Tristesse infinie que ces rues désertes, alignant des commerces fermés, retranchés derrière des murailles de contreplaqué. Après le passage en forme de raz de marée destructeur des hordes décivilisées, on panse les plaies et on tente de se protéger comme on peut des répliques à venir. Comment réagir, lorsque l’Etat est dépassé par les troubles que son incurie a engendrés, et qu’il est de plus en plus incapable de garantir la paix civile ?
Face à ce désastre, comment qualifier l’inconséquence du président de la république qui accourt pour commenter une horrible et absurde tuerie et se répand en propos vains frisant l’abjection.
Devant son pays dévasté, ruiné, réduit à l’état de débris épars, minée par les ferments de la guerre civile, il ose rappeler que “la république est indivisible”.
Sans le moindre scrupule, sans attendre même les premiers constats, il déclare l’attentat placé à l’évidence sous le signe du racisme, allant jusqu’à le qualifier de « premier » acte terroriste en raison de la « couleur de peau ou de la religion ». Non seulement, il ment effrontément, mais il prend le risque inconsidéré d'attiser les braises et de justifier par avance l’esprit de vengeance et de représailles.
Que peut-il attendre d’une telle attitude ? Imagine-t-il que la montée irrépressible des périls soit de nature à lui donner la stature de père de la Nation ? Pense-t-il que l’instabilité croissante du pays et le déchaînement des désordres sociaux lui permettent de se maintenir au pouvoir ? On ne sait vers quelle hypothèse pencher, tant le comportement de celui qui occupe les fonctions de chef de l’Etat semble, plus que jamais, irresponsable, désinvolte et incohérent…

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire