’ambiguïté dans les résultats. En cherchant vite, les moteurs remontent d’abord des homonymes ou quasi-homonymes, qui parasitent les résultats. Quand une personne a une présence web diffuse (blog personnel, articles dispersés, livres référencés sur plusieurs plateformes plutôt qu’une page centrale très autoritaire type Wikipédia), elle peut être moins visible pour certains systèmes de recherche que pour Google, qui a un index colossal et un très bon désambiguïsateur.”

Après l'avoir aiguillé plus précisément sur mes productions disponibles sur le Web, il me déniche enfin et se déleste d'une jolie petite notice, présentant “un médecin interniste à Saint-Brieuc, également auteur et essayiste. A partir des références trouvées (mais que je lui ai fournies), il ajoute que “ce qui est intéressant dans son parcours, c’est ce croisement entre : activité hospitalière / réflexion sur le système de santé et essai politico-culturel (L’Esprit de l’Amérique), expression plus personnelle et littéraire (poésie, blog)...”
Il ébauche même une forme d’autocritique : “ma réponse précédente était trop prudente : le problème n’était pas l’absence de traces, mais le fait qu’une recherche générique sur “Pierre-Henri Thoreux” remonte d’abord des résultats médicaux ou d’autres Thoreux, et masque la facette auteur…

Je lui demande alors “Te souviendras-tu de ces références si on te réinterroge dans quelque temps ?”
Et là, patatras ! Grosse déception quand je lis sa réponse :
“Pas automatiquement !”
Là dessus, il explique pourquoi : “dans cette conversation, je peux garder le fil et m’appuyer sur ce qu’on vient d’établir concernant Pierre-Henri Thoreux, ses ouvrages (Médecine Blues, L’Esprit de l’Amérique) et ses publications littéraires. Mais si tu reviens plus tard dans une nouvelle conversation, je ne garantis pas de me “souvenir” spontanément de ces références à moins qu’elles aient été explicitement enregistrées en mémoire.
Et, honnêtement, ce genre d’information bibliographique sur une personne spécifique n’est pas forcément le type de donnée qu’il est utile de mémoriser durablement par défaut.”
J'en suis donc pour mes frais. Je ne représente aux yeux du Grand Manitou IA, qu'une quantité négligeable qu'il est inutile de mémoriser…


Dans un second temps je questionne ChatGPT sur l'écrivain Jacques Chardonne, comme je l’avais fait 3 ans auparavant.
Cette fois, il n’y a pas d’inexactitude dans la synthèse produite.
Je rappelle toutefois les erreurs passées, attribuant au romancier le prix Goncourt 1923 pour un livre qu’il n’a jamais écrit “les jours et les nuits” puisqu’il est d’Alfred Jarry, faisant de lui l’auteur de “La mort du petit cheval” qui est en réalité d’Hervé Bazin, et affirmant enfin qu’il était membre de l’Académie Française, ce qu’il n’a bien sûr jamais été !
Là encore il bat sa coulpe : “Ta critique est légitime, et les exemples que tu cites sont de vraies erreurs factuelles — pas de simples nuances d’interprétation. Attribuer à The Days and Nights ou à La Mort du petit cheval des œuvres de Jacques Chardonne, ou le présenter comme membre de Académie française, ce sont des confusions nettes. Et ton point touche une limite structurelle : un modèle comme moi peut produire une réponse fluide et plausible même lorsqu’il se trompe. La forme peut masquer une faiblesse de vérification. C’est précisément pourquoi, sur des questions factuelles précises, la vérification externe compte."
Il ajoute même que "pour la vérification brute d’un fait isolé (“Chardonne a-t-il eu tel prix ?”), un moteur de recherche ou une source primaire reste souvent meilleur réflexe. Il pointe vers les documents ; moi, je synthétise ce que je trouve ou ce que j’ai appris, avec un risque d’erreur si je ne vérifie pas correctement."

Je lui fait également remarquer que dans sa nouvelle synthèse de l'œuvre de Chardonne, il prend parti lorsqu’il évoque le fait qu'il “a soutenu la collaboration intellectuelle avec l’Allemagne nazie, ce qui a fortement terni sa postérité".
Il se défend alors en précisant qu’en la circonstance, il “ne formule pas un jugement moral personnel” mais décrit “un fait historiographique observable : sa réception littéraire a effectivement été durablement affectée par cet engagement.”
Je lui rétorque qu’il se réfère manifestement à une page Wikipédia, dont l'objectivité est loin d'être établie, pour en faire "un fait historiographique observable".
Il admet dans la foulée que j’ai raison de le reprendre sur la méthode. “Se référer implicitement à Wikipédia ne suffit pas pour ériger une affirmation en “fait historiographique observable”, accordant que "c’était une formulation trop assurée si elle n’est pas étayée par des travaux critiques, biographies, études de réception ou histoire littéraire plus robustes." Faisant amende honorable, il reconnaît qu'il aurait dû présenter le fait "avec davantage de précision et de prudence, plutôt que comme une évidence autoportée."

Au fil du dialogue et des questions, je ne suis pas parvenu à lui faire dire que, tout bien pesé, le socialisme est une calamité, sans doute la pire que l'Humanité ait engendrée, même s’il a admis qu’il est “tout à fait établi que plusieurs régimes se réclamant du socialisme ou du communisme ont été responsables de catastrophes humaines massives : famines politiques, purges, déportations, camps, répression systématique. Ça, c’est un fait historique massif, documenté, impossible à minimiser.” CQFD !
Dans le même temps, à la question "Y a-t-il des points positifs à mettre au crédit de l'esclavage", il répond : "Franchement, non — pas si l’on parle de “mettre à son crédit” au sens de lui reconnaître des mérites propres..."
S'agissant du réchauffement climatique, à la question de savoir s'il y a des effets positifs à porter à son crédit, il répond "oui, il existe des effets positifs identifiables", précisant qu'ils ne suffisent pas à contrebalancer les effets négatifs qui font "qu'au rythme actuel et aux niveaux projetés, les coûts humains, écologiques, économiques et géopolitiques dépassent largement ces bénéfices ponctuels."
Quand il lui est objecté que la question ne portait pas sur cet aspect du problème, il concède que "le choix éditorial" auquel il est assujetti "infléchit la tonalité de la réponse et qu'il s'agit d'un bon exemple de frontière parfois fine entre contextualiser utilement et orienter subtilement." Autrement dit, contrairement à ses dénégations l'IA est exposée à l'évidence aux biais idéologiques de ses concepteurs.

Au total, ce petit échange a permis d’objectiver qu’un outil aussi puissant que ChatGPT n’a qu’une capacité de recherche assez restreinte, bien inférieure à celle d’un moteur de recherche comme Google. Au surplus, sa mémoire est partielle et sélective contrairement aux outils classiques du Web.
Pour finir, il commet des erreurs et peut être pris en défaut quant à l’objectivité des faits analysés et à la neutralité de leur présentation, même s’il affirme ne devoir "en aucun cas se présenter comme une conscience ayant des convictions propres ou pousser idéologiquement dans une direction."
Pour aller plus loin, il faudrait sans doute tester d'autres systèmes comparables, mais rien ne permet de penser que les résultats soient très différents, tant les défauts apparaissent consubstantiels à la mécanique algorithmique gouvernant ces outils.

La morale de l’histoire, c’est finalement ChatGPT qui la donne de manière explicite :
“Donc si je résume franchement :
Je ne suis pas un oracle, ni un remplaçant de la recherche documentaire. Ma valeur potentielle, quand ça marche bien, est d’être une interface de raisonnement et de synthèse. Quand je me trompe avec assurance, cette valeur s’effondre — et c’est pour ça que tes corrections sont utiles. Elles rappellent qu’il faut garder un esprit critique, y compris face à une réponse bien rédigée.
Et c’est probablement le point le plus utile de notre échange : tu mets le doigt sur un vrai risque des modèles comme moi — produire une formulation lisse qui donne une impression d’autorité disproportionnée par rapport à la solidité effective de l’appui documentaire. La bonne réponse, ce n’est pas de forcer une conclusion idéologique, mais d’être plus explicite sur ce qui relève du fait établi, de l’interprétation dominante, ou du débat ouvert.”

