C’est du pain béni pour les adversaires de l’Occident démocratique. Entre alliés soi-disant indéfectibles, voici qu’on s’interpelle, qu’on s’insulte, et qu’on en vient à proférer des menaces guerrières ! Tout ça pour la possession d’une terre glacée pour laquelle personne ne manifestait le moindre intérêt avant que Donald Trump n’en fasse un objectif prioritaire de sécurité pour son pays. C’était pour tout dire une terra incognita, dont les quelque 50.000 habitants, pêcheurs pour la plupart, étaient rattachés administrativement au Danemark, tutelle qu’ils n’apprécient guère, paraît-il. Les déclarations du président américain annonçant son intention d’y planter la bannière étoilée, ont mis le feu aux poudres si l’on peut dire.
Il ne s’agit pourtant pas de quelque chose de vraiment nouveau puisque ce territoire a été plusieurs fois convoité au cours des siècles par les Etats-Unis. Ces derniers ont d’ailleurs acheté pacifiquement nombre de terres, dont la gigantesque Louisiane, cédée par la France en 1802 et l’Alaska, vendue par la Russie en 1867.
Sans doute le ton quelque peu péremptoire de Trump a-t-il contribué à prendre les Européens à rebrousse-poil, qui tentent bon an mal an de faire front à ce qu’ils font mine de considérer comme une agression.
C’est un fait, le Groenland, par sa position (et peut-être par les effets du réchauffement climatique…) risque de susciter un intérêt stratégique croissant et d’attirer beaucoup de prédateurs. L’implantation pérenne de forces américaines constituerait à l’évidence un rempart crédible et hautement souhaitable pour l’Europe et le monde libre dont les USA évidemment. Cet objectif s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans celui imaginé par Immanuel Kant : « Si par bonheur un peuple puissant et éclairé en vient à former une république (qui par nature doit tendre vers la paix perpétuelle), alors celle-ci constituera le centre d’une association fédérale pour d’autres états, les invitant à se rallier à lui, afin d’assurer de la sorte l’état de liberté des Etats conforme à l’idée du droit des gens. »
Mais voilà, on sait trop bien comment la susceptibilité et les malentendus peuvent être sources de dissensions profondes dans les familles les plus unies.
La France, sous l’égide d’Emmanuel Macron a pris la tête d’une croisade anti-américaine. Rien de bien nouveau là non plus. Notre pays a toujours cultivé une hostilité tenace, teintée de rancune et de jalousie pour notre allié “historique”, comme l’a bien montré Jean-François Revel. Elle s’exacerbe à chaque élection d’un candidat du parti républicain et s’est littéralement déchaînée dès 2016 contre Donald Trump.
Faut-il ajouter qu’il est toujours plus facile de s’attaquer à des dangers imaginaires qu’à des menaces réelles. Macron qui pourrait faire figure de nouveau Don Quichotte, a montré qu’il était de cette espèce de matamores, tout en paroles, tout en contradictions et sans la moindre conviction. Face au Goliath MAGA (qu’il n’hésite pas à qualifier de brute), il voudrait incarner David mais ne peut opposer que ses ridicules coups de mentons, puisqu’il n’est plus maître chez lui. Hélas, même sur un porte-avions, avec ses malingres rouflaquettes et ses lunettes de soleil façon ray ban, il fait moins Top Gun que mauvais genre.
Pendant ce temps, son pays est gouverné à la petite semaine par des ministères inconsistants, des assemblées couardes et démagogues, et d’innombrables fonctionnaires aussi zélés que récalcitrants. Pendant que le monde bouge, évolue, tremble et que des peuples opprimés souffrent à deux pas de ses portes, la France continue de revendiquer une grandeur disparue, et s’enlise dans des principes surannés qu’elle n’a même plus la force de défendre…

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire