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04 juillet 2026

Independance Day

La Déclaration d’Indépendance est le texte fondateur de la nation américaine. Rédigé par Thomas Jefferson, il entérine l’émancipation définitive des colonies de leur tutelle britannique, et fut approuvé le 4 juillet 1776 par le Congrès, en pleine guerre d’indépendance (1775-1783).
Dans son préambule, l’auteur reprenait quasiment mot pour mot les grandes lignes du Deuxième Traité du gouvernement civil, publié dès 1690 par John Locke : « Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur ».

La guerre d’indépendance américaine débuta en avril 1775, lorsque les colonies du Royaume-Uni, excédées par le poids croissant des taxes que la métropole faisait peser sur elles, décidèrent de se soulever. Elles appelèrent rapidement la France à l’aide. Mais Paris ne débordait pas d’enthousiasme à l’idée de voler au secours de rebelles dont le combat paraissait quelque peu incertain. L’habileté diplomatique de Benjamin Franklin, venu en février 1776, défendre la cause de ses compatriotes à Paris, se révéla cependant très efficace. A côté de la noble motivation de venir en aide à des gens désireux de fonder une nouvelle société basée sur les idées propagées par les Lumières, l’envie d’en découdre une nouvelle fois avec l’ennemi héréditaire fut probablement pour beaucoup dans la décision d’entrer en guerre aux côtés des insurgents.
La France envoya secrètement dans un premier temps, au mois de Mai 1776, un soutien logistique, sous forme de navires chargés de matériels et d’armements. Le 6 février 1778, elle officialisa son engagement en signant un traité d’amitié et de commerce aux termes duquel elle reconnaissait les Etats-Unis d’Amérique et leur accordait des concessions commerciales.
En 1780 enfin, répondant aux exhortations répétées du bouillonnant Lafayette, la France finit par envoyer des troupes de l’autre côté de l’Atlantique. Au terme des quatre années précédentes, la situation y restait très confuse. Victoires et défaites alternaient pour chaque camp. Le beau succès des indépendantistes, qui terrassèrent en 1777 à Saratoga les troupes du général Burgoygne, n’avait pas changé fondamentalement le cours des choses, et il est probable que la pression anglaise eut fini par venir à bout de la rébellion sans un appui extérieur.
L’intervention française se révéla très efficace, et remarquablement menée grâce à des hommes d’exception. Lafayette, resté le plus légendaire, incarna l’enthousiasme, mais selon l’historien Jacques Bainville, son comportement révélait davantage « un esprit chimérique et avide de popularité » qu’un réel talent de stratège.
Le vrai héros français de notre contribution à l’indépendance américaine fut probablement le comte de Rochambeau. Cet officier, que toutes ses fibres rattachaient à l’Ancien Régime était un homme d’une rigueur et d’une hauteur de vues exceptionnelles. Il était dépeint par ses subordonnés comme possédant « une tête froide et bien organisée, une grande facilité pour mouvoir des troupes et les manœuvrer. » En 1780, lui échut, avec le grade de Lieutenant Général, le commandement d’une armée d’environ 7000 hommes, soit douze bataillons d’infanterie. Expédition Particulière fut le nom de code donné à cette aventure.

Les troupes françaises, constituées de soldats extrêmement bien entraînés et disciplinés, firent bien vite l’admiration des généraux américains, George Washington en tête. Il faut dire que les indépendantistes, en dépit de leur intrépidité et de leur détermination – on les surnommait minutemen, tant ils étaient prompts à entrer en action – étaient très inexpérimentés et manquaient beaucoup de cohésion.
Rochambeau eut l’intelligence et l’abnégation d’accepter de placer sous commandement américain l’ensemble des troupes françaises. Avant de prêter le concours de ses hommes à la première action militaire, il intervint avec tact et discernement pendant plusieurs mois, pour améliorer l’organisation des armées américaines et pour dissuader Washington d’agir trop vite ou trop imprudemment. Ensemble, et avec le soutien sur les mers de l’amiral de Grasse, ils finirent par piéger le 19 Octobre 1781 à Yorktown, les troupes du général britannique Cornwallis. Cette victoire, où 8000 anglais furent faits prisonniers, s’avéra décisive sur la suite des événements.
Après quelques mois de combats sporadiques, les négociations de paix débutèrent à Paris en 1782 pour s’achever par l’indépendance complète de la fédération en 1783.

La plupart des historiens s’accordent sur le caractère déterminant de l’aide française. Bien que limitée en hommes, grâce à son organisation irréprochable, et au soutien logistique massif à laquelle elle fut associée, elle fut l’appoint décisif qui permit de transformer certaines situations hasardeuses en succès. Lafayette et de Rochambeau, étaient entourés par une pléiade de brillants officiers qui comptent parmi les héros français de l'indépendance américaine. Notre marine était à l’honneur avec les amiraux de Grasse et d’Estaing. Mais un des premiers à s’être embarqué pour le Nouveau Monde fut le fougueux marquis breton de la Rouërie. Adoubé par George Washington sous le nom de “Colonel Armand”, il fut de presque toutes les batailles.
Ayant épousé la cause des chouans à son retour, il fut pourchassé par les “colonnes infernales” soi-disant républicaines. Il mourut sans être pris mais les barbares allèrent jusqu’à exhumer son cadavre pour le décapiter ! Comme elle le fit avec les savants, les poètes et les artistes, la France se montra particulièrement ingrate et féroce à l’égard de ces paladins des temps modernes. Si l'amiral de Grasse mourut juste avant la révolution française, l'amiral d'Estaing fut guillotiné, Rochambeau, condamné à mort également, à près de 70 ans, ne dut son salut qu'à la chute de Robespierre et Lafayette ne survécut qu'en s'exilant.

Ironie du sort, c’est à Louis XVI, le mal aimé, que nous devons l’heureuse politique qui contribua à faire des anciennes colonies britanniques les Etats-Unis d’Amérique, ce qui allait sceller une si belle amitié, nous valoir des retombées fort opportunes, et finalement changer profondément la face du monde…