L’acmé de la crise des feux de forêts semble peut-être enfin passée. Rien n’est sûr hélas, et l’heure du bilan n’est pas encore venue, ni celle des retours d’expérience qu’en jargon techno on désigne par l’affreux acronyme RETEX.
En attendant, on peut exprimer beaucoup d’admiration et de gratitude pour les acteurs de terrain qui mènent avec courage et détermination ces batailles héroïques contre les éléments déchaînés. Les pompiers avant tout, qui ont payé un lourd tribut en perdant 4 hommes, morts au combat, et qui comptent de nombreux blessés. Mais également la mobilisation de civils bénévoles, d'entrepreneurs locaux et d'agriculteurs, qui apportent une aide précieuse pour acheminer l'eau, créer des lignes et tranchées pare-feux, traiter les foyers résiduels, et apporter toutes sortes d'encouragements aux soldats du feu.
Une fois encore, on a vu la capacité d'initiative étonnante des personnes les plus proches des événements. Même si les Pouvoirs Publics ont heureusement fourni l'essentiel des ressources matérielles et professionnelles requises par la situation de crise, il paraît évident qu'ils ont manqué d'anticipation et ont assez largement failli dans leur mission de prévention.
C'est donc l'heure des vraies questions.
Peut-on se contenter de l'auto-satisfaction exprimée, lors d'une courte et impersonnelle visite protocolaire, par un président de la république qui se “félicite” d'avoir tout bien fait depuis le premier jour de son mandat ? Peut-on encore se fier à ses promesses, telle celle de 2022, non tenue “que les 12 Canadair soient remplacés et que leur nombre soit porté jusqu’à 16 en 2027” ?
Peut-on accepter les simagrées ridicules d'une ministre vraie-fausse démissionnaire, après des propos inconséquents en matière de politique agricole, une attitude méprisante lors de la canicule, et une indifférence royale face aux incendies qui dévastent le pays ?
Peut-on se satisfaire des plans, commissions, grands débats, chartes et autres expédients toujours fondés sur de belles théories, de bonnes intentions, et entachés de beaucoup d’idéologie, venant d’un gouvernement qui voit les choses de très haut mais s’avère incapable de descendre au niveau de sa population ?
Sans doute y aura-t-il beaucoup à dire sur cette technostructure prétendant pouvoir piloter dans les bureaux parisiens la stratégie visant à “gérer l’environnement” et traiter ces catastrophes naturelles, dans la genèse desquelles la responsabilité humaine est à l’évidence, directe.
Sans doute faudrait-il réévaluer l’utilité de certains ministères dont celui supposé s’occuper d'écologie, l’un des plus galvaudés qui soit. La liste est longue des menteurs, doctrinaires et mystificateurs ayant occupé la place et profité de leur position pour imposer leurs idées fixes, le plus souvent saugrenues. Pas moins de huit personnes se sont succédé en neuf ans de présidence Macron, conduisant le pays à un vrai désastre au terme d’une politique semée de mensonges, de reculades et d'irresponsabilité. Nucléaire, automobile, agriculture, urbanisme, logement, occupation des sols, transports, enseignement, information, la liste est longue des idées fausses ayant conduit à des mesures absurdes, et des réglementations répressives et fiscales trop souvent contraires aux buts recherchés.
Quand donc fera-t-on un peu plus confiance aux acteurs de terrain qu’à ces théoriciens dogmatiques ? Quand cessera-t-on d’asséner ex cathedra au peuple, des pseudo-certitudes et des doctrines conceptuelles hautement spéculatives ? Quand prêtera-t-on enfin une oreille attentive à ce qui vient du bas de l'échelle, pour mieux comprendre les réalités locales, et encourager et récompenser les alertes et les initiatives heureuses frappées au coin du bon sens ?

