Il fallait oser. Il a osé. D’aucuns diraient qu’il ose tout et que c’est à ça qu’on le reconnaît… Le fait est qu’avec l’arrestation de Nicolas Maduro, Donald Trump a réussi un coup extrêmement audacieux. L’échec n’était pas permis. On imagine sans peine les hurlements et le déchaînement de sarcasmes de ceux qui guettent le moindre faux pas du président américain.
Évidemment, les commentateurs y sont tout de même allés de leurs analyses “autorisées”. Peu importe que l'intervention fut un succès et qu’elle permit de destituer mano militari un dictateur infâme, ce qu’on entendit avant tout, c’est la violation du droit international, le caractère illégal de l'action et tutti. On s’interrogea gravement sur les réactions du peuple vénézuélien et les journaux télévisés montrèrent quelques partisans pro-Maduro suggérant s’il s’agissait d’une grande manifestation spontanée.
Sans surprise, la gauche fulmine : “Trump empire” titra Libération, “Trump preneur d’otage” imprima pour sa part l’Humanité. On pourrait sourire à ces jeux de mots s’ils ne révélaient une fois encore la nature désespérante de ces journaux qui ont fait de la falsification partisane leur fond de commerce.
Parmi les plus gentils, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, déclara tout net que "quoi que l’on pense de Maduro, cet acte doit être unanimement condamné. La force ne peut remplacer le droit…"
La palme de l’hypocrisie revint toutefois au ci-devant Mélenchon qui dénonça la bave aux lèvres “un enlèvement odieux”, “une intervention militaire d’un autre âge” destinée à l’évidence à “s’emparer du pétrole”, “une violation de la souveraineté du Venezuela”. Où donc a-t-il vu une quelconque souveraineté à ce tyranneau qui se maintenait au pouvoir par la coercition en truquant grossièrement les élections et en réprimant dans le sang toute opposition ?
Tous ces gens effarouchés ont vite oublié le peu de cas que faisait Maduro du droit international. Ils ont oublié la sinistre comédie de l’élection présidentielle de 2024 et des législatives qui ont suivi en 2025. Ils ont déjà perdu la mémoire des manifestations monstres suivant ces nouveaux coups de force du pouvoir socialiste “à la bolivarienne” (qui se soldèrent par 25 morts, 192 blessés et menèrent à 2 400 arrestations). Ces bonnes âmes passent sur les innombrables forfaits de l’équipe Chavez, Maduro & Co, parmi lesquels figure, outre l’explosion du narcotrafic, l’appauvrissement généralisé du pays en dépit de ses fabuleuses ressources naturelles. Ils passent sur l’exil forcé d’un tiers de la population, dénoncé par Laurence Debray, qui connaît bien le sujet.
Maduro est désormais hors de nuire, tout amoureux de la liberté ne peut que s’en réjouir, en espérant que le peuple vénézuélien pourra profiter de la circonstance pour recouvrer un peu de ses droits fondamentaux. Peut-être reparlera-t-on sous peu de Maria Corina Machado qui reçut en 2025 le prix Nobel de la Paix et qui incarne un vrai espoir d’une évolution démocratique. ça bouge en Amérique du Sud, dans le bon sens. Pourvu que ça dure.

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