Il est bien loin le temps (de 1965 à 1995) où le groupe Grateful Dead enchantait les scènes musicales américaines et internationales et faisait les beaux jours du Flower Power, mâtiné de parfums beatniks et hippies. En France, il n’était pas au top des hit parades mais il pouvait compter sur le soutien sans faille de ses aficionados, les Deadheads comme on les appelait.
Aucune autre formation ne déployait autant de charisme, porté en grande partie par le leader Jerry Garcia, à la silhouette barbue et joviale de Santa Claus, débordant de gentillesse et de générosité.
Auteur, compositeur, chanteur et guitariste, il avait tous les talents et son aura rayonnait sur toute la West Coast et bien au-delà. Au gré de mélodies accrocheuses, un tantinet planantes, ses riffs étincelants flirtaient avec le wah wah, le blues, le folk et le rock & roll et plongeaient les auditoires dans une sorte d’envoûtement collectif, fait de joie et de bien-être proche de la béatitude. Une vraie magie ! Jerry incarnait mieux que quiconque l’esprit de son époque, débridée, ivre de liberté. Autour de lui, ses compagnons, en parfaite cohésion, ne déméritaient nullement. Parmi les membres fondateurs, Phil Lesh tenait la basse avec une dextérité savante, Bob Weir, chanteur également, fournissait une superbe ligne rythmique à la guitare tandis que le beat était assuré par Bill Kreutzmann auquel fut associé le percussionniste Mickey Hart. Par la suite sont venus se greffer pas mal de musiciens de talent, dont Brent Mydland, particulièrement déchaîné aux claviers.
Hélas, ces trips incessants n’allaient pas sans certains excès et la troupe s’est peu à peu dépeuplée au fil des accidents de parcours et des maladies. Mydland mourut d’overdose à 37 ans, en 1990. Garcia succomba à son diabète en 1995 alors qu’il venait d’en avoir 53. Le choc fut terrible et il fallut plusieurs années pour que la troupe reprenne le chemin des concerts. L’ère n’était plus à la création et à la fantaisie, mais grâce à l’apport revigorant de John Mayer, à la place de Jerry, on revit durant plusieurs années sur scène les rescapés de l’aventure, rebaptisés Dead & Company.
En 2024 Phil Lesh, devenu octogénaire malgré beaucoup de soucis de santé, passait l’arme à gauche, et le 10 janvier de cette année c’était le tour de Bob Weir, le brillant cadet devenu patriarche, qui venait d’entamer sa soixante-dix-neuvième année. Il ne reste donc plus que les batteurs…
Le coup est fatal. L’épopée s’achève. Une flopée de souvenirs extatiques remontent tout à coup dans la mémoire embuée de nostalgie…



2 commentaires:
Sans oublier la longue lignée un peu maudite des claviéristes: Depuis les débuts en 64, Ron Mc Kernan, dit "Pigpen" pilier blues et également voix rocailleuse de la formation, ami intime de Janis Joplin, mort comme elle des abus d'alcool et d'héroïne en 72. Puis Tom Constanten, pianiste de formation classique, remplace souvent Ron dont le santé décline, de 70 à 72. Lui est toujours de ce monde. Arrive en 72 Keith Godchaux, ami d'enfance de Phil Lesh et époux de Donna (voix féminine occasionnelle du groupe), meurt dans un accident de voiture en 80 peu après avoir été remplacé par Brent Mydland en 79, lui-même mort d'overdose en 90. Enfin, Vince Velnick qui lui succède, se suicide en 2006.
Merci de ces précisions utiles sur lesquelles j'étais passé un peu vite...
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