Derrière cette lapalissade, ce nouvel épisode de canicule fait éclater en pleine lumière une fois encore les lacunes coupables de l’Etat Providence. Les années, les décennies passent et l’inertie demeure.
En 1976, à l’occasion de l’épisode “historique” de sécheresse, le gouvernement mettait sur pied un conseil de guerre au cours duquel on découvrait l’utilité des ventilateurs pour lutter contre la chaleur. Dans la foulée, il instaurait un “impôt sécheresse” destiné à indemniser les victimes des rigueurs climatiques.
En 2003 on prenait tragiquement conscience de la fragilité des personnes âgées. L’Administration Centrale décida de la mise en œuvre d’un “Plan National Canicule” et de nouveaux prélèvements furent imposés : la fameuse “journée de solidarité”, et la “cotisation de solidarité autonomie”. Les experts prédisaient dans un avenir proche une canicule tous les deux an. Le grotesque ayant atteint à l'époque des sommets, rappelons qu'en 2007, le Prix Nobel de la paix fut attribué à l'ancien vice-président américain Al Gore, pour avoir prédit la submersion de New-York dès 2012 par l'inéluctable montée des eaux...
En 2026, nous assistons pour l’heure au ballet des “conseils interministériels” mais sans autre conséquence pratique que d’activer le Plan Orsan de niveau 2 et d’interdire aux ministres tout voyage à l’étranger durant les vacances... En toute logique, on peut s’attendre à de nouvelles mesures fiscales plus ou moins déguisées.
Il y a cinquante ans, les hautes instances se réunissaient pour “écouter, dresser le bilan de la situation, recenser les besoins, puis prendre les décisions”. Qu’en est-il un demi-siècle plus tard ?
Hélas, sous la pression insensée des lobbies écologiques, on s’est borné à se lamenter au sujet du réchauffement climatique dont on flétrit régulièrement les fautifs supposés, à savoir le bon vieux capitalisme, le progrès technique, la bagnole, et in fine l’être humain. Afin d’analyser le problème sous toutes les coutures, on a créé en France le Haut Conseil pour le Climat et à l'international, le célèbre Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC), sous l'égide de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE)...
Sous la férule d’experts plus soucieux d’idéologie que de pragmatisme et de politiciens obsédés par le principe de précaution, on a dépensé des milliards pour tenter d’enrayer le “dérèglement” du climat (ce qui suppose qu’il était réglé) et pondu des tombereaux de lois pour étrangler un peu plus le capitalisme et la liberté des êtres humains.
Dans le même temps, on a largement négligé de s’adapter aux caprices de la météo et de déjouer les colères de Dame Nature. Les forêts ont manqué d’entretien et sont de plus en plus vulnérables face aux incendies, on a laissé libre cours aux fleuves et rivières dont on a même favorisé les débordements par une bétonisation anarchique et la raréfaction des solutions de drainage naturel.
L’épisode actuel de fortes chaleurs conduit à constater le retard de notre pays en matière de solution pour lutter contre l’élévation excessive des températures. On apprend par exemple que le taux moyen de climatisation dans les foyers n’est en France que de 25% (13,4 dans les appartements, 28 dans les maisons) vs plus de 50 en Italie, Espagne et 90 aux USA, 91% au Japon !
L’équipement reste à ce jour étique dans certains lieux qui devraient pourtant être prioritaires : écoles, maisons de retraite, hôpitaux, transports publics. On en est réduit dans des établissements de soins ou d'hébergement, à pallier parfois l’absence même de volets en occultant les fenêtres avec des couvertures de survie ! On en vient à conseiller aux gens d’éviter trains, métros et tramways dans lesquels la climatisation, lorsqu’elle existe, s’avère défaillante lorsqu’il fait chaud ! On ferme les écoles alors qu’en toute logique, les enfants devraient y être mieux que chez eux ! Dans le nouveau Centre Hospitalier Universitaire de Nantes, destiné à voir le jour en 2028, la climatisation n’est paraît-il tout simplement pas prévue… Dans cette même ville, la gare, récemment rénovée et abondamment vitrée, est une fournaise.
Parmi les politiciens, les responsabilités sont lourdes mais la palme revient au sinistre Mélenchon, qui à l’instar des écolos, dénonce opiniâtrement tout recours à la climatisation.
Dans une courte mais percutante intervention sur le sujet, François Lenglet démontre a contrario que la climatisation est un facteur de prospérité, précisant qu’elle rend habitables des zones désertiques, améliore les conditions de travail ainsi que celles de l’apprentissage et de l’enseignement. Au surplus, elle diminue les risques pesant sur la santé, notamment ceux d’accident cardiaque…
On pourrait en guise de conclusion s’interroger sur le paradoxe selon lequel on trouve naturel de se chauffer en hiver et blâmable de vouloir se rafraîchir en été…

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