A côté des perles qu'on peut dénicher au fil du streaming, on trouve aussi d'étranges créations musicales. Noyées au sein de cette grande pulsation du blues, elles émergent tout à coup, venant d’on ne sait où.
Sous des noms bizarres et des images à l’esthétique léchée mais impersonnelle, un flot mélodique se déverse suavement sur les tympans.
Sous des noms bizarres et des images à l’esthétique léchée mais impersonnelle, un flot mélodique se déverse suavement sur les tympans.
Deux exemples démonstratifs illustrent ce phénomène : Un/une certaine Morgan Luna propose, parmi une foule de titres du même genre, une scie langoureuse intitulée light beneath my skin et le dénommé Poetry Kode prend les traits d’un bluesman à la voix qui racle pour “chanter” the devil’s blues in Memphis et se mue en un félin fantasmagorique sur the song that silenced the bar.
L’écoute des premières minutes est bluffante. Le Blues est plus vrai que nature, avec tous ses codes, et des intonations, des riffs d’une pureté quasi cristalline. Avec un peu de temps, on commence toutefois à ressentir les effets d’une mécanique un peu trop huilée. Il n’y a guère d’aspérités dans ces complaintes feutrées et on comprend que l’émotion n’est qu’un simulacre, vite dissipé. En fait, ça boucle et ça se répète à l’infini, et on a beau chercher, il n’y a personne à l’origine de ces mirages sonores. Pas âme qui vive. Pas de chair, pas de tripes et donc pas d’état d’âme.
On connaissait la musique d’ambiance, celle d’ascenseur, pas désagréable mais parfaitement insipide et indéfinie. Désormais on a celle émanant de ce qu’il est convenu d’appeler Intelligence Artificielle.
Le progrès technique est indéniable mais le résultat est le même. Tout est dans la forme, rien dans le fond.
Le progrès technique est indéniable mais le résultat est le même. Tout est dans la forme, rien dans le fond.
Le fait n’est pas nouveau. Avec un regard d’enfant, on voudrait croire aux magiciens, aux automates, et pourquoi pas au Père Noël, mais lorsque les yeux sont dessillés, le charme est rompu et l’évidence s’impose : tout n’est qu’illusion…
A ce jour, plus d’un tiers des titres intégrés sur les plateformes de streaming proviennent de cette machinerie engendrée par des robots. Certains sites, dont Qobuz, les vendent comme s’il s’agissait de performances d’artistes en chair et en os. Des questions se posent : N’est-on pas en train de prendre des vessies pour des lanternes ? A l’heure où les mondes virtuels prennent le pas sur la réalité, où l’internet amplifie l’impact des rumeurs, des fake news, des ersatz, et autres succédanés idéologiques, faut-il s’en inquiéter ?
A ce jour, plus d’un tiers des titres intégrés sur les plateformes de streaming proviennent de cette machinerie engendrée par des robots. Certains sites, dont Qobuz, les vendent comme s’il s’agissait de performances d’artistes en chair et en os. Des questions se posent : N’est-on pas en train de prendre des vessies pour des lanternes ? A l’heure où les mondes virtuels prennent le pas sur la réalité, où l’internet amplifie l’impact des rumeurs, des fake news, des ersatz, et autres succédanés idéologiques, faut-il s’en inquiéter ?
A la veille du 1er Avril, on serait tenté de n'y voir qu'une aimable farce...

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