La disparition, il y a un an, de Thierry Ardisson (1949-2025) et tout récemment de Philippe Bouvard (1929-2026), marquent la fin d’une époque, celle du divertissement et de l’amusement, à la télé comme à la radio (pour être juste, il faudrait également évoquer le souvenir de Jacques Martin (1933-2007)).
Outre la qualité de leurs productions respectives et une grande habileté dans le mélange des genres, ils avaient une liberté de ton des plus jouissives, qui faisaient leur succès et une popularité durable.
Tout le Monde en Parle pour Ardisson, les Grosses Têtes pour Bouvard, (sans oublier le Petit Rapporteur de Jacques Martin) restent dans de très nombreux esprits comme l’apothéose de leur savoir faire, et font éprouver la nostalgie d’une ère qui semble bien révolue.
Aujourd’hui, le rire et plus généralement l’expression sont encadrés par des légions d’intransigeants commissaires de moralité, des lois de plus en plus étouffantes et des comités de censure toujours plus puissants et intrusifs.
Cette monstruosité, bien intentionnée jusqu’à l’absurde, emprisonne la pensée et stérilise les talents. Il ne sort quasi plus rien de ce trou noir magmatique détruisant toute initiative jugée inconvenante ou déviante.
Le rire est devenu ricanement, l’art de la critique et de la caricature se sont mués en condamnations et anathèmes réducteurs et l’humour et la dérision ont fait place à un plat et désespérant conformisme, confinant à la bêtise et à l’abrutissement.
Sans doute faudrait-il, dans ces temps d’obscurantisme et d’obtusion, rappeler ce mot fameux de Beaumarchais :”je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer” et celui de Rabelais selon lequel “rire est le propre de l’Homme”.
Et pour finir avec Bouvard :”La mort est le châtiment suprême des personnes dont le seul crime fut de vivre…”