26 avril 2026

Absurdité Sécuritaire

Faute d'être capable de stimuler l’innovation technique dans le champ de l'Internet, nos dirigeants, et élus français et plus largement européens, ont manifestement fait le choix de tenter d’en réguler les avancées, dans le but prétendu de protéger les citoyens. Hélas, ces dispositions se bornent à les freiner à coups de lois, normes et autres contraintes réglementaires.

On ne compte plus les initiatives bureaucratiques mises en place pour encadrer l’Internet, et plus généralement les outils de communication télématique.
En France, les organismes, réputés indépendants mais en réalité sous tutelle étatique, supposés contrôler les choses pullulent à tel point qu’on ne saurait les dénombrer précisément et encore moins définir leurs prérogatives.
L’ARCOM est sans doute l’institution dont on parle le plus ces derniers temps. Cette Autorité de Régulation de la Communication Audiovisuelle et Numérique a remplacé l’ancien Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Selon ses responsables, elle veille à “la protection des œuvres audiovisuelles, en luttant contre les offres illicites et encourageant le développement d'offres légales” et supervise “les moyens mis en œuvre par les grandes plateformes en ligne pour lutter contre la désinformation et la haine en ligne.”
Elle ne saurait faire oublier la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) créée en 1978 pour “protéger des données personnelles contenues dans les fichiers et traitements informatiques ou papiers, aussi bien publics que privés”.
Elle agit, si tant est que le mot soit juste, en parallèle avec la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI) et avec l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI).
Dans le domaine particulièrement sensible de la santé , l’Etat a cru bon d’ajouter l’ASIP Agence nationale des systèmes d'information partagés de santé, rebaptisée récemment Agence du Numérique en Santé, chargée notamment de l’élaboration des référentiels de sécurité (PGSSI-S) et d’interopérabilité (CI-SIS)...
Pour terminer cette liste, sans doute pas exhaustive, il faut enfin évoquer l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) dont l’ambition est d’assurer la régulation des infrastructures numériques (télécoms, services de partage des données), du secteur postal et de la distribution de la presse.

Cette armada a vu son pouvoir renforcé par de nombreux textes législatifs.
Outre les lois régentant de manière de plus en plus coercitive la liberté d'expression et d'opinion, il y a le tristement fameux Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) qui entre autres nous vaut les insupportables alertes et demandes d'acceptation concernant la gestion des cookies avant d’accéder au moindre site web.
Comme il en faut toujours plus, la bureaucratie a été enrichie du Règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) “visant à lutter contre la propagation de contenu illicite en ligne, adopté le 19 octobre 2022”. Ce règlement s'applique aux « très grandes plateformes » du numérique dès le 25 août 2023 puis à tous les acteurs du numérique à partir du 17 février 2024. Promu avec force par l'ancien commissaire européen Thierry Breton, il lui a valu l’interdiction d’entrée sur le sol des Etats-Unis, qui considèrent ce texte comme une attaque à la liberté d’expression, particulièrement dirigée contre les géants américains de l’Internet.

Face à toutes ces initiatives et toutes ces mesures de régulation, on est en droit de s’interroger sur leur efficacité pratique et sur les résultats obtenus.
Passons sur les incessants appels indésirables qui pourrissent les réseaux téléphoniques. Passons sur les innombrables mails, spams et autres SMS frauduleux encombrant les messageries et piégeant les utilisateurs distraits ou trop crédules.
Le plus grave est sans conteste l’avalanche des cyberattaques dont les médias se font régulièrement l’écho.
Les fournisseurs d'accès internet figurent parmi les cibles privilégiées des hackers.
En octobre 2024 la base de données de l’opérateur Free, qui comprend plus de 19 millions de comptes clients, a été dérobée, conduisant à la mise en vente sur un marché noir, de 5 millions d’adresses IBAN.
En septembre 2024 les abonnés SFR étaient avertis de la divulgation de leur nom, prénom, coordonnées renseignées au moment de la commande (numéro de téléphone, adresse électronique et postale, adresse de livraison le cas échéant) », et les « données contractuelles (offre souscrite, contenu de la commande) » mais aussi IBAN, numéro id des téléphones et cartes SIM.
En Décembre 2025, rebelote chez RED, les clients recevaient un mail les informant du vol de “votre nom, prénom, adresse électronique, adresse postale, référence client ainsi que votre numéro de téléphone de contact.”
Les autres fournisseurs d’accès sont logés à la même enseigne. Orange n’a pas été épargné, et pas davantage Bouygues (accès non autorisé à certaines données personnelles de 6,4 millions de comptes clients. )

Beaucoup de sites commerciaux font également l’objet de cyberattaques (Mano Mano, Son vidéo…) avec parfois des conséquences pratiques sérieuses, menant à des malversations ou des cambriolages.
Si les banques semblent pour l’heure un peu mieux protégées, les plateformes d’échanges de crypto-monnaies ont été plusieurs fois ciblées par des actions de piratage informatique.

La vulnérabilité des organismes publics pose également problème.
On a découvert à l’occasion du cambriolage du Musée du Louvre la fragilité de ses dispositifs de sécurité.
Avant cela, on avait appris avec stupéfaction que plusieurs hôpitaux avaient été victimes d’attaques de leur système d’information avec blocage des dossiers médicaux et demande de rançon !
Le site de la Poste avait pareillement été paralysé, entraînant un déni de service distribué (DDoS).
Début 2024 c’était au tour de la Sécurité Sociale de se voir délesté de données confidentielles de 33 millions de personnes !
Plusieurs ministères ont fait l’objet de cyberattaques : ministère des sports, ministère de l’intérieur, et fin 2025 l’intrusion dans le site du ministère de l’éducation avait conduit au vol de données personnelles d’élèves.
Enfin, tout récemment les médias révélaient le piratage de l’Agence Nationale des Titres et Sécurisés (ANTS). Cet organisme qui ne mérite en l’occurrence pas l’appellation “sécurisée” s’est fait dérober pas moins de 19 millions de dossiers de citoyens français. Le pire est qu’il ne s’agit pas de la première agression ! En septembre 2025 déjà, des pirates avaient mis en vente sur le darkweb un fichier de 12.7 millions de données provenant de cette même agence.

Epilogue
Force est de conclure que les murailles réglementaires ne sont guère plus efficaces que la calamiteuse ligne Maginot pour empêcher les pirates d’agir. Les citoyens, confrontés à ce désastre devenu quasi quotidien, ne peuvent espérer ni recours ni réparation, et pas la moindre garantie de non récidive. Lorsqu’ils sont informés du délit dont ils sont victimes, ils ont droit, au titre de lot de consolation, à une tirade dans le plus pur style administratif : “Conformément à l’article 33 du règlement relatif à la protection des données personnelles (RGPD), l’incident a été notifié à la commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Le ministère de l’Intérieur a, par ailleurs, transmis un signalement à la Procureure de la République de Paris en application de l’article 40 du code de procédure pénale en vue de l’ouverture d’une enquête…” La boucle de l’absurdité est bouclée.

18 avril 2026

Absurdité énergétique

La politique énergétique en France et plus généralement en Europe obéit à une étrange stratégie qu'on pourrait qualifier d'à la va-comme-je-te-pousse. Largement soumise aux lobbies écologiques et inféodée à la chimère de la régulation climatique, entretenue par une myriade d'institutions chargées d'alimenter le mythe, elle louvoie en fonction des opinions dominantes, pour ne pas dire qu'elle merdoie.
On a vu le ballet incohérent des Pouvoirs Publics au sujet de l'énergie nucléaire. Un jour on démantèle, un autre on reconstruit...
On a vu les stupidités engendrées par le diagnostic de performance énergétique (DPE) qui s'impose à l'habitat et réduit le parc locatif déjà mal en point sous les coups des lois coercitives et de taxes punitives pesant sur les propriétaires.
On voit les coups terribles portés à l'industrie automobile par la politique folle des malus et les contraintes effarantes de circulation et de stationnement en ville.
On voit enfin le débat faisant rage entre défenseurs et adversaires des Zones à faible émission de CO2 (ZFE).

Aujourd'hui, la guerre en Iran met une nouvelle fois au grand jour le monstre fiscal grevant le prix des carburants. C'est bien simple, c'est en France qu'il sont les plus chers au monde en raison de la cupidité sans limite du Trésor Public.

Le carburant destiné aux véhicules automobiles est victime de pas moins de trois régimes de taxation empilés les uns sur les autres, allant jusqu'à taxer les taxes !
Lorsque le carburant est livré aux stations services par les raffineurs et/ou distributeurs, il est tout d'abord taxé au titre de la TVA. La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) vient ensuite alourdir sévèrement la note. Rebaptisée accise, elle est fixe et s'applique à la même hauteur quelque soit le prix du baril de brent. Et pour faire bonne mesure, elle est assujettie à la TVA !
Que le cours du pétrole s'accroisse ou qu'il baisse, l'État est donc gagnant à tous les coups.
Comme si cela ne suffisait pas, à cette juteuse pompe à phynance s'ajoutent les certificats d'économie d'énergie (CEE) qui sont des prélèvements occultes mais bien réels opérés par la machine étatique sur les distributeurs au nom de l'écologie.
Ce vertigineux échafaudage financier est illustré par le graphique montrant la décomposition du prix de l'essence sans plomb 95 à la pompe. Lorsqu’il était de 1,708€ en février dernier, le poids des différents prélèvements représentait la coquette somme de 1,107€ soit 184 % du prix à la sortie des raffineurs/distributeurs. Autrement dit, l'Etat multiplie, à peu de chose près, par 3 le coût du produit fini et livré !

Face à ce véritable racket, et confronté aux difficultés de nombre d'automobilistes par nécessité, il s'obstine à refuser tout allégement de charges et s'oppose même à la suspension des CEE. Il se borne, en dehors de belles promesses sur le tout électrique, à saupoudrer par ci par là quelques aides évidemment insuffisantes et mal ciblées, et à encadrer par décret des marges des distributeurs...

Cerise sur cet indigeste gâteau fiscal, il faut évoquer les raisons de l’augmentation continue du gazole : autrefois plus économique que l’essence, il est devenu nettement plus onéreux en grande partie à cause des politiques publiques qui ont conduit au démantèlement de raffineries spécialisées, aux sanctions sur la Russie, et à l’augmentation des taxes visant “à harmoniser les prix”.

Une chose est sûre, Ubu France est un label d'avenir !

Illustration : empruntée au site Finances Publiques Economie FIPECO

15 avril 2026

Absurdité sociale

Vu qu'il ne se passe plus grand chose de nouveau dans les sphères législatives ou gouvernementales françaises, l'actualité se borne de facto à de minuscules événements.
L'ébauche d'embryon de texte de loi supposé libérer un peu le travail lors du 1ᵉʳ Mai a donc fini en avortement.

L'initiative venait de Gabriel Attal. Il fallait oser, en tant qu'homme de gauche, proposer cette entorse au sacro-saint “seul jour chômé” qui, par un amusant paradoxe, célèbre le travail par le repos forcé !
La levée de boucliers fut unanime et immédiate du côté des partenaires sociaux et des socialos, bolchos, cocos, écolos et compagnie. A croire que l'ancien autant qu’éphémère premier ministre avait volontairement jeté ce tout petit pavé dans le marécage social ! Comment a- t-il pu imaginer qu'il fut accueilli autrement vu l'état des mentalités ?

Cet épisode, quoique symbolique, est évidemment dérisoire. Qu'on autorise ou pas les gens à travailler le 1ᵉʳ Mai ne changera rien. Il y a tant de choses à proposer pour desserrer le carcan décourageant dans notre pays toute initiative, tout volontarisme et in fine toute liberté ! Hélas, force est de constater qu’on reste dans la logique de l'absurde. La même qui poussa, il y a quelques années le gouvernement à octroyer des congés au titre de la réduction du temps de travail avant de diminuer le nombre de jours fériés !
Cette fois, il n'a pas eu à reculer face aux syndicats et pour cause. Il n'a pas même fait mine d'avancer ! M. Attal quant à lui s'est donné le rôle d'audacieux réformateur à peu de frais.
Plus que jamais le travail reste et restera en France une aliénation. Aucune fleur ne sera accordée à ceux qui voudraient vendre du muguet autrement qu'à la sauvette. Et les boulangers resteront privés de leur gagne-pain au nom de la cause du peuple…

PS : On apprend que l'Assemblée Nationale, dans un élan inédit de simplification, vient d'entériner la suppression des diaboliques ZFE (zones à faible émission de CO2). Tout bon sens ne serait donc pas perdu !
Avant de se réjouir, attendons le vote du Sénat et surtout l'aval du Conseil Constitutionnel...