D’un côté, il y a la guerre, de l’autre le scrutin municipal. D’un côté le Monde, de l’autre, l’Hexagone.
Depuis une quinzaine de jours, le premier a largement éclipsé le second.
Depuis une quinzaine de jours, le premier a largement éclipsé le second.
Les enjeux sont évidemment sans commune mesure.
Sur le conflit en cours en Iran et au-delà, on lit et on entend tout et son contraire. Quoiqu’on en dise, quoiqu’on en pense, les Etats-Unis et Israël sont les seuls à se démener pour faire tomber le régime, qui a fait main basse sur l'Iran, dont l’abjection ne fait pas de doute . Les autres sont neutres, “défensifs” comme dirait notre cher président, ou bien indifférents ou quasi, comme d’habitude pour paraphraser la chanson.
La France qui balbutiait des promesses évasives en réponse à la demande pressante d’aide faite par le Liban pour se débarrasser du Hezbollah, vient d’être violemment attaquée. En Irak, là où personne ne s’y attendait. Des soldats ont été tués et/ou blessés, victimes de drones de fabrication iranienne. On célèbre avec émotion la mémoire du valeureux adjudant-chef, mort pour la France, ce qui est bien normal. Mais on tergiverse pour connaître l’origine exacte de l’agression. Par qui a-t-elle été manigancée ? Visait-elle à proprement parler notre pays ? Est-elle le prélude à d’autres actions ? Beaucoup de questions, mais à aucun moment n’est évoquée la seule qui vaille : quand fera-t-on cause commune avec les nations qui entendent en finir avec les tyrans enturbannés, fauteurs de crimes contre l’humanité ?
S’agissant des élections municipales, un nouveau désastre est à craindre, sans effusion de sang fort heureusement. Dans ce pays étrange où tout est minutieusement réglementé, du temps de parole des politiciens, jusqu’au plafond des budgets de campagne, le jeu démocratique apparaît plus que jamais vérolé, si ce n’est vidé de sa raison d’être. On se souvient des municipales de 2020, en pleine épidémie de COVID-19, littéralement sabotées par des Pouvoirs Publics inconséquents. Six ans plus tard, ce n’est pas mieux.
On apprend par exemple au détour d’un reportage, que près de 70% des communes se trouvent dans l'incapacité de proposer plus d’une seule liste de candidats. Même si cela touche surtout les plus petites villes (dont certaines n’ont d'ailleurs plus de candidat du tout), on en conclut que 68% des futurs maires sont déjà connus, avant même le premier tour de scrutin.
Les lois, votées par un parlement ubuesque, ont tellement rigidifiées les règles, qu’il n’est plus possible de panacher ni de rayer des noms, ni même de proposer des listes incomplètes. Il faut qu'elles soient exhaustives, en bonne et due forme, respectant scrupuleusement la parité de genre, jusque dans les moindres villages. Il a donc fallu sacrifier sur l’autel de l’absurdité administrative des conseillers expérimentés, compétents au seul motif de la norme…
A quoi bon voter dans un tel contexte, sans enjeu ? Avons-nous touché le fond insondable de la bêtise ? Le doute m’habite et le néant nous guette…
Et puis, il y aura l’entre-deux tours… Barrages républicains, désistement, alliances plus ou moins tacites, tout est envisageable en matière de tripatouillages, magouilles et petits calculs.
La balle est assurément dans le camp des électeurs, le problème est qu’à force d’avoir été égarés, ils ne savent plus trop bien où sont les buts…





















